mardi 19 mars 2019

Les podcasts à suivre – Deuxième fournée !


Alors je sais ce que vous vous dites, je ne suis pas dupe : « Non sérieux encore des podcasts ?! Y en a des nouveaux tous les 2 jours j'arrive plus à suivre et de toute façon j'ai pas le temps j'ai des numéros de Motus à rattraper ».

Je sais que l'humour de Thierry Beccaro (apparemment y a des gens bizarres qui prononcent le prénom Thierry en disant « Thiérry » non mais n'importe quoi) est complètement décapant, mais franchement faites-moi confiance sur ce coup-là. Comme à peu près à chaque fois en fait. Oui je crois qu'on peut le dire, je suis quelqu'un de confiance : j'ai le BAFA.



Au fur et à mesure de mes écoutes je me suis rendue compte de deux choses : quand j'écoute un podcast j'aime rire et réfléchir. Parfois les deux en même temps quand les choses sont bien faites. Réfléchir, tout simplement parce que c'est cool d'apprendre des trucs et rire parce que quand je fais le ménage relou du dimanche matin, je préfère faire passer la pilule avec un truc qui va réussir à me changer les idées pour que ça ne me paraisse pas durer une éternité.

Il y a quelques mois, je vous présentais les podcasts que j'écoutais régulièrement. Cette liste a quelque peu changé et j'aimerais faire une petite mise à jour, une petite MAJ comme on dit dans le milieu (je suis une hackeuse y a quoi).


Maintenant que vous êtes bien confort dans vos souliers, on passe à la deuxième fournée :



À Bientôt de te Revoir par Sophie-Marie Larrouy


Je vous avais déjà conté ma passion dévorante pour le travail de Sophie-Marie Larrouy quand je vous ai parlé de son livre L'Art de la Guerre 2 sur le blog. Cette passion n'a pas connu le repos depuis puisque j'ai entre temps lu son livre Coeurs à Gratter dont je vous parlerai bientôt sous un autre format, et surtout parce que je me suis enfin mise à l'écoute de son dernier podcast.

Après la splendide Émifion qu'elle co-animait avec Navie pour Madmoizelle.com, Sophie-Marie a lancé sa propre émission, À Bientôt de te Revoir dans laquelle elle interviewe tout un tas de gens. Si vous pensiez assister à un énième étalage de parcours sans grand intérêt, vous vous fourrez le doigt dans l'oeil : Sophie-Marie est bien plus intéressée de savoir si son invité·e préfère regarder la télé en slip ou avec un peignoir. Et c'est pour ça que je raffole de ce podcast. On rigole, on se détend, on découvre plein de choses inutiles sur les goûts des invité·es, s'ils/elles sont plus petits beurres de Lu ou Napolitains, bref, tout ce qui est crucial de savoir avant de vouloir épouser quelqu'un. Sophie-Marie c'est ma dose de réconfort quand tout fout le camp, mais aussi quand tout va bien. Quand écoute À Bientôt de te Revoir, on met tous ses soucis de côté et on se sent comme à la maison. Et ça fait un bien fou. En plus de ça, l'émission se déroule la plupart du temps en public à la Nouvelle Seine donc on peut y assister et manger des gâteaux (si les invité·es ne font pas les crevard·es).
Chaque épisode dure environ 50 minutes.


Parce que Yacine Belhousse compte parmi mes humains comiques préférés.

Retrouver tous les épisodes d'À Bientôt de te Revoir


2 Heures de Perdues par Fréquence Moderne


Je le disais dans l'article sur les séances Panic ! x Chroma: je n'y connais pas grand chose en cinéma. Mais ça ne m'empêche pas d'être assoiffée de savoir et de toujours vouloir en découvrir plus. Du coup, si vous voulez découvrir des films : n'écoutez absolument pas 2 Heures de Perdues. 2 Heures de Perdues ou 2 HDP - quand on veut se la jouer cool - est une émission hilarante vous l'aurez compris, sur le cinéma. Julie, Sarah, Antoine, Léa, Mickaël (et je crois que j'en oublie je sais jamais ça change parfois je suis perdue) vous racontent un film point par point avec une quantité industrielle de vannes qui font vraiment mourir de rire, en particulier quand vient le moment des avis Allociné. En vérité, on en apprend vraiment sur les films puisque des anecdotes de tournage et autres petits secrets sont distillés tout au long de l'émission. Mais on ne va pas se mentir, on écoute 2 HDP (je suis cool ok?) surtout pour s'en payer une bonne tranche. Surtout que parfois, les émissions sont enregistrées en public et c'est à ne pas rater !
Chaque épisode dure environ 1 heure.



