mardi 23 avril 2019

Panic ! At The Disco – Du boysband emo aux blazers métalliques


Mardi 19 Mars 2019, il est 20h30 et après un décompte très précis de 10 minutes, Brendon Urie fait son apparition sur scène pour chanter (Fuck A) Silver Lining au milieu des confettis qui ont explosé dès les premières minutes de la chanson. Pas de doute ; je suis à un concert de Panic ! At the Disco.



Question musique, j'ai deux piliers dans ma vie. Deux piliers qui ne changent pas et avec qui j'ai grandi : P!nk et Panic ! At the Disco.

Si vous vous souvenez bien, je vous ai déjà conté mon amour inconditionnel pour P!nk. Si vous ne vous souvenez pas, c'est par ici.

Comme je le disais, il y a donc P!nk et Panic ! At the Disco. Vous allez me dire « Mais enfin She, t'écoutes que des artistes qui ont des points d'exclamation dans leur nom ?! ».
Bon vous n'allez absolument pas me dire ça parce que vous ne l'aviez absolument pas remarqué jusqu'à ce que je vous le dise. Mais si vous étiez poli·es et que vous l'aviez demandé sachez que oui, c'est un critère important (non).

Panic ! At the Disco, c'est un groupe que j'écoute depuis la 5ème. Depuis que j'ai débarqué chez ma meilleure amie qui venait de découvrir deux groupes de rock grâce à une connaissance du Canada : Fall out Boy et Panic ! At the Disco. Et c'est comme ça qu'elle s'est mise à me refiler l'album A Fever You Can Sweat Out, sorti en 2005.


Ils étaient quatre et ils venaient de Las Vegas : Brendon Urie au chant, Ryan Ross à la guitare, John Walker à la basse et Spencer Smith à la batterie. Ils avaient plus de cheveux que de visage et étaient perçus comme le groupe emo du moment.


J'écoute I Write Sins Not Tragedies puis je vois son clip plein de costumes et de paillettes. Je crois que c'est à partir de là que j'ai sombré et que j'ai commencé à porter des noeuds papillons colorés dans les cheveux avec une énorme mèche et un bracelet à piques. En plus à l'époque Audrey Kitching sortait avec le chanteur, autant vous dire LA meuf la plus emo qui soit (même si c'était une scene queen en vérité), c'était raccord.


J'enchaîne l'album et les titres à rallonge. Je ne comprends pas tous les clips (notamment celui où un mime monte un spectacle porno et finit par se battre avec l'amant invisible de sa femme (?!!)) mais j'adore. Mon petit pref de la bande c'est Brendon Urie, pour sa puissance vocale qui dépasse l'entendement et son exubérance folle et celui de ma pote c'est Ryan Ross, plus timide mais tout aussi attachant (pas aussi talentueux mais c'est un autre débat).

Je les écoute en boucle puis on passe au deuxième album : Pretty. Odd. Je suis déçue : le point d'exclamation de leur nom a disparu, les musiques surfent sur un style plus anglais, proche des Beatles. À ce moment là, je n'ose pas le reconnaître, mais le groupe ne me plaît quasiment plus. Pour autant, ils annoncent une date sur Paris au Bataclan alors j'y fonce, toujours avec ma meilleure pote sous le bras, après avoir acheté nos places au Virgin Megastore de Grands Boulevards, pour notre tout premier concert de « grandes », le jeudi 6 mars 2008.


Je n'ai pas aimé ce deuxième album mais ça ne m'empêche pas d'être ravie, d'hurler sur Lying Is the Most Fun a Girl Can Have Without Taking Her Clothes Off, de découvrir une version acoustique absolument géniale de Time To Dance et surtout d'entendre Brendon chanter en live, devant moi, sans cesser de me demander comment il y arrive.


Le point d'exclamation avant tout

Deux ans plus tard le groupe se scinde en deux, suite à des désaccords musicaux. Ryan et John partent de leur côté, Brendon et Spencer restent. Ryan et John voulaient évoluer vers un style plus en accord avec le second album, Brendon et Spencer voulaient innover. Ils gardent le nom du groupe et réhabilitent le point d'exclamation. Je saute de joie, pendant que ma meilleure amie fulmine à cause du départ de Ryan. J'ai parié sur le bon cheval, je suis contente.

Ils sortent un titre, New Perspective, écrit pour le film Jennifer's Body où Meghan Fox trouve normal de manger des gens. C'est sympa, ça met l'eau à la bouche le temps de sortir le troisième album.


