Affichage des articles dont le libellé est livres. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est livres. Afficher tous les articles

mardi 16 avril 2019

Parlons grossophobie – « Gros » n'est pas un gros mot


Il y a certains livres qui mériteraient d'être disponibles dans tous les collèges et lycées. Tel était le cas pour Le Grand Mystère des Règles de la talentueuse Jack Parker dont je vous ai déjà parlé ici. « Gros » n'est pas un gros mot est de ceux-là.


Grossophobie (nom féminin) : ensemble des attitudes hostiles et discriminantes à l'égard des personnes en surpoids.

Si vous n'êtes pas en surpoids, il est tout à fait probable que vous n'ayez pas conscience de la violence de notre société envers les personnes qui le sont : nous n'acceptons pas les gros·ses. Non seulement victimes de préjugés, de rumeurs, ils/elles doivent également se démener pour s'habiller, se soigner, trouver du travail et encore bien d'autres choses. On imagine les gros·ses fainéant·es, seul·es responsables de leur situation. Mais est-ce que l'on sait si ce surpoids n'est pas lié à une maladie ? À un trouble psychique ? À n'importe quel autre élément déclencheur ? Et en fait, même si tout cela n'est lié à rien, qu'est-ce qui nous laisse croire que l'on peut juger autrui sans vergogne ?

On ne se pose pas la question

On ne se pose pas la question de savoir jusqu'à quelle taille vont les fringues que nous achetons.
On ne se pose pas la question de savoir comment les gros·ses font pour passer un scanner à l’hôpital alors même qu'on se sent déjà à l'étroit.
On ne se pose pas la question de savoir si les gros·ses peuvent s'asseoir dans des sièges à accoudoirs inamovibles.

On ne se pose pas la question, et c'est bien ça le problème.

Pas de remise en question, pas de compassion. Pourquoi ? Parce qu'on a grandit dans l'idée qu'être gros·se n'est pas la normalité et que de ce fait il n'y avait qu'à perdre du poids pour être de nouveau accepté·e.

Ce livre, sorti il y a bientôt un an, n'a pas pour ambition de glorifier l'obésité. Ce livre a pour ambition de faire prendre conscience aux gens une réalité qui leur paraît invisible. De mettre des mots sur ce qui n'a jamais été dénoncé.

Crédit photo: Jérôme Bonnet pour Libération

Daria Marx & Eva Perez-Bello, les formidables autrices de ce livre, oeuvrent déjà depuis plus longtemps à la lutte contre la grossophobie. Elles ont fondé le collectif Gras Politique leur permettant d'organiser des évènements pour informer, dénoncer, soutenir et réunir. Leur travail est essentiel et important.

J'ai été outrée par les témoignages parsemés tout au long du livre, de l'agressivité avec laquelle les gens interagissent avec les gros·ses. Comme si leur poids leur retirait toute sensibilité, alors qu'on ne s'imaginerait pas s'adresser comme ça aux gens dans la rue. Enfin je ne sais pas, les personnes qui jettent des regards noirs à une grosse en train de s'acheter un panini au fromage à la boulangerie fait-elle la même chose avec le client juste après, qui commande un truc tout aussi gras mais qui est svelte ? Je pose la question mais je connais la réponse : non. 

Comment un être humain normalement constitué peut-il s'adresser à un autre être humain normalement constitué en lui interdisant de monter dans un métro parce qu'il est bondé, à cause de son poids ? De quel droit ?

Croyez-moi bien, j'avais quelques soupçons sur la difficulté des gros·ses à vivre dans notre société mais il m'a bien fallu ce livre pour mesurer l'ampleur des dégâts.

Discrimination à l'embauche, mépris du personnel soignant, achat forcé d'une deuxième place en avion en fonction du poids, « Gros » n'est pas un gros mot fait l'état des lieux de cette réalité réduite au silence. Il permet également de rappeler l'importance de la compassion et des rôles modèles.

Je le disais en intro: ce livre est à mettre entre toutes les mains. Si les gros·ses y trouveront un refuge et un soutien, il est primordial que ce livre soit également lu par les personnes qui justement ne se sentent pas concernées. Histoire de s'informer et de ne plus être complice de ce climat hostile.



mardi 25 septembre 2018

#GIRLBOSS - La glorification d'une donneuse de leçons sous couvert de glamour et de paillettes

Vous avez peut être déjà entendu parler de Sophia Amoruso ou plutôt de son livre, adapté en série : #GIRLBOSS ? Traînant dans l'univers de la blogosphère depuis un certain nombre d'années, je peux vous dire que les bloggueuses, elles, ne l'ont pas raté. Je me souviens, pendant des mois, cette espèce de « Girlboss mania » où chacune, à tour de rôle, chantait les louanges de ce bouquin et ça m'a forcément donné envie de m'y intéresser.