Parce que j'en ai chialé de rire dans un magasin Hema.



Community Manager par Guillaume Natas


J'ai découvert le podcast Community Manager, pendant une insomnie alors que je travaillais mes photos. Il était 5 heures du mat' et j'étais dans une ambiance vraiment particulière où la ville dormait encore pendant que j'étais emmitouflée dans 3 couvertures à pester contre mon manque de sommeil. Il faisait encore nuit et l'atmosphère ouvrait la voie à toutes sortes de curiosités tapies dans la pénombre. Quel meilleur moment que celui-là pour écouter l'émission Community Manager ? Je vous le demande. Je pense que c'était le meilleur moment possible pour lancer le podcast. Community Manager est une émission qui vous fera découvrir toutes sortes de communautés. Moi qui bêtement croyait qu'il s'agissait d'un podcast sur les nouveaux médias, il s'est avéré que Community Manager vous emmène à la rencontre des respiriannistes, des vampyres, bref de toutes ces personnes qui forment un club très fermé et dont parfois nous n'avons absolument pas conscience de l'existence. C'est un excellent moyen pour élargir vos horizons !
Chaque épisode dure environ 25 minutes.



Parce que c'est avec ce numéro que j'ai entendu parler des Paranos et que ça a été un choc (parce que je vis dans une grotte je crois).




Au Nom du Pire par Thomas Hercouët et Benoît Lebreau


La première partie de cet article sur les podcasts se terminait sur la Nuit Originale, l'émission de ce sacré Thomas Hercouët, qui ne ressemble à aucune autre puisqu'elle a la particularité de se dérouler en live de 15h à 9h et non stop. Le hasard veut que depuis ce premier article Thomas ait sorti une deuxième émission avec son collègue et ami Benoît Lebreau appelé Au Nom du Pire. Pour la prochaine partie de cet article j'espère que Thomas aura d'ici là sorti une troisième émission histoire que je puisse trouver une autre bonne conclusion à ces posts (ceci est un défi, merci bien). Au Nom du Pire a un concept simple et efficace : des invité·es réuni·es autour d'une table et une question : « Quel·le est votre pire... ? ». Pires soirées, pires plans culs, pires masturbation...etc. Bref, de quoi passer de bons moments. L'émission est en live YouTube tous les mardis soirs du coup je sais pas ce que vous faites ce soir mais si vous voulez entendre parler des pires voisins de Luciole, Capitaine Nexus VI et Marjorie Le Noan, je vous conseille d'aller sur la chaîne de Version Originale à 21h.
Chaque épisode dure environ 1 heure 45.



Parce que j'y étais en direct live pour prendre des photos et que j'ai éclaté de rire sur la dernière anecdote de Pierre Lapin (oui bon ça va les autres sont tops aussi mais celui-là c'est le PLUS MIEUX ET LA TOUTE PREMIÈRE AUSSI DU COUP, VOILÀ).



Ne m'en voulez pas si j'ai oublié des podcasts, je n'ai pas assez d'oreilles pour tous les écouter. Les émissions sont disponibles non seulement sur les liens fournis mais aussi sur les applis habituelles (Podcasts pour les Iphones, Podcast Addict pour les Androids et Soundcloud pour certaines émissions de ce post). En tout cas j'espère que cette nouvelle sélection vous aura plu !

mardi 12 mars 2019

Je galère avec le small talk et je ne me soigne pas du tout – Discuter avec des gens que l'on ne connaît pas


Bon très franchement je vais vous le dire : je suis nulle dans l'art de faire connaissance avec les gens tout simplement parce que j'ai 0 skill en small talk.


Le small talk, c'est cette discipline qui consiste à échanger des phrases assez banales avec son/sa interlocuteur·trice histoire d'engager une conversation et faire connaissance. Vous savez, c'est souvent comme ça qu'on se fait des AMI·ES. Moi je croyais qu'il fallait leur offrir du thé jusqu'à ce qu'ils/elles soient apprivoisé·es. Je me fourvoyais.

C'est utile quand on est à une soirée et qu'on ne connaît personne, ce qui m'arrive souvent. Du coup, je discute assez peu dans les soirées où je ne connais effectivement personne. Et je m'en vais, vite, très vite. Parce que j'ai peur.


J'ai des ami·es pour qui il est très facile d'engager la conversation et je les admire pour ça (mais pas que). À l'inverse je suis capable de rester muette pendant 30 bonnes minutes juste à boire mon verre et regarder mon téléphone, sans savoir où me mettre.