Vice and Virtues s'ouvre avec la chanson The Ballad of Mona Lisa et son clip qui fait un bel écho à l'ambiance de I Write Sins not Tragedies version steampunk.


Ils sont de retour, c'est sûr. Je retrouve mon groupe préféré, j'adule Let's Kill Tonight et Hurricane. Je suis apaisée. Ils enchaînent avec Too Weird to Live, to Rare to Die en 2013 où Dallon Weekes (guitariste) devient membre permanent du groupe. 


Leur style a bien changé et j'en suis bizarrement au même point qu'eux (enfin heureusement, je me voyais pas rester emo toute ma vie). Un côté plus moderne, mais toujours aussi cool. Brendon se met à porter des blazers qui brillent, il pète la classe. Je suis fan et je trouve le clip de la chanson This is Gospel génial.


En s'approchant de plus près aux paroles de la chanson, je découvre qu'elle a été écrite par Brendon pour Spencer qui a des problèmes de toxicomanie et d'alcool. Spencer finit par quitter le groupe pour prendre soin de lui et promet de revenir quand ça ira mieux. Dallon Weekes aussi, pour d'autres raisons. Brendon devient le seul membre permanent du groupe. Une chanson, The End of All Things de cet album est consacrée à son épouse, Sarah pour qui il avait déjà écrit Sarah Smiles dans le troisième opus. Les paroles de The End of All Things sont tout simplement ses vœux de mariage.


Bienvenue à Brendon City !


Je sais très bien que Brendon Urie doit sûrement être l'être le plus mégalomane qui existe (sinon pourquoi être le seul membre permanent du groupe ? ) mais devant tant de talent je ne peux que m'incliner. On est en 2016 et c'est la sortie du cinquième album, Death of the Bachelor


Et là, meilleur clip pour Halloween. Emperor's New Clothes est devenue l'une de mes chansons préférées.


Il fait suite à celui de This is Gospel, Brendon y est magistral.
Je retourne en concert, en 2016. Toujours avec ma meilleure amie. Elle n'a pas vraiment suivi la suite de leurs aventures mais elle est toujours aussi contente de les revoir. Brendon a un clavier customisé tout en longueur avec un point d'exclamation géant dessus et que je prends pour un énorme doigt d'honneur à Ryan et John, ça me fait beaucoup trop rire.


En 2018 sort leur dernier album, Pray for the Wicked, qui m'a donc conduite à ce dernier concert, en 2019. Je suis au Zénith, toujours avec elle, entourée d'un public qui a surtout l'air de connaître les derniers albums mais qui a l'air de kiffer tout autant que nous.




Si j'ai eu envie d'écrire cet article, de vous raconter l'histoire de ce groupe, c'est surtout parce que je tenais à vous le faire découvrir, au-delà de sa simple apparence de groupe d'emos, à l'époque. Je voulais aussi vous montrer à quel point ce groupe est lié à une des plus fortes amitiés que j'ai pu vivre.


Je suis tout simplement admirative de Brendon Urie. Je suis fascinée par son acharnement au travail, son univers créatif et son engagement (une association pour les LGBTQI+ et les victimes de racisme).


En fait ce que je trouve génial avec Panic ! At the Disco, c'est qu'au début, je pensais que ce ne serait qu'un groupe de plus sur mon Ipod Nano, même si je trouvais ça très cool et que leur univers m'intéressait. Une sorte de boysband emo et c'est tout. Mais plus les années passaient, plus j'ai vu le groupe évoluer et devenir quelque chose de plus intéressant. J'ai la sensation d'avoir grandi avec eux, du moins avec Brendon Urie.

Ça sonne groupie et à vrai dire je m'en fous. Je m'en cache pas, je suis fan.

J'aimerais bien que vous me racontiez les groupes avec qui vous avez eu la sensation de grandir, qui ont eu un impact important sur vous. Vous les écoutez toujours ?


mardi 16 avril 2019

Parlons grossophobie – « Gros » n'est pas un gros mot


Il y a certains livres qui mériteraient d'être disponibles dans tous les collèges et lycées. Tel était le cas pour Le Grand Mystère des Règles de la talentueuse Jack Parker dont je vous ai déjà parlé ici. « Gros » n'est pas un gros mot est de ceux-là.


Grossophobie (nom féminin) : ensemble des attitudes hostiles et discriminantes à l'égard des personnes en surpoids.