Sophia Amoruso est une jeune entrepreneuse qui a fait fortune en fondant la marque Nasty Gal, une boutique en ligne de vêtements vintages. Si à l'origine il ne s'agissait que d'un simple compte de vendeur Ebay, Nasty Gal a connu une croissance fulgurante qui a mené sa fondatrice à la célébrité.

Du fait de son succès, Sophia Amoruso a écrit un livre, intitulé #GIRLBOSS. Puis son histoire a été adaptée en série sur Netflix (annulée au bout d'une saison). J'ai vu la série, que j'avais trouvé assez cool malgré le caractère merdique de Sophia. 




Puis j'ai lu le livre, que j'ai tout simplement détesté. Il fallait donc que je vous en parle.

En parfait gourou de l'entrepreneuriat, Sophia Amoruso nous raconte dans son bouquin comment elle a fait pour réussir en nous rappelant à quel point elle sortait des sentiers battus.


Il faut dire qu'aux États-Unis, les gens raffolent des selfmade men/ women, à savoir celles et ceux qui ne sont parti.e.s de rien pour finir à la tête d'une fortune colossale. Et Sophia Amoruso avait absolument tout pour plaire : décrocheuse scolaire, enchaînant les petits boulots galères pour tout à coup se trouver à la tête d'une entreprise plus que fructueuse. Une histoire qui peut faire rêver pas mal de monde (mais pas tout le monde, soyons honnêtes).

Ça fait des mois que j'ai envie de vous écrire cet article. Des mois parce que je n'arrivais pas à avancer, excédée par son ton, ses conseils et sa vanité. Et plusieurs choses m'ont énervées en lisant ce livre.



Alors comme ça, vous voulez devenir une #GIRLBOSS ?

(Littéralement le titre du 1er chapitre, hum)

Tout d'abord, à chaque fois que l'autrice s'adresse à nous (aux femmes seulement, d'ailleurs), elle nous appelle #GIRLBOSS. Certes, quel formidable coup marketing que d'intégrer son hashtag directement au récit pour que les lectrices s'identifient directement et puisse prêcher la bonne parole sur les réseaux sociaux. En cela, je ne m'étonne même pas du ras-de-marée que la sortie du livre avait provoquée à l'époque. Sauf que pas de bol, j'ai horreur qu'on m'infantilise quand on s'adresse à moi. Vous savez, comme quand le programme Jeune d'un service vous tutoie ?

Absolument pas moi en lisant rien que le premier chapitre

Une fausse idée de libération

Sophia Amoruso nous raconte en 204 pages son expérience en se félicitant de ne jamais être passée par une grande école et d'avoir été une marginale. Elle s'acharne, tout au long du livre à faire passer le message que n'importe qui peut réussir le pari que représente une entreprise et attribue une bonne partie de son succès au fait de ne pas rentrer dans les clous. Sauf que l'autrice semble oublier quelque chose d'important : si elle ne rentrait effectivement pas dans les clous à l'époque de sa boutique Ebay, force est de constater qu'elle est désormais « bien rangée », sans que rien ne dépasse.

L'histoire des fauteuils Herman Miller

Page 98, l'autrice nous raconte qu'avec ses propres sous, elle s'était acheté un fauteuil de la marque Herman Miller (assez couteuse) pour se récompenser de son travail (même si elle l'avait pris d'occasion, pense-t-elle à justifier). Elle n'était pas la seule à avoir besoin de s'équiper d'un nouveau fauteuil de bureau puisque toute l'entreprise en avait besoin. Avant que la commande de nouveaux fauteuils soient passée, l'autrice a pris une semaine de vacances. À son retour, elle découvre avec horreur qu'en son absence tous les sièges de bureaux avaient été remplacés par des Herman Miller. Constatant avec horreur ce changement, elle cherche à les retourner, ce qui était impossible et explique que c'est son administrateur qui a finalement passé 6 mois sur un site d'occasion à revendre chacun des fauteuils, parce qu'après tout « pas question de laisser les stagiaires rouler d'un bout à l'autre de leur bureau sur ces trucs-là ».