En réalité, c'est quelque chose qui m'embête vraiment. Parce que même si le fait de regarder son téléphone peut donner l'air hautain ou je m'en foutiste (j'utilise des expressions de profs de collège, de mieux en mieux), en vrai, j'aimerais bien pouvoir me lancer dans une conversation d'une façon aussi fluide que peuvent le faire certain·es de mes potes.
La majorité de mes potes, en toutes circonstances


Ajoutez à cela le fait que je sois myope et que du coup quand je croise quelqu'un en dehors d'un cadre prévu (c'est-à-dire au détour d'une rue, par hasard), il est très rare que je salue cette personne. Tout simplement parce que je ne la reconnais pas à moins qu'elle soit à exactement 1 mètre de moi. Bon après c'est de ma faute j'ai qu'à porter mes lunettes de vue ou des lentilles de correction mais je préfère visiblement prendre en photo les panneaux de signalisation du métro en zoomant pour savoir quelle sortie prendre avant d'avancer sur le quai. Ça me paraît bien plus simple.


Ce qui m'embête avec le small talk, c'est le fait d'échanger des banalités. Parce que j'ai l'impression que ce que je vais dire ne va jamais être très pertinent, une fois que chacun se sera présenté. Et même au-delà de ça, j'ai toujours peur de forcer les choses, sans laisser de place au naturel. Ce qui m'embête profondément.

Pour vous donner un exemple, quelqu'un qui est désormais un ami m'avait surnommé « yaourt nature » quand je l'ai rencontré parce que j'étais trop impressionnée pour parler et que donc il n'avait quasiment jamais entendu le son de ma voix. En même temps faut dire que c'est parce que je commençais à fréquenter un très bon ami à lui et que donc mon copain de l'époque m'avait présenté à 1 000 personnes en même temps. Bon ok c'est ce qui se produit naturellement quand on se met en couple, il n'empêche que niveau stress on est plutôt pas mal parce qu'on a forcément envie de plaire à la personne avec qui on est. Enfin je crois.

Moi, à chaque fois que je me mets en couple

Vous l'aurez compris, depuis, c'est passé. Parce que depuis, il a compris que j'étais demeurée.

Je ne dis pas ça juste parce que je me crois en 2005 à dire « xptdr je suis trop une fifolle, j'ai trop des délires hihihi 100% moi », non. Je dis ça parce que ce que j'essaye de vous faire comprendre, c'est que je n'ai pas de demie mesure.

Je passe de l'état de yaourt nature à espèce de gnome qui court partout et parle en caps lock (j'aurais pu dire crier mais on est en 2019, ça n'existe plus ça), le tout sans sas de décompression, ce qui peut parfois surprendre, je le conçois.

2 jours après.


Le plus fou dans cette histoire, c'est que ça dépend vraiment du contexte où je fais connaissance avec la personne. Quand je suis en colonie de vacances par exemple, je n'ai aucun problème à être directement totalement moi-même et être à l'aise. Je suis là dans un contexte qui ne me concerne pas directement dans le sens où je suis focalisée sur le travail. D'autant plus qu'en animation on a besoin de folie, pas le temps d'attendre avant de se lâcher. Les séjours sont déjà bien assez courts comme ça donc autant y aller franco direct.

J'aimerais bien vous dire que j'ai écrit cet article dans le but de trouver des solutions et de vous les partager mais Sheshe les Bons Tuyaux n'est pas au rendez-vous aujourd'hui. Hé, c'est pas une superproduction américaine ce blog, va falloir vous habituer à ce que tout ne soit pas parfait en toutes circonstances ! Je pense que c'est en ça que je me distingue des bloggeuses professionnelles. Déjà parce que je touche pas une thune pour vous partager ma thérapie du mardi, mais surtout parce que rien n'est jamais nickel sur ce blog (mais c'est aussi ça qui me plaît).

Bref, si vous voulez des trucs et astuces pour apprendre le small talk et créer une conversation sympa avec des gens, quittez ce blog y a rien à apprendre ici.


À la place je vous mets le lien de la page wikihow :



De rien, bisous.



mardi 5 mars 2019

J'aime le fromage – Être conditionné·e par son entourage


J'aime le fromage. J'aime le fromage et pourtant ce n'est pas un article qui va parler de ma passion pour le fromage, non.

Eh non, partez pas !