Si vous n'êtes pas en surpoids, il est tout à fait probable que vous n'ayez pas conscience de la violence de notre société envers les personnes qui le sont : nous n'acceptons pas les gros·ses. Non seulement victimes de préjugés, de rumeurs, ils/elles doivent également se démener pour s'habiller, se soigner, trouver du travail et encore bien d'autres choses. On imagine les gros·ses fainéant·es, seul·es responsables de leur situation. Mais est-ce que l'on sait si ce surpoids n'est pas lié à une maladie ? À un trouble psychique ? À n'importe quel autre élément déclencheur ? Et en fait, même si tout cela n'est lié à rien, qu'est-ce qui nous laisse croire que l'on peut juger autrui sans vergogne ?

On ne se pose pas la question

On ne se pose pas la question de savoir jusqu'à quelle taille vont les fringues que nous achetons.
On ne se pose pas la question de savoir comment les gros·ses font pour passer un scanner à l’hôpital alors même qu'on se sent déjà à l'étroit.
On ne se pose pas la question de savoir si les gros·ses peuvent s'asseoir dans des sièges à accoudoirs inamovibles.

On ne se pose pas la question, et c'est bien ça le problème.

Pas de remise en question, pas de compassion. Pourquoi ? Parce qu'on a grandit dans l'idée qu'être gros·se n'est pas la normalité et que de ce fait il n'y avait qu'à perdre du poids pour être de nouveau accepté·e.

Ce livre, sorti il y a bientôt un an, n'a pas pour ambition de glorifier l'obésité. Ce livre a pour ambition de faire prendre conscience aux gens une réalité qui leur paraît invisible. De mettre des mots sur ce qui n'a jamais été dénoncé.

Crédit photo: Jérôme Bonnet pour Libération

Daria Marx & Eva Perez-Bello, les formidables autrices de ce livre, oeuvrent déjà depuis plus longtemps à la lutte contre la grossophobie. Elles ont fondé le collectif Gras Politique leur permettant d'organiser des évènements pour informer, dénoncer, soutenir et réunir. Leur travail est essentiel et important.

J'ai été outrée par les témoignages parsemés tout au long du livre, de l'agressivité avec laquelle les gens interagissent avec les gros·ses. Comme si leur poids leur retirait toute sensibilité, alors qu'on ne s'imaginerait pas s'adresser comme ça aux gens dans la rue. Enfin je ne sais pas, les personnes qui jettent des regards noirs à une grosse en train de s'acheter un panini au fromage à la boulangerie fait-elle la même chose avec le client juste après, qui commande un truc tout aussi gras mais qui est svelte ? Je pose la question mais je connais la réponse : non. 

Comment un être humain normalement constitué peut-il s'adresser à un autre être humain normalement constitué en lui interdisant de monter dans un métro parce qu'il est bondé, à cause de son poids ? De quel droit ?

Croyez-moi bien, j'avais quelques soupçons sur la difficulté des gros·ses à vivre dans notre société mais il m'a bien fallu ce livre pour mesurer l'ampleur des dégâts.

Discrimination à l'embauche, mépris du personnel soignant, achat forcé d'une deuxième place en avion en fonction du poids, « Gros » n'est pas un gros mot fait l'état des lieux de cette réalité réduite au silence. Il permet également de rappeler l'importance de la compassion et des rôles modèles.

Je le disais en intro: ce livre est à mettre entre toutes les mains. Si les gros·ses y trouveront un refuge et un soutien, il est primordial que ce livre soit également lu par les personnes qui justement ne se sentent pas concernées. Histoire de s'informer et de ne plus être complice de ce climat hostile.



mardi 9 avril 2019

Blind-Test OKLM – Oui je parle musique 2 semaines de suite, vous allez faire quoi ?


En tant qu'animatrice de séjours de vacances, s'il y a bien une activité dont je n'arrive pas à me passer, c'est bien les veillées musicales. Et quand je dis veillée musicale, j'estime qu'elle doit contenir au moins un blind-test pour que je puisse m'éclater totalement (comment ça je suis pas un enfant ?). Le problème, c'est que je pars seulement une fois par an en colos (l'été, une à deux colos). Voyez comme c'est peu pour assouvir ma passion du blind-test. Alors oui, je pourrais en organiser avec mes potes, mais figurez-vous que je connais deux personnes qui le font très bien dans l'un de mes coins préférés de Paris:

Bienvenue au Blind-Test OKLM


Un mercredi toutes les deux semaines, Louise Pétrouchka et Florian Fernandes vous accueillent à Petit Bain pour une soirée bien trop cool pour passer à côté. Le Blind-Test OKLM couvre un assez large panel de musiques. En même temps quoi de plus normal pour Louise que l'on connaît de Madmoizelle.com non seulement pour ses talents de community manager et de responsable des podcasts mais aussi pour sa passion de la musique. Parce que oui, figurez-vous que Louise déniche les artistes comme personne. Pour preuve, je vous mets la première vidéo de sa chaîne qui a pour vocation à vous faire découvrir tout plein de gens stylés :


Florian quant à lui est stand-upper et a une connaissance assez pointue de toutes les musiques emo des années 2000. C'est ce qui fait que je me sens si proche de ses goûts musicaux (oui j'ai été emo, j'écoute toujours Panic ! At the Disco). Aussi, il voue un culte à Paramore ce qui contribue également au fait que ce soit une bonne personne.

Bref, vous avez devant vous deux potes bien trop drôles et plus que prêt·es à vous faire passer une super soirée, que demande le peuple ? (Je sais pas quoi penser de cette expression, il y a des jours où je la déteste mais aujourd'hui ça passe, allez savoir pourquoi).

Au programme donc, une heure et demie à deux heures de blind-test, entrecoupées de pauses. D'ailleurs juste avant de faire une pause de 5 minutes, Florian et Louise vous proposeront une variante du jeu. Ça peut aller de deviner une chanson à partir de paroles récitées en français à trouver un film ou une série (ou encore plein d'autres mini-jeux que je vous laisse découvrir par vous même).

Vous avez plutôt intérêt à être vif·ves en donnant vos réponses parce qu'il y a toujours un·e ou deux habitué·es prêt·es à vous dégommer. Crier, donc. Fort. C'est mieux si vous voulez gagner.


À propos de gagner, un truc génial avec cette soirée c'est qu'on ne compte absolument pas les points. Ce qui fait qu'à titre personnel, j'ai gagné 1 million de points dans ma tête à chaque soirée. Et ça, ça remonte pas mal le moral quand on a passé une journée pas ouf à écouter Jacqueline de la compta se plaindre du mauvais temps.

Mais Florian et Louise n'arrivent pas les mains vides. Il y a aussi quelques cadeaux à distribuer de manière absolument aléatoire aux personnes qui trouveront une réponse jugée difficile. Comme vous le démontrera cette photo de Léo, qui a gagné une bande-dessinée mercredi dernier :

Observez le visage de la joie

S'ajoute à cela le fait que la soirée se déroule dans un cadre vraiment pas dégueu : Petit Bain, donc.
Petit Bain est une péniche située non loin de la Bibliothèque François-Mitterrand. Un de mes quartiers pref je vous disais, parce que le meilleur ciné de Paris, don't @ me. Ce qui fait qu'on a une vue franchement agréable tout en sirotant notre pinte ou notre jus de mangue et en hurlant des réponses qui n'ont souvent rien à voir avec la musique en question.

Vue stylée avec plein de reflets

D'ailleurs j'avoue que j'ai remarqué un truc pendant ces blind-tests: souvent quand on est pas sûr·es de la réponse et qu'il y a une guitare, il y a forcément quelqu'un pour répondre Hotel California alors que c'est pas du tout ça. Bon ok c'est souvent moi, je ne vais pas le cacher. Mais je peux vous assurer que je ne suis pas la seule !

Pour couronner le tout après deux heures de folie, Louise enchaîne avec un Djset de qualité. Sachant qu'elle est habituée à mixer pour celles et ceux qui vont aux Grosses Teufs de Madmoizelle ou à la Chronologic de la Machine du Moulin Rouge.

BON C'EST BIEN BEAU TOUT ÇA MAIS ÇA VA NOUS COÛTER COMBIEN TON TRUC SHESHE ?

Ah bah vous faites bien de me demander ! (Je suis humoriste aussi) Le Blind-Test OKLM ne vous coûtera en soi que la modique somme de 0 euro TTC. En vrai, si vous êtes pas un·e malotru·e, vous allez commander un ou deux verres au bar (ou prendre un plateau de fromage et de charcuterie vous faites ce que vous voulez de votre argent, moi ça ne me regarde pas). Mais sinon c'est tout. Si c'est pas trop cool ça ? En tant que gens fauchée je trouve ça cool en tout cas.