Ce que souhaite montrer Sophia Amoruso dans ce passage, c'est que l'entreprise étant encore à ses débuts, il fallait encore se serrer la ceinture et se payer des fauteuils aussi luxueux serait la même chose que de crier victoire alors que la course n'est pas finie. Et même si j'entends tout à fait ce raisonnement, j'ai trouvé extrêmement violente cette petite phrase sur les stagiaires qui démontre quand même un certain mépris hiérarchique même si elle s'évertue tout au long du livre à s'en défendre et en vantant les mérites de son entreprise.

En plus ils ressemblent à rien ces sièges.

Des conseils à côté de la plaque

« Il est donc important de mettre 10% de votre salaire de votre côté de façon régulière »
p.150
Ce que je peine à croire, c'est comment une personne qui a connu des périodes de disette au point de ne pas pouvoir soigner sa hernie puisse penser ainsi. Alors bien sûr, mettre de côté n'est pas une idée idiote en soi, bien sur que ça permet d'être plus tranquille en cas de galère. Mais combien d'entre nous peuvent-ils réellement se permettre de mettre 10% de côté ?! Certes, c'est un ouvrage avant tout destiné pour les États-Unis, mais je ne crois pas que les niveaux de vie français et américain soient si différents que ça. Conseiller de mettre 10% de côté chaque mois c'est nier la véritable détresse de certaines personnes qui peinent tout juste à manger tout au long du mois.




Un effrayant culte de la personnalité (attention, perle)

« À trois ans, j'étais un haut-parleur. Quand il y avait de la musique sur notre chaîne stéréo, je me mettais dans un coin de la pièce comme une statue, la bouche ouverte, prétendant que les sons émanaient de moi. À quatre ans, j'étais un appareil photo. Je prenais des clichés avec mes yeux, cadrant l'image dans mon champ visuel puis clignant des yeux à personnifier des objets inanimés dès que l'occasion s'est présentée. Mais je n'ai jamais fait tapisserie ».
p. 175

Entendons-nous : je n'ai rien contre l'estime de soi et je trouve ça plutôt admirable quand les gens arrivent à dépasser leur syndrome de l'imposteur, parce qu'il s'agit d'un véritable fléau pour son épanouissement personnel et surtout parce qu'il y a bien des domaines dans lesquels je n'ai pas réussi à le combattre, malgré mes efforts. Pour autant, je ne porte pas tellement dans mon coeur les gens complètement imbus de leur personne. En même temps je me demande qui tolère un tel comportement ? Bref. En lisant ce passage, j'ai lâché un ricanement dans le métro en me disant « mais non, elle a pas osé ? ». Il y a certes des passages où j'arrive à discerner l'humour de l'autrice, je vois bien qu'elle ne pense pas ce qu'elle dit quand elle se vante, mais clairement ce passage était premier degré. En fin de compte, c'est son audace qui m'a littéralement sidérée. Et surtout, j'ai du mal à comprendre son discours qui paraît si contradictoire. Elle tente de nous convaincre que c'est à la portée de tout le monde de mener une entreprise au succès (sous peine de s'en donner les moyens seulement) tout en soulignant à quel point elle est exceptionnelle et se convainc qu'elle était destinée à de grandes choses même si ça semblait mal parti pour elle.

Comment j'ai vécu le discours de Sophia Amoruso, gif tout à fait transposable à tous les profs de Droit de ce pays

Si vous êtes mal fringué.e.s, c'est normal que les gens soient malveillants avec vous

« Si je vous vois en soirée en train de boitiller comme un poulain blessé, j'aurai envie de vous bousculer. En fait, je vous bousculerai, et si je suis capable de faire ça, c'est que vous avez échoué à vous approprier quoi que ce soit ».
p. 195

Dans ce passage sur l'appropriation du style, Sophia Amoruso explique à quel point il est important d'avoir fière allure pour se donner toutes les chances d'atteindre ses objectifs. C'est donc tout naturellement qu'elle enchaîne avec ce passage sur les gens mal habillés qu'elle a envie de brusquer parce qu'ils n'ont pas d'allure. Je crois que c'est à ce moment là que je me suis dit qu'il n'y avait presque rien de bon à tirer de ce foutu livre. Ça m'a juste outrée, en fait. Purement et simplement.