Si je vous dit que j'aime le fromage, c'est parce que la plupart de mes potes vous diront ça de moi, si vous leur demandez de décrire ma personnalité. Avant mes qualités, avant mes défauts, d'abord : elle aime le fromage. C'est comme ça, je leur en veux pas et je sais que c'est plutôt dans l'idée de faire rire. Pour autant, ça m'a conduit à de véritable questionnements sur ma personnalité et la façon dont j'ai pu la construire.

« Ah toi t'es le/la rigolo·te de la bande ! ». C'est une phrase qui vous est familière, n'est-ce pas ? Qu'importe qu'elle vous ait été directement adressée ou qu'elle désigne l'un·e de vos ami·es, c'est le genre de réplique qu'on entend au moins une fois dans sa vie.


Je pensais que le regard des autres m'importait peu. C'est faux. Le regard des autres m'importe peu, certes. Mais seulement quand il est négatif et pas du tout construit. En revanche, lorsque quelqu'un va faire une remarque positive sur moi, je vais avoir tendance à accentuer la chose, parce que je suis contente, histoire de continuer dans cette voie (aussi parce que j'ai très clairement le syndrome de la bonne élève).

S'efforcer d'être une meilleure personne chaque jour, c'est bien (d'ailleurs je sais pas vous mais moi la série Le Caméléon m'a toujours donné l'envie de faire le bien autour de moi et j'arrive pas à m'expliquer pourquoi Jarod me fait cet effet mais on en parlera un autre jour si vous permettez parce que là c'est pas le sujet). Mais ça peut poser problème lorsqu'on parle d'un trait de caractère qui n'est pas forcément bénéfique pour vous.

Il y a environ 8 ans, une partie de mon entourage a commencé à m'identifier comme quelqu'un qui aimait manger, beaucoup manger. J'imagine que c'est parti de ma passion désormais révolue pour les buffets à volonté des restaurants japonais, encouragé par l'effet de groupe entre potes avec lesquels on s’engrenait à consommer un maximum de nourriture sans que cela ait trop de sens si ce n'est en avoir pour son argent, parce qu'on était au lycée et qu'on avait la chance de ne pas avoir de problème grave dans la vie.


En vrai et de base je ne suis pas quelqu'un qui aime vraiment manger. Si on demande à mes parents, ils vont diront que j'ai été très difficile au niveau de l'alimentation jusqu'à récemment et très honnêtement je ne mangeais pas grand chose étant petite (mais suffisamment), ce qui heureusement n'est pas allé jusqu'à avoir des troubles de la santé. Du coup, ils ont été plutôt surpris quand il y a 5/6 ans je leur ai appris que j'étais « connue » parmi mes potes pour être le glouton de service.

Il y a un moment de ma vie où j'imagine avoir donné du crédit à celles et ceux qui me félicitaient pour mes capacités d'absorption (comprenez : j'avais le sac d'Hermione Granger à la place du bide) et depuis, j'ai développé un sale rapport avec la nourriture. Et surtout, j'en ai beaucoup joué parce que ça me faisait plaisir d'être identifiée comme tel, peut être parce que j'avais l'impression de m'être fait « une place » bien définie.


La nourriture est devenu mon refuge, toute émotion confondue. Ce qui fait que j'ai désormais du mal à manger sainement plus d'une semaine. Je passe une sale journée ? Pas grave, je vais manger un plat que je trouve bon le soir ! J'ai eu une super nouvelle ? Je fête ça avec mon plat préféré ! Et vous vous doutez que ce sont rarement des choses bonnes pour la santé (enfin si, il peut y avoir des légumes mais c'est généralement ruiné par les sauces pas-0%-pour-un-sou qui inondent mes plats – je pense à toi, pad thaï aux légumes du Thaï House).

Quand j'ai raté un oral que j'avais pourtant révisé à fond

Je ne pense pas que mon cas soit isolé. J'ai par exemple une connaissance qui a malheureusement eu des problèmes avec l'alcool et je reste persuadée qu'elle en a eu parce qu'elle était perçue comme quelqu'un ayant la capacité boire beaucoup avant d'être ivre et qui donc a été encouragée par ses potes en ce sens.

Comprendre ça, avoir cette réflexion, a été un vrai choc pour moi. Non pas parce que j'ai un problème évident avec la nourriture mais surtout parce que je pensais que le regard d'autrui me passait au dessus. Je me suis tellement focalisée sur le fait de ne pas écouter les critiques négatives que j'en ai oublié le reste en me pliant en quatre pour « plaire » aux personnes qui me faisaient des compliments. C'est insensé et pourtant vrai car je n'avais pas conscience de ce que je faisais. Et ça a pourtant eu un effet néfaste sur ma vie, preuve en est.