Pour les prix, comptez 3 euros le jus ou le soda -, 8 euros la pinte, 10 euros le cocktail. Après libre à vous de commander avant 20h30 pour profiter de l'happy hour. En plus le bar prend la carte sans montant minimum, ce qui est bien pratique quand on est en retard et qu'on a pas le temps de retirer des sous avant (ma vie).

Tout ça pour vous dire, le Blind-Test OKLM c'est stylé et j'ai pas fini d'y rameuter tou·tes mes potes.


Blind-Test OKLM
Petit Bain
7, port de la Gare
75013 Paris
Prochaine date : le 17 avril

mardi 2 avril 2019

Dans mes oreilles – Les reprises sensas'


Si vous me suivez sur Instagram, vous savez que j'ai fini aujourd'hui le 30-day song challenge qui consiste à partager une chanson par jour, selon un calendrier précis.

Si vous ne me suivez pas sur Instagram, grave erreur, voici mon compte : @shetoutcourt


Z'AVEZ VU COMME C'EST COLORÉ ? Allez venez !

Ce mois de partage de musiques m'a donné envie d'aller plus loin. Le quinzième jour, j'ai dû partager une chanson qui devait être une reprise d'un·e autre artiste. Sauf que, Instagram ne propose pas toutes les musiques de la terre sur son petit moteur de recherche. J'ai voulu mettre une chanson que je ne trouvais pas, j'ai dû me résigner et en mettre une autre. Certes, j'appréciais aussi cette musique mais j'ai été frustrée de devoir n'en choisir qu'une, en plus de me restreindre à ce que me proposait l'application. Je vais donc vous proposer une liste de reprises que j'aime tout particulièrement.
Ce n'est pas vraiment la première fois que je parle de musique par ici. Il y a un an et demi déjà j'avais écrit un article où je vous parlais de mes clips préférés de la vie, que vous pouvez lire ici si ça vous chante (on reste dans le champ lexical de la musique parce que je suis professionnelle du blogging). Sans compter ce post qui clamait mon amour pour P!nk. Après si vous les avez pas lu c'est pas de mon fait mais bon, c'est vivement conseillé pour le retour de l'être aimé, quoi. Vous faites comme vous voulez. Mais je me perds. Les reprises, donc !


El Tango de Roxanne Moulin Rouge !

Le jour où j'ai découvert Moulin Rouge !, je dois avouer que j'ai eu d'énormes réticences, au point de couper le film à la fin de la première partie. C'était la première fois que je mettais un pied dans l'univers de Baz Lurhmann et j'aurais clairement dû lire une notice d'utilisation pour ne pas être outrée à chaque chanson. En vrai celle qui m'avait le plus choquée c'était la reprise de Smell Like Teen Spirit que j'ai tout simplement détesté. Et ce n'est même pas dans l'hypothèse où je porterais un amour inconsidéré à Nirvana (ce n'est clairement pas le cas) mais parce que j'avais trouvé ce passage horrible. Bref, tout ça pour dire que j'ai coupé et le lendemain, je me suis tout de même fait violence pour finir le film. HEUREUSEMENT ! Sinon je serais passée à côté de ce bijou qu'est la reprise de Roxanne. Meilleure chanson du film, meilleure scène. Bon en vrai, évitez de regarder si vous ne voulez pas vous faire spoiler le film. Ou alors ne regardez pas la vidéo, mettez juste le son. Mais ce serait dommage. Ça vaut le coup.



Can't Help Falling in Love – Haley Reinhart

Vous connaissez Postmodern Jukebox ? Ce collectif bien trop génial qui reprend des musiques à la sauce rétro/vintage ? Dans le lot, il y a une de mes chanteuses préférées au monde, que j'ai découvert grâce à cette chaîne : Haley Reinhart. Je ne le dis absolument pas objectivement mais ça vaut ce que ça vaut : c'est la meilleure de tout le collectif. Bref, Haley a, pour une publicité, repris la chanson Can't Help Falling in Love. Même si la version de Presley est magique, je ne me lasse pas de la voix d'Haley qui pourrait m'annoncer les pires nouvelles en chantant, que ça passerait bien mieux.