Ambiance Lolita Malgré Moi

Je vous passe les citations mielleuses en début de chaque chapitre et de section - dont celle de Trump. Bon, à sa décharge quand le livre était sorti nous étions en 2014 et il était encore loin d'être président ou même de s'être positionné politiquement (il annonce sa candidature en juin 2015). Toujours est-il que j'ai été extrêmement déçue par ce livre. Ce que j'ai retenu de son histoire, en somme, c'est qu'elle nous encourage à entrer dans le moule, même si elle ne le dit pas avec ces mots.

Par ailleurs, il faut aussi souligner que la marque Nasty Gal s'est déclarée en faillite en 2016 pour être finalement rachetée par le groupe Boohoo en février 2017. Ce n'est donc plus Sophia Amoruso qui est à la tête de la boutique. Loin de moi de me réjouir de l'échec des autres tout en gardant à l'esprit que le monde des affaires est cruel et que parfois les choses ne tiennent qu'à un fil, j'ai tout de même trouvé que l'excès d'assurance dont elle fait preuve dans le bouquin n'est pas tellement justifié si on en croit l'actualité.

En définitive, même si quelques suggestions peuvent quand même être sauvées de son discours pédant au possible, je ne crois pas qu'il vaille vraiment la peine de s'attarder sur ce bouquin. Du coup merci mais non merci.

Bon, je crois que vous avez compris que j'ai bof aimé ?

mardi 11 septembre 2018

Je suis pauvre et j'aime rigoler - Des planches de BD à lire en ligne


J'aime me fendre la poire, ça vous le savez. J'ai écrit un article sur mes humoristes préférés et je vais régulièrement voir des stands up quand mes sous me le permettent. Mais j'aime aussi m'en payer une bonne tranche depuis chez moi, en lisant.

Aujourd'hui je vous présente 3 auteurs et autrices qui publient régulièrement du contenu sur la toile, gratuitement et que vous pouvez du coup lire en toute légalité.





Derrière ce titre un peu putassier, je vous rappelle qu'acheter les livres des auteurs/autrices c'est bien aussi, alors je vous mets le lien de leurs bouquins histoire que vous puissiez vous les procurer ou les offrir à quelqu'un (même si perso si je les achète c'est mort je les offre à personne wsh). En vrai, c'est important de les soutenir.

Il s'agit ici de trois bandes dessinées en anglais mais de l'anglais qui est franchement accessible.


My Life as a Background Slytherin - Emily Mc Govern


J'en appelle donc aux Potterheads. Rien qu'à son nom, cette bande dessinée avait déjà tout pour me plaire : Harry Potter et des Serpentards (oui c'est ma maison vous allez faire quoi).



Emily, Serpentard solide, poste chaque dimanche une planche sur sa page Facebook. C'est une jeune dessinatrice bruxelloise qui a fait ses études à Londres. Humour anglais au programme, j'attends à chaque fois son post avec impatience. Il lui arrive de faire des planches sur les autres maisons, mais on va pas se mentir, les Serpentards sont les gens les plus drôles de Poudlard (et fins d'esprit). Mention spéciale à sa version de Rogue qui est particulièrement hilarante.


Tristesse immense, son œuvre (en tout cas celle-ci) n'a encore jamais été publiée. Parce que vous pouvez me croire, je me serais jetée sur ces bouquins si j'en avais eu l'occasion. Mais elle a tout de même deux boutiques de goodies estampillées de ses dessins.






A Year of Living Anxiously - Adam Ellis



Adam Ellis est un américain qui raconte sur les réseaux sociaux son quotidien qu'il sait tourner de façon hilarante. Je me suis déjà tapé d'énormes fous rires dans des situations où je ne devais pas à cause de ses planches (oui en cours, ahem) et je pense franchement me procurer son bouquin qui sortira en novembre de cette année.







Sarah's Scribbles - Sarah Andersen





J'avoue j'ai menti, on peut lire les planches de Sarah en français. Mais comme je suis une infâme connasse de parisienne je vous le dit tout de suite : je trouve ça plus drôle en anglais. Maintenant que les bases sont posées, laissez moi vous raconter l'univers de Sarah.




Sarah Andersen est je pense la plus connue des trois auteurs/autrices que je vous présente aujourd'hui. C'est une américaine qui revient sur son quotidien d'artiste à travers ses planches et surtout sur sa difficulté de création ainsi que sa procrastination et son anxiété. Et en me documentant sur elle je me rends compte qu'elle n'a que 26 je pensais pas du tout alala. Ce talent, c'est si cool.







mardi 20 février 2018

2% de gel hydro-alcoolique et 5% d'hémoglobine - Le Vrai Sexe de la Vraie Vie 2 est sorti !