Alors bien sûr, je ne remets pas la faute sur mon entourage, parce que ça serait l'attaquer gratuitement pour quelque chose dont il n'est pas responsable en soi. Je dis juste que ça a pu ouvrir la brèche sur des affaires qui vont être difficiles à régler sans l'aide d'un·e professionnel·le de santé.

Mais du coup je me demandais si j'étais la seule à percevoir cet effet de groupe ? Si vous avez vous-même été touché·e par ce phénomène ?

mardi 26 février 2019

Je veux découvrir plein de films ! – Les séances Panic ! x Chroma


S'il y a bien un rendez-vous que je m'efforce de ne pas manquer, c'est bien les séances Panic ! x Chroma.


Les séances Panic ! x Chroma sont des projections ciné mensuelles qui sortent de l'ordinaire de par leur ambiance et leur déroulé. Elles sont présentées par les équipes Panic ! (Marie Casabonne et Yann Olejarz, qui en organisent déjà depuis un petit bout de temps) et Chroma (Karim Debbache, Gilles Stella et Jeremy Morvan).

Si vous ne connaissez pas les émissions des Chroma, je vous invite à les découvrir tout de suite parce que c'est vraiment trop bien (et puis Crossed aussi, bref, allez mater toute la chaîne de Karim Debbache, soulez pas).


J'ai découvert ces séances sur le tard, fin de l'année dernière, parce que mon meilleur pote qui y allait depuis un bail m'a proposé de venir. Il avait une place en trop pour Buffet Froid, un film de Bertrand Blier, sorti en 1979. Pensant assister à une banale séance de ciné j'ai finalement été agréablement surprise par ce rendez-vous que je ne me vois désormais plus rater.

Avant d'entrer dans la salle, on nous tend une petite carte postale offerte sur laquelle figure une affiche du film proposé et redessinée par la talentueuse Utomaru qui fait un travail magnifique et dont les créations sont fièrement affichées sur le mur de mon salon.


La séance commence par un petit générique mêlant des extraits de films connexes à celui du jour ou des bandes annonces d'autres films du même réalisateur / de la même réalisatrice. Après une brève présentation du film garantie sans spoil, le film commence, suivi d'un temps de questions-réponses avec les équipes. S'en suit alors un jeu appelé le Screen Test, tout droit sorti du cerveau malade de Gilles Stella qui consiste à retrouver le film dont l'image présentée à l'écran est tirée. Je n'ai jamais réussi à trouver un seul film du coup je gagnerai jamais de place pour la séance de ciné d'après ou encore de dvd mais c'est pas grave, hein, je vais juste aller pleurer toute les larmes de mon corps car c'est un comportement qui me paraît tout à fait mature pour quelqu'un de mon âge.



On rigole beaucoup, on apprend plein de choses. Que l'on ait vu tous les films de la terre (chapeau si c'est le cas) ou que l'on soit une nouille en culture cinématographique (moi), les séances Panic ! x Chroma sauront répondre à vos attentes. D'autant plus qu'on a parfois la chance de recevoir le/la réalisateur·ice avec qui il est tout à fait possible de dialoguer après le film. Mention spéciale à la séance Nid de guêpes en présence de Florent Emilio-Siri, le réalisateur, qui avait été rejoint par Benoît Magimel en fin de projection car il avait une fête de fin de tournage non loin de la salle et qui avait eu la gentillesse de passer nous raconter deux trois anecdotes de tournage.


À Noël, la séance est un peu particulière puisque chacun·e est prié·e d'apporter un cadeau moche qui sera déposé dans une hotte et distribué au moment d'entrer dans la salle. Et c'est ainsi que je me suis retrouvée avec le dvd de Taxi 3 chez moi (n'hésitez pas à me contacter si ça vous intéresse hein, je vous l'offre).


Sur mon cadeau, à la place de la couverture du dvd, il y avait écrit « Voici un film génial ! C'est l'histoire d'un chauffeur de taxi qui se retrouve mêlé à une affaire criminelle, un chef d'oeuvre absolu !!! »
Merci Mieleur (non).

Les séances Panic ! x Chroma ont lieu au Forum des Images à Paris, un lieu que je n'avais jamais fréquenté avant d'aller à ces séances (et c'est pas faute de pouvoir me repérer les yeux bandés dans le Forum des Halles...Ahem.).