Les Gauloises Bleues – Emma Oscar et Charles Giafferi

Dans cet article où je parlais de chaînes YouTube à suivre, je vous parlais d'Emma Oscar et de sa série « Les Chansons Improbables ». Le concept est simple : elle pioche dans une tasse une chanson improbable proposée par ses abonné·es et se donne une journée pour la travailler et en faire quelque chose de poétique, à son image. Cette série me touche au point d'avoir téléchargé sur son Soundcloud toutes les versions audios pour les écouter de façon random (ici). Sauf qu'Emma ne fait pas que des reprises de chansons kitsch, elle reprend aussi des chansons superbes à la base pour en faire quelque chose de tout aussi merveilleux. C'est le cas avec Les Gauloises Bleues que j'ai eu la chance d'entendre en live à la deuxième soirée de l'association Parler qui est un plateau organisé par Emma elle-même afin de soutenir les victimes de violences sexuelles. Une belle reprise qu'elle a faite avec son ami Charles Giafferi qui a une chaîne de reprises. Toutefois je tiens à préciser qu'Emma ne fait pas que reprendre des musiques puisque son deuxième EP est en cours de route (et j'aurais des choses à vous dire à ce propos... Raison de plus pour me suivre sur Instagram, ha).



No Ordinary Love – You+Me

HAHAHA vous aviez cru échapper à P!nk alors que je parle de musique aujourd'hui ? Quelle erreur ! You + Me, c'est l'incroyable duo de P!nk et Dallas Green formé le temps d'un album, appelé Rose Ave. qui se termine sur cette douce reprise de No Ordinary Love de Sade. Bref P!nk c'est la best, j'y peux rien.



The Greatest Show - Panic ! At The Disco

Même si je n'ai pas (encore) écrit d'article sur Brendon Urie, le chanteur et unique membre permanent du groupe Panic ! At the Disco, sachez que c'est le deuxième pillier de mes goûts musicaux. Voilà c'est dit. Maintenant qu'on est au point là dessus, laissez-moi vous raconter quelque chose d'intéressant à propos du film The Greatest Showman dont cette chanson est extraite :
Je n'ai absolument rien à dire dessus parce que je n'ai pas vu ce film qui a pourtant l'air très bien. Mais cette reprise est vachement cool.



Wayfaring Stranger – The Broken Circle Breakdown

Ne regardez pas ce clip si vous n'avez pas vu le film Alabama Monroe. D'ailleurs, allez matez Alabama Monroe, c'est le film le plus touchant et le plus triste que j'ai pu voir. Du coup évitez d'être dans moment nul quand vous le voyez parce que vous allez perdre foi en l'humanité et en la vie. Ce serait dommage. Et cette reprise... Incroyable.


Je dis  « originale » mais ce n'est pas Johnny Cash qui est à l'origine de cette chanson, il l'a simplement reprise mais je pense que c'est la version la plus connue à ce jour. À l'origine, Wayfaring Stranger est une chanson célèbre du 19ème siècle, et je ne trouve pas de version sur YouTube. Mais si vous avez un lien ce serait sympa de me l'envoyer, siouplé !

mardi 26 mars 2019

Marketing et société – Faut-il croire aux publicités engagées ?


« Tout s’achète : l’amour, l’art, la planète Terre, vous, moi... Surtout moi. L’homme est un produit comme les autres. Avec une date limite de vente. Je suis publicitaire. Je suis de ceux qui vous font rêver des choses que vous n’aurez jamais. Ciel toujours bleu, nanas jamais moches, bonheur parfait retouché sur Photoshop. Vous croyez que j’embellis le monde ? Perdu, je le bousille. »

Octave Parango, 99F, Fréderic Beigbeder.


Alors je suis désolée de faire une entrée aussi clichée avec le passage d'une œuvre qui parle très cyniquement de publicité mais n'oubliez pas que je suis une meuf ultra subversive et que je trempe tous les jours ma plume dans du vitriol (à l'instar d'Adrien Ménielle, finalement).


Plus sérieusement, quoi de mieux que 99F pour se rappeler tout le côté manipulateur des nouvelles publicités qu'on a eu tendance à oublier ces derniers temps ? Je parle bien évidemment du cas des publicités engagées.
On a vu ces derniers temps fleurir un bon nombre de spots marquants, qui laissent place à l'idée qu'il faut changer les choses. Je vous avoue que je ne sais jamais vraiment quoi penser de ces prises de position et je pense que je ne suis pas la seule, c'est pourquoi j'ai décidé de creuser le sujet avec vous aujourd'hui.