Eh c'est pas pour me la péter, mais là je vous présente quelque chose qui est sorti moins d'un mois avant que je n'en parle. Je suis presque pas à la bourre et je pense qu'on peut déjà commencer par des applaudissements avant même de parler de ce bouquin qu'il est bien.

Merci Pingu, t'es un vrai pote

Le Vrai Sexe de la Vraie Vie est une bande dessinée signée par Cy. C'est un livre qui parle de sexe vous l'aurez compris, mais surtout de sexe réaliste, de sexe non fantasmé et de sexe non sublimé. Il est là, tel qu'il se présente, dans des situations quotidiennes, sans artifice, pour notre plus grand bien.


Mais parlons d'abord un peu de son autrice. Cy ou Cyrielle est une illustratrice/bédeiste/graphiste qui a officié pendant quelques temps chez Madmoizelle.com (ah bah tiens ça fait longtemps que j'avais pas parlé de leur travail HEIN) où elle crée une rubrique ayant pour thème les sexualités: les dessins de Cy(prine). Elle tient également un chaîne Youtube ô combien formidable dont vous trouverez le lien en fin d'article. À ce propos je vous conseille vivement de regarder sa série «Pub à Clics» où, forte de ses formations de graphiste et d'illustratrice, elle analyse pour nous les références artistiques qui se cachent souvent dans les publicités que l'on peut voir passer sur nos écrans.

Portrait illustrant un article de la Voix du Nord par Morgane Baghlali-Serres à lire ici 


Le Vrai Sexe de la Vraie Vie, donc, dépeint un immense panel de sexualités. Car oui, ce livre se veut inclusif et fait en sorte d'aborder toutes les sexualités. Que l'on soit homo, hétéro, bi, asexuel, en transition, en situation de handicap ou vierge (et encore, je dois surement oublier des sujets qui y ont été abordés), chacun s'y retrouve et en apprend sur l'autre. Cette inclusion fait particulièrement du bien dans un moment où certains peuvent en arriver à se dire que «aaah bah oui ma bonne dame mais de nos jours on peut plus rien dire sans se faire huer, si je commence à énumérer et que j'en oublie on va me conspuer». Cy. nous prouve le contraire est c'est carrément cool comme constat. L'autrice en profite également pour glisser quelques points cul (et pas cul) où elle rappelle et explique quelques notions fondamentales telles que le consentement, la manière de mettre un préservatif (interne ou externe), nous décrit ce qu'est le vaginisme, l'asexualité et j'en passe. Il s'agit donc également d'un ouvrage informatif, pour notre plus grand plaisir. À ce propos, mention spéciale à Jack Parker dont je vous ai déjà parlé ici qui a écrit la préface de ce deuxième tome, ce que j'ai trouvé génial puisque son premier livre, Le Grand Mystère des Règles, est en accord parfait avec cette série.


Exemple de Point Cul sur le Vaginisme


De la bienveillance sur 210 pages, voilà comment on pourrait résumer ce tome 2. On pourrait même dire sur 431 pages, en comptant le tome 1. Ce deuxième tome n'a rien à envier à son grand frère et s'inscrit dans une réelle continuité du premier. Je n'ai à aucun moment eu la sensation que l'un était meilleur que l'autre, ils sont complémentaires et gardent le même ton. Avec ce livre j'ai ri, je me suis remémorée quelques situations gênantes ou non, mais j'ai surtout appris. Ou plutôt, j'ai appris sur les sexualités que je ne connaissais pas et ça fait bien.

Quoiqu'il en soit, vous attendez quoi pour le lire ?





Au passage, l'intégralité des points culs glissés dans les deux tomes sont à télécharger gratuitement pour notre plus grand bonheur (en revanche l'utilisation commerciale est réglementée par la licence CC):






mardi 6 février 2018

Happy Hour à Mossoul – L'esprit Jérémy Ferrari en 250 pages


J'en parlais dans mon article sur les humoristes, vous connaissez donc probablement toute l'admiration que j'ai pour Jérémy Ferrari, en particulier depuis son dernier spectacle que je suis allée voir il y a un an. Eh bien figurez-vous qu'il a sorti un livre appelé «Happy Hour à Mossoul». Je l'ai enfin lu et j'aimerais vous en parler !