Pour couronner le tout, les prix sont vraiment très abordables puisque le tarif de base est de 6€, 5€ en tarif réduit (pour les étudiant·es notamment !). La seule difficulté est de réussir à choper une place le jour de la mise en vente. Vous vous en doutez : vu les tarifs et l'attractivité de ces séances, les places partent vite. Il faut donc être au taquet et suivre les info via Facebook pour être tenu·e au courant du jour de la mise en vente, en général à 12h30. Et quand ce moment là arrive, il ne faut pas traîner pour être sûr·e d'avoir une place !

Bref vous l'aurez compris, foncez à ces séances si vous en avez l'occasion !







Crédit photo: Lilia Belakhdar, Aurélien LexZeppelin et Godefroy Jouveau du Breuil (dont je ne trouve pas les sites mais n'hésitez pas à me les filer si vous les trouvez !).

mardi 19 février 2019

L'Homme et l'Artiste – Comment réagir face aux révélations ?


S'il y a bien une question qui ne cesse de revenir dans mes pensées tous les deux mois, c'est bien celle de l'Homme et l'Artiste.

Naturellement, si cette question revient perpétuellement à mon esprit, c'est malheureusement parce que tous les deux mois (voire moins), nous avons affaire à un nouveau scandale qui met en lumière les agissements douteux et/ou condamnables de certain·es artistes, de tout bord.


Je me suis longtemps cru face à un dilemme : vais-je continuer d'apprécier l'oeuvre de quelqu'un en apprenant que je n'adhère pas du tout à ses valeurs ? Et je sais bien que je ne suis pas la seule à me poser cette question.

Faut-il continuer à apprécier les œuvres concernées quand bien même ces œuvres ont pu nous toucher au plus profond de notre âme ? Qu'il s'agisse d'un film, d'une chanson, d'une photographie... Une chose est sûre, c'est un sujet délicat à traiter. Bien sûr, je prends le nom « homme », étant donné l'expression. Mais il y a évidemment de tout pour faire un monde.

Avant que je ne sois plus impliquée que ça dans les milieux militants, je ne vais pas vous mentir : j'avais tendance à faire abstraction de ce genre d'informations. Je ne préférais pas savoir ou encore activer inconsciemment un mécanisme de dissonance cognitive qui est, force est de constater bien arrangeant quand on a besoin de faire l'autruche.

Le mouvement #MeToo qui a fait tomber bien des noms a complètement bouleversé ma façon de voir les choses.

La question ici n'est pas purement axée autour d'Harvey Weinstein et des autres producteurs concernés qui ne sont pas à la base même de la création artistique mais qui sont essentiels pour que l'oeuvre voit le jour. Pour autant, il est tout de même insupportable de penser regarder un film tout en sachant qu'une actrice a été violée par son producteur pendant le tournage.

Je parle plutôt des artistes en eux-même. Quelle difficulté de réussir à se détacher d'une œuvre que l'on apprécié pendant tant d'années pour finalement découvrir que la personne qui en est à l'origine a commis des choses horribles !

Vous vous en doutez, je ne mets pas tout le monde dans le même panier. Il y a bien évidemment une différence à faire entre l'artiste avec lequel je ne suis politiquement pas d'accord et celui ou celle qui a été condamné·e pour des crimes ou délits graves.

Quand j'apprends qu'un illustrateur que j'aime est de droite

Il y a aussi le principe de la présomption d'innocence. Mes études de Droit m'ont appris à ne pas passer à côté, car elle garantit l'impartialité dans une affaire. Elle est primordiale pour quiconque se fait accuser à tort puisqu'une fois que votre nom est traîné dans la boue, il semble bien difficile de s'en remettre.

D'un autre côté, lorsqu'on s'attarde au mouvement #MeToo justement, on voit bien que beaucoup trop de personnes ont fait l'objet de plusieurs accusations, qu'il existe des preuves mais que la justice peine à faire son travail. Surtout que, puisque nous sommes loin de vivre dans un monde parfait, beaucoup de personnes accusées reconnaissant elles-mêmes les faits font en sorte de devenir intouchables au point de ne jamais être reconnues coupables de leurs agissements.