La publicité n'a qu'un seul but : nous faire acheter des produits. Ce n'est pas moi qui l'invente, c'est la définition du mot. Le dictionnaire Larousse le dit lui-même (oui il me parle) : « activité ayant pour but de faire connaître une marque, d'inciter le public à acheter un produit, à utiliser un service...etc ».
Et puis d'ailleurs il n'est pas le seul, le site
Trésor de la Langue française le dit aussi : « Action, fait de promouvoir la vente d'un produit en exerçant sur le public une influence, une action psychologique afin de créer en lui des besoins, des désirs; ensemble des moyens employés pour promouvoir un produit »

Bref vous l'aurez compris, tout ce qui est entrepris dans la promotion d'un produit est fait pour que donniez votre argent aux marques. La multiplication des publicités engagées réveille un sentiment plus complexe dans nos têtes puisqu'elle mêle aspect mercantile et pathos.

Je dis pathos parce qu'on a tous et toutes vu au moins une fois une de ces pubs qui ont un message fort, qui nous touchent en plein cœur parce qu'elles semblent aller sur des terrains jamais abordés par le monde de la publicité et parce que les agences font mine de nous comprendre.

Vous ne voyez pas de quoi je parle ? Très bien, voici le dernier spot marquant de Nike, Dream Crazier :



La marque met ici en valeur les femmes, qui sont dépeintes comme des personnes fortes, en parlant des combats qu'elles mènent chaque jour pour être prises au sérieux au lieu d'être considérées comme folles parce qu'elles prennent les choses un peu trop à cœur selon la majeure partie de la société.

À vrai dire, Nike est habitué des pubs qui se veulent engagées ou en tout cas qui suscitent l'admiration de la part des consommateur·ices grâce à leur slogan fort et efficace : Just Do It. Je repense à un spot dont je n'arrive pas à trouver le lien avec un sportif qui racontait son histoire et sa lutte pour récupérer l'usage de ses jambes et sa forme athlétique après un accident grave. C'était une voix off posée sur l'animation d'un petit bonhomme en phase de rééducation qui a atteint son objectif à force de volonté et de travail.

Je n'ai pas fait d'études de commerce donc j'ignore si Nike est réellement la première marque à s'être lancée sur ce terrain là (hors marques véritablement éthiques) mais le temps passant, les autres marques ont commencé à produire des campagnes de ce type.

Grâce à ces campagnes, elles créent un nouveau lien avec les consommateur·ices: un sentiment de proximité. Comme les politiques, elles donnent l'impression d'avoir saisi le message en nous disant directement « je vous comprends ». Mais comme pour les politiques, difficile d'y voir ici une preuve de sincérité. Rapport à l'aspect mercantile de la manœuvre, encore une fois.


Une publicité qui a largement marqué les esprits l'an passé est la pub de Gillette qui aborde la masculinité toxique en mettant en scène des hommes déconstruisant les clichés virilistes qui veulent qu'un homme doit être macho, ne jamais pleurer et être fort pour être considéré comme tel aux yeux de la société.


Face à cette vidéo, on a dit que le spot de Gillette était courageux, qu'il était sensationnel après avoir utilisé pendant tant d'années le slogan « Gillette, la perfection au masculin ».

Ce spot a même réussi à susciter une petite polémique auprès d'hommes absolument contre les nouvelles valeurs que portent la marque et qui pour montrer leur désaccord se sont filmés en train de jeter leurs rasoirs Gillette dans les toilettes. Quels héros !



Outre l'unique visée marketing que cache une campagne engagée, je m'interroge très sérieusement sur la manière d'accueillir ce genre de spots.

D'une part, je me dis qu'elles sont l'indicateur de changements sociétaux et j'ai envie d'y croire. Même si l'on garde à l'esprit que le but ultime d'une marque est de nous vendre un produit, il n'en demeure pas moins que parler de sujets plus engagés, porter de nouvelles valeurs prouve que la société est en pleine évolution et que l'on tend vers quelque chose plus positif.

Typiquement, l'offre de produits végétariens et/ou véganes a explosé ces derniers temps dans les supermarchés parce que les marques de l'industrie agro-alimentaires ont compris qu'il y avait du fric à se faire. Même en gardant cette idée en tête, cela reste bénéfique pour les végétariens et les personnes qui ont un régime végétalien puisqu'elles ont accès à plus de produits correspondant à leur engagement envers les animaux (même si finalement, il ne correspond pas à l'engagement pour la planète puisque la majorité des produits sont vendus dans du plastique mais ce n'est pas vraiment le sujet).

