mardi 17 avril 2018

Enfilez vos blousons en cuir et faites vous une banane- Je suis allée voir Grease au Mogador


Je vous le dit d'entrée de jeu: les comédies musicales, c'est mon dada. Je ne m'en cache pas; si vous me connaissez un tant soit peu vous savez que j'aime me trémousser en chantant très faux sur les airs de Grease, West Side Story ou encore Roméo et Juliette. Parce que oui, j'aime aussi les comédies musicales françaises (que celui qui n'a jamais hurlé les paroles de «Belle» me jette la première pierre). Alors forcément, quand mon pote BigPanda m'a proposé d'aller voir Grease en première catégorie mais à moindre coût, il était évident que j'allais me jeter sur l'occaz'.


C'est un ainsi qu'un doux samedi soir d'avril j'ai mis les pieds au Mogador alors même que ma dernière visite en ce lieu remontait à plus de 10 ans (séquence émotion). Depuis le 17 septembre 2017 et jusqu'au 8 juillet 2018 c'est le spectacle Grease qui est à l'honneur. Grease qui est une institution, surtout depuis le film éponyme sorti en 1978 qui a contribué à l'explosion de la carrière de Travolta. Petite anecdote: ma famille m'avait raconté qu'à l'époque de la sortie du film il y a eu des mouvements de foules au cinéma de la ville où elle vivait, des gens ont du être évacués car la majorité des spectateurs se battaient pour rester dans la salle histoire de voir le film plusieurs fois de suite.

Pour ceux qui n'en connaissent pas le pitch et pour le résumer grossièrement, Grease raconte une histoire d'amour qui prend place dans les années 50. Durant l'été, la jeune Sandy Olson fait la connaissance de Danny Zuko qui est chef de bande. À la rentrée, Sandy intègre le même lycée que Danny, le lycée Rydell High où le maintien du statu quo viendra semer le trouble dans leur idylle.

Je vous avoue que j'étais paniquée à l'idée de voir cette comédie musicale à Paris, de peur que la production ait voulu changer les paroles en français, comme cela a pu être le cas dans d'autres productions. On ne touche pas au patrimoine de Grease, bon sang. Cette peur a même failli être avérée dès le début du spectacle puisque les premières paroles de Summer Nights étaient en français. Heureusement, les comédiens sont vites repassés à l'anglais sur les chansons phares et au sein même de chansons qui commençaient en français pour ne pas dénaturer l'oeuvre originale. D'ailleurs si vous êtes un puriste qui ne souhaite pas vivre ce spectacle en français, sachez que des sous-titres anglais sont disponibles de part et d'autre de la scène (mais vous faites comme vous voulez hein, j'irai pas vous juger).

"Tu es celle que je veux" (Non)

Le spectacle est resté fidèle au film, ce qui est un vrai plaisir pour les fans en quête de nostalgie. Quoi qu'à la base Grease est une comédie musicale de Broadway adaptée en film, m'enfin, vous me comprenez.

Vous y retrouverez donc bien évidemment Danny, Sandy, mais aussi tous les autres, Rizzo, Kenickie, Frenchie... pour notre plus grand plaisir. Les comédiens choisis pour les rôles sont absolument formidables et assez jeunes ce qui leur permet de ne pas être trop éloignés de leurs personnages. Mention spéciale à Alyzée Lalande qui campait le rôle de Sandy qui m'a marqué par sa voix incroyable, même si tous se débrouillaient déjà très bien. Au passage, si le comédien qui joue Danny Zuko (Alexis Loizon) vous dit quelque chose, c'est probablement parce que vous l'avez vu dans le live action de la Belle et la Bête avec Emma Watson (rien que ça!) ou parce qu'il a un temps tenu le rôle de Roméo Montaigu dans la comédie musicale Roméo et Juliette – Les Enfants de Vérone (la deuxième version, sortie en 2006... Oui, je crois qu'il n'y a que moi pour savoir ce genre de choses... Non parce que je suis allée voir cette deuxième version en 2012. Bah écoutez je suis pleine de vices personne n'est parfait).

Il va sans dire que la performance de tou(te)s les comédien(ne)s était absolument époustouflante, les chorégraphies très soignées. Ces mêmes chorégraphies qui nous donnaient très clairement envie de nous lever de nos sièges pour aller danser avec eux (mais ça supposerait d'aller sur scène massacrer leur travail et personne ne veut ça). 

La scénographie était très astucieuse, avec un plateau tournant au milieu de la scène qui permettait à l'équipe de changer facilement de décors et même de créer une dynamique dans le déplacement des personnages. Il y a donc énormément de changement de décors, nous plongeant totalement dans l'univers originel de la comédie musicale.


Vous avouerez que c'est quand même la classe un décor pareil // Crédit photo: Alessandro Pinna

Et alors non pas que je m'ennuyais pendant le spectacle mais plutôt parce que je nourris un profond amour pour cet art du spectacle (et que je rêve secrètement d'en faire une), mais j'ai remarqué que les micros des comédiens n'étaient pas sur leurs joues. Nous sommes habitués à voir, lorsque n'importe quel chanteur/chanteuse doit danser en chantant sur scène, un micro porté au niveau de la joue (là où on fait le contouring, ahem.), tenu par une oreillette. Ici, les micros étaient portés au milieu du front, avec une petite tige partant du sommet de leurs crânes, maintenus par je ne sais quelle sorcellerie.

Yanis Si Ahmed dans le rôle de Kenickie et Luna Chiquerille dans le rôle de Chacha avec leurs micros coton-tiges (photo tirée du compte Instagram de Yanis Si Ahmed)


Ça, c'était pour l'anecdote cheloue dont tout le monde se fout, maintenant que c'est fait, permettez-moi de revenir à mes impressions.

J'émets juste une légère réserve pour les passages de la directrice de Rydell High et Eugène, un élève du lycée qui nous offrent ponctuellement de petites apartés qui ont pu, par moment seulement, s'avérer être un peu longues et pas vraiment fines dans leur écriture. Leurs interventions restaient néanmoins dans l'ensemble assez bienvenues et drôles.

J'ai beaucoup aimé le fait que les musiciens aient été intégrés dans les décors au sommet de la scène et non pas simplement placés en fosse. Ils ont d'ailleurs changé de costumes selon les tableaux, ce que j'ai trouvé formidable pour des questions de cohérence. À propos des costumes, Arno Bremers a réalisé un travail incroyable et m'a donné envie de m'acheter à peu près toutes les jupes années 50 colorées qui pouvaient croiser mon chemin, je ne le félicite pas pour ça.


Oui bah je veux toutes les robes, quoi // Crédit photo: Alessandro Pinna

Quoi qu'il en soit, j'ai passé une excellente soirée en allant voir ce spectacle, d'autant plus qu'il s'agissait du premier spectacle se jouant au Mogador depuis le terrible incendie survenu quelques années auparavant et qui avait contraint la direction à annuler le Fantôme de l'Opéra. C'est donc grâce à Grease que le Mogador renaît de ses cendres pour s'affirmer à nouveau comme haut lieu de la comédie musicale française, et ça, c'est franchement top.

Grease, la comédie musicale

Jusqu'au 8 juillet 2018 au théâtre Mogador à Paris



Images: Calliz Films

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