Kevin Spacey était mon acteur favori de tous les temps. Mes films préférés étaient American Beauty et Usual Suspects, j'adorais House of Cards, j'ai été ébahie par sa prestation dans Seven. Je le respectais d'autant plus qu'il tenait à garder sa vie privée, sans jamais trop s'exposer ou donner énormément d'interviews hors promo. Je suis tombée de haut quand j'ai entendu les premières accusations, quand il a réagit en reconnaissant les faits mais en en profitant pour faire son coming out, qu'il voyait comme une excuse à ses immondices puis qu'il a sorti cette saleté de vidéo au réveillon de Noël 2018 après que les accusations se sont multipliées, expliquant que s'il n'avait pas payé pour les crimes qu'il avait commis pourquoi paierait-il pour ceux qu'il n'avait pas commis ? J'ai été déçue, énervée mais surtout hors de moi. Autant la vidéo a eu un effet immédiat parce que je la découvrais au moment où elle a été publiée, autant la première fois, il m'a été difficile de reconsidérer toute sa filmographie, tout simplement parce que les révélations ont chamboulé mon cheminement et ma personnalité.

Fire Kitchen GIF
Kevin Spacey face à Internet le 24 décembre 2018, fig. 1

Finalement, je me dis que si j'apprécie quelqu'un pour ce qu'il fait et ce que je crois être sa personnalité, comme ne pas être dans le rejet si j'apprends que cette personne s'est bien payé ma tête pendant tout ce temps ? D'autant plus quand d'affreux crimes sont en jeu.

En même temps, lorsque la majorité des personnes qui ont contribué à une œuvre n'étaient pas au courant de ce qu'il s'est passé ou ce qu'il se passait, doit-on quand même tout rejeter en bloc ? Évidemment, je sais bien qu'il y a forcément des gens qui étaient au courant au moment des faits, mais cela est inhérent à chaque cas.

Sans compter que j'ai compris avec ma déconstruction, c'est-à-dire avec mon désapprentissage de ce que nous impose la société (exemple que l'objectif d'une vie est d'avoir un·e époux·se, une maison, deux enfants et un chien), qu'il était aussi important de soutenir toutes ces victimes qui se battent depuis des années ou bien qui se murent dans le silence craignant des représailles sur leur vie, sur leur carrière, parce qu'on leur a dit que ces personnes là étaient intouchables et qu'il ne faudrait pas assez d'une vie pour pouvoir les faire tomber.

En fait ce qui est le plus agaçant, c'est ce sentiment de trahison. De faire confiance à un·e artiste qu'on ne connaît pourtant pas et de la laisser saccager ce qui nous a permis de nous construire en tant qu'humain.

L'Homme et l'Artiste sont indissociables, c'est évident. J'apprécie une œuvre parce que je m'en sens proche et que j'ai l'impression que la personne qui est derrière cela me comprend. Mais est-ce que je tiens toujours à cette impression quand j'apprends que la personne est pédophile ? (Si vous avez répondu oui, allez consulter). Lorsqu'une œuvre voit le jour, c'est surtout grâce au mental de l'artiste qui l'a fait naître.

Est-ce que j'ai envie de me laisser toucher par quelque chose qui a baigné dans le cerveau le plus fucked up qui soit ? Je ne crois pas.

mardi 12 février 2019

Contradictions et jugement de l'Internet – Pourquoi se positionner sur les réseaux sociaux ?


J'ai toujours eu un problème à me positionner publiquement parlant. Je me considère pourtant végétarienne et féministe, aucun doute là dessus. Mais il est beaucoup plus difficile pour moi de l'afficher ouvertement sur les réseaux sociaux. Non pas que je ne l'assume pas, mais plutôt par crainte des jugements qui peuvent en découler.


À une bien plus grosse échelle, lorsqu'une personnalité publique va affirmer quelque chose, se positionner ou défendre une cause, le moindre fait et geste va être scruté par le public qui va évaluer si la personne mérite ou non de se considérer comme faisant partie d'un mouvement.

Un exemple : Coline, la créatrice du blog et de la chaîne YouTube Et Pourquoi Pas Coline est vegan. C'est un sujet qui lui tient à cœur, tout comme celui de l'écologie. L'affinité qu'elle a pour ces sujets a fait qu'elle a produit et continue parfois de produire un certain type de contenus visant à donner des conseils ou sensibiliser là dessus. Si bien que lorsqu'elle explique dans un tout autre type de vidéo qu'elle a enfin réussi son permis moto et qu'elle raconte la joie dans l'âme qu'elle a pu faire une balade à moto pendant 1 heure avec son compagnon un week-end, un certain nombre de spectacteur·ices lui répondra qu'il est tout à fait scandaleux qu'elle utilise sa moto pour une balade, elle qui sensibilise à l'écologie.