D'autre part, j'ai encore beaucoup de mal à être entièrement enjouée face à une publicité du genre. Je prends l'exemple de Nana qui pendant des années a fait la promotion de serviettes ou de tampons hygiéniques grâce à du liquide bleu pour démontrer les capacités absorbantes de ces produits, ce qui a eu pour conséquence de propager l'idée que les règles sont sales (lisez l'excellent livre de Taous Merakchi sur le sujet, oh bah quel surprise j'en ai fait un article à lire ici !).




Cette nouvelle campagne montre l'utilisation d'un liquide rouge, bien plus proche du sang des règles. Alors certes, c'est une bonne chose pour la fin du tabou des règles et leur acceptation à travers le monde mais c'est aussi une façon de nous rire au nez.

Quand je vois ce spot, je ne peux pas m'empêcher de titler sur le rose de la marque
Nana qui est encore considéré comme la majorité des marques comme une couleur appartenant exclusivement aux femmes et même aux filles, plus précisément et qui donc nourris d'autres stéréotypes.

Et je me rappelle également que
Nana comme Always, leaders du marché, refusent encore et toujours de dévoiler la composition exacte de leurs produits que l'on soupçonne fortement de contenir de la javel pour les rendre aussi blancs. Alors même qu'il s'agit d'un véritable problème sanitaire puisque vous vous douterez que le corps va absorber toutes les substances toxiques contenues dans ces produits.

Autrement, ces marques font un pas vers une valeur nouvelle tout en passant sous silence les autres. Je reprends l'exemple de Nike donne l'impression de lutter pour l'égalité alors que l'entreprise continue de fabriquer ses produits en Inde et en Asie au mépris de la vie humaine à force d'exploitation.

Il y a quelques mois je suis allée voir un film au cinéma et ce n'est pas sans stupéfaction que j'ai découvert cette publicité de Danone :


Danone donne à son public européen l'impression d'un engagement sérieux envers la planète et la préservation de l'environnement. Pour le coup, je n'ai a aucun moment été émerveillée par cette pub et j'ai même été plutôt énervée. Pourquoi ? Tout simplement parce que Danone est à l'origine d'un pur scandale sanitaire en Indonésie.

La célèbre émission d'Élise Lucet,
Cash Investigation (à retrouver ici, à partir d'1h24min) révélait en 2015 que l'entreprise mettait en vente un lait en poudre ayant causé des cas de malnutrition, de déshydratation voire même de mort chez les bébés qui en ont consommé. Pourquoi ? Parce que le lait en poudre par définition doit être mélangé à de l'eau. Sauf qu'en Indonésie, l'eau n'est pas toujours potable.

Le gouvernement avait interdit la promotion de ce produit dans le pays mais le géant agro-alimentaire a contourné cette interdiction en rémunérant par des cadeaux les sages-femmes qui encourageaient les mères hospitalisées à utiliser ce produit en remplacement de l’allaitement, alors même que l'allaitement est conseillé dans les 6 premiers mois de la vie d'un nourrisson, selon l'Organisation Mondiale de la Santé.

Sans même avoir à les convaincre, les médecins ont même forcé certaines mères à habituer leurs bébés au lait en poudre en ignorant volontairement le fait que leur niveau de vie ne leur permettait pas d'acheter ce lait une fois rentrées à la maison, conduisant ces femmes à diluer le produit dans de l'eau non potable et à ces graves problèmes de santé.

Élise Lucet, ma meuf sûre.

L'exemple est extrême et c'est voulu. Ici la marque se fout entièrement de vous et dans le même temps vous faire croire à un engagement pour la planète.

Donc finalement, que penser de cette facette du marketing ?

L'idée de cet article n'est absolument pas de vous dicter une façon de penser, qui suis-je pour le faire (et de toute façon je pars du principe que personne sur Terre ne doit le faire) ? Je souhaite plutôt vous inciter à réfléchir et échanger avec moi sur le sujet, malgré un titre un peu aguicheur...

Les mentalités changent et la publicité doit à mon sens forcément passer par ces campagnes pour enclencher ces changements. Mais il faut toujours garder à l'esprit l'unique but mercantile de ces entreprises.

J'aimerais pouvoir dire que je ne me fais jamais manipuler par les marques mais c'est complètement faux et le monde entier est sans cesse manipulé (sauf peut-être Pierre Rabhi). Pour autant je m'efforce de faire travailler mon objectivité pour éviter autant que possible de me faire avoir.

Toujours est-il que j'ai un sentiment très inconfortable une fois passé la satisfaction de voir un nouveau spot de publicité engagé. Et je ne sais pas si je suis la seule.
Vous en pensez quoi vous, de toutes ces publicités engagées ?