Histoire de vous le présenter un peu plus longuement, Jérémy Ferrari est un humoriste, également comédien et auteur. Côté humour (non parce qu'il fait énormément de choses à côté et que j'ai pas prévu de vous réécrire sa page Wikipédia), il s'est fait connaître du grand public grâce à ses nombreux passages dans l'émission de Laurent Ruquier, «On n'demande qu'à en rire». Son premier grand succès est le spectacle «Hallelujah Bordel !» qu'il écrit et met en scène. Il y analyse les textes sacrés des trois grandes religions monothéistes avec énormément d'humour et de sarcasmes. Il étend son spectacle par le biais d'un livre intitulé «Hallelujah Bordel: Le Livre» que je n'ai toujours pas lu mais que j'ai bien l'intention de lire prochainement (donnez-moi des sous svp, bisous). Il écrit son nouveau spectacle en 2015, «Vends 2 Pièces à Beyrouth», sur le thème de la guerre. Petite info en passant, son prochain spectacle sera sur le thème de la santé (source extrêmement sûre: Jérémy Ferrari himself à la fin de «Vends 2 Pièces à Beyrouth»).


«Happy Hour à Mossoul» porte lui aussi sur le thème de la guerre (sans être une redite du spectacle, sauf à un moment parce que l'auteur n'a pas «trouvé mieux que lui-même» pour parler de la guerre en Irak, et ça, on aime). Il évoque ainsi les deux guerres mondiales, les colonisations françaises, les guerres d'Asie, celles d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient et l'échec de certains groupements terroristes qui se sont avérés être formés par de véritables tanches qui ont au moins eu le mérite de nous faire rire grâce aux quelques pages qui leurs sont consacrés.

Le livre a été illustré par Patrick Borkowski (ou Borkoo) qui est un ancien dessinateur de presse. À titre personnel je ne suis pas très friande de ce style de dessins mais je dois reconnaître qu'au-delà du coup de crayons, ces derniers sont plutôt drôles et servent tout à fait le propos de l'auteur.


Sans être interactif à proprement parler, «Happy Hour à Mossoul» propose plusieurs façons d'aborder ce thème de la guerre qui peut paraître assez lourd et fastidieux. Mais tout comme dans son spectacle, Jérémy a le talent de ne jamais nous ennuyer et surtout de nous faire rire, malgré la gravité des faits qui y sont abordés. Sur son site officiel, à l'onglet «Happy Hour à Mossoul», vous trouverez même un conte audio narré par l'auteur et un karaoké sur la parodie de «Cette année-là» qu'il a réécrite en s'imaginant qu'Hitler la chantait. Voilà, voilà.

Fidèle à ses méthodes de travail, vous trouverez toutes les sources ayant servies à écrire ce livre sur son site, tout comme pour «Vends 2 pièces à Beyrouth», pour lequel il avait passé 2 ans à étudier la géopolitique avec un professeur de la Sorbonne (alors que Ferrari était un élève dissipé qui a vite été déscolarisé et qui n'a pas le bac en poche, comme quoi pour les trois du fond qui en doutaient encore, avoir ou non le bac ne signifie absolument rien sur les capacités intellectuelles de quelqu'un).


Les sources du livre, comme vous pouvez le voir, y a de quoi faire

Sans surprise, j'ai adoré lire ce livre. J'ai énormément ri tout en étant outrée par certaines histoires (qui rappelons-le, sont toutes vraies). Mention spéciale à la rédaction scolaire que l'auteur a imaginé sur le thème de Diên Biên Phu, écrite par le général René Cogny dont l'armée je cite «s'est fait copieusement fumer sa gueule, avec une application qui force le respect» (p.152). J'ai été ravie par ce bouquin, d'autant plus qu'ayant vu le dernier spectacle il y a un an, j'étais quelque peu «en manque»* de cet humour noir qui amène aussi à réfléchir, alors disons que le livre me fait «tenir»* dans l'attente de la sortie du DVD (et à ce moment là j'espère que vous ne ferez pas partie de mes proches parce que je risque de vous casser les pieds pour que vous le regardiez), un peu comme le DLC de the Last of Us que je me garde pour avant la sortie du second opus -mais ça c'est une autre histoire.


Bon du coup, quand est-ce que vous le lirez ?




Extraits de Vends 2 Pièces à Beyrouth, pour le plaisir (le DVD arrive bientôt):




* Les astérisques sont là pour nuancer mon propos, faudrait pas non plus qu'il se prenne pour un génie.