Évidemment ce n'est qu'un exemple tiré d'une vidéo, mais c'est comme ça pour tout. On va crier au scandale si elle a eu le malheur de porter une veille paire de chaussures en cuir ou que sais-je. C'est quelque chose que l'on voit beaucoup lorsque des influenceur·euses vont se réclamer vegan par exemple et je dois avouer que j'ai du mal à accepter ce type de commentaires condescendants, en partie à cause de la pression et les angoisses que ça doit engendrer.


On exige des personnalités publiques, des créateurs ou créatrices un comportement irréprochable, en toutes circonstances, même si on applique pas soi-même ce genre de principes à chaque instant de sa vie, ce que je trouve complètement fou.

Je ne crie pas sur tous les toits que je suis végétarienne parce que je considère que c'est une information personnelle (oui bon là je le dis mais faut bien que je vous explique un peu mon point de vue et ce même si je le mentionne de temps à autres), mais pas seulement. C'est aussi parce que je n'ai pas envie que l'on vienne me mettre sous le nez la question de la présure animale dans le fromage, parce que je n'ai à me justifier auprès de quiconque.


Je me prends en exemple pour que vous compreniez mais en vérité je suis loin de toutes ces critiques. Je n'ai pas l'audience d'une créatrice comme Coline mais c'est en regardant ses vidéos et surtout en m'attardant sur la partie « commentaire » que j'ai constaté ce phénomène que je trouve de plus en plus oppressant et contre-productif.

Je crois qu'on est toutes et tous d'accord pour dire que tout n'est pas blanc ou noir dans la vie et qu'elle est pleine de nuances (je vais m'arrêter là pour les vérités générales parce que j'ai vraiment l'impression d'enfoncer des portes ouvertes et de transformer cet article en recueil de citations inspirantes nulles). Ce que je ne comprends donc pas, c'est pourquoi est-ce que certain·es exigent une façon de consommer irréprochable à leurs créateurs et créatrices préféré·es ?

Je suis d'accord sur un point, si on décide de soutenir et suivre le travail de quelqu'un ça peut aussi être parce que sa personnalité nous plaît et que le fait de s'être réclamé écolo peut avoir fait que l'on suive son travail (uniquement pour cette raison, je veux dire). Il y a aussi cette envie de ne pas se sentir floué par quelqu'un qui aurait de l'influence et qui se ferait de l'argent sur le dos de ses abonné·es (d'ailleurs va falloir m'expliquer à quel moment produire du contenu gratuit sur le web fait perdre de l'argent aux abonné·es mais c'est pas la question).

Coline n'est pas la seule concernée, loin de là, je pense aussi pour un autre exemple à Marie Lopez alias EnjoyPhoenix qui va être vivement critiquée si elle annonce une prise de position qui semble être égratignée quelques mois après par un partenariat avec une marque. Mais ne nous voilons pas la face: beaucoup de partenariats et grosses opé sont mis en place des mois parfois des années à l'avance, que ce soit pour la sortie d'un produit ou une campagne de pub. Une prise de conscience peut être faite en chemin et vu ce qu'implique comme engagement une opé, je peux comprendre qu'il soit parfois nécessaire d'aller au bout (déjà parce qu'une rupture de contrat en dehors de la force majeure peut coûter très cher).



Comme le dit si bien Marie dans ce post, il me paraît plus raisonné et productif d'encourager les petits gestes, de laisser les gens faire leur chemin plutôt que de leur hurler dessus au moindre écart. Encore une fois, je ne parle pas de celles et ceux qui se foutent ouvertement des gens, mais bien des personnes saines et sincères dans leurs démarches.

Au-delà de ce problème récurrent et pour revenir à mon expérience personnelle, qu'elle soit IRL ou non, j'ai aussi toujours eu du mal à clamer haut et fort mes prises de position tout simplement parce que je sais que certaines personnes vont soit avoir du mal à m'écouter si elles sont en désaccord avec mes valeurs soit vouloir me rentrer dans le lard pensant que je ne demande qu'à argumenter et débattre parce que j'ai décidé de faire des choix de vie différents des leurs.


Je vous le dis directement : j'ai la FLEMME. Je pars du principe que tant qu'on ne vient pas me souler sur mes choix, je viendrais pas souler les autres sur les leurs. Chacun fait sa vie et tant mieux si quelques actions de mon entourage vont dans le sens de ce que je défends. Mais en vérité je ne vois pas pourquoi je dois un débat à quelqu'un impatient de démonter mes arguments par pur plaisir d'être dans la confrontation (en vain, en plus).
À ces personnes là : je m'en badigeonne le nombril avec le pinceau de l'indifférence, vous allez faire quoi maintenant ?

Bref, tout ça pour dire : et si on se lâchait la grappe un peu ?