Je lisais la semaine dernière cet article de Mymy pour Rockie qui parlait du fait de prendre soin de soi. Ou plutôt, du fait qu'elle ne savait pas prendre soin d'elle. Qu'elle n'était pas capable de se préparer un bon petit plat et qu'elle mangeait de façon mécanique quand elle était seule. Cet article je l'ai ressenti. Il m'a touché parce que même si nos vécus sont assez différents, j'ai réussi à mettre les mots sur quelque chose qui me préoccupe depuis bien longtemps : je n'ose pas exister. Alors je sais, ça paraît un peu abrupt dit comme ça, mais laissez-moi vous expliquer la situation.
J'ai des souvenirs très précis de moi en vacances ou en colonies de vacances, quand j'étais jeune, où je me vois refuser de défaire sa valise. Je ne voulais absolument pas étaler mes affaires et perdre le risque de les perdre. Je rangeais tout consciencieusement, en faisant bien attention à ce que tout soit nickel. Vous voyez ce que je veux dire ?
Je me rappelle, quand j'ai emménagé dans mon appartement, expliquer à ma meilleure amie que j'avais souvent froid à la maison et que je ne faisais pas rien pour être plus à l'aise. Je n'achetais pas de tapis alors que j'en manquais cruellement pour retenir un peu la chaleur, je ne prenais pas de plaids qui tenaient bien chaud ou des accessoires du genre. Parce que le cocooning a beau être un concept qui me plaît beaucoup dans l'idée, passe difficilement de l'idée aux actions. En partant de la maison ce soir-là, elle m'a fait promettre de changer ça. J'ai fini par acheter un tapis. Ce n'était peut-être pas grand chose en soi mais pour moi c'était déjà une énorme avancée !
Aujourd'hui, je m'en rends encore plus compte : mon copain adore la musique. Il en met très souvent. Et c'est toujours trop fort pour moi. Alors qu'objectivement, le niveau n'est pas du tout exagéré. Mais j'ai toujours peur de déranger mes voisins. Pareil quand je reçois. Je demande toujours à mes convives de faire beaucoup moins de bruit le soir. Même si on n'entend pas grand chose de base (donc je préfère ne pas recevoir chez moi le soir, vous l'aurez compris). Les bruits de voisinage, j'ai connu ça. Mais c'est aussi parce que l'appartement juste à côté de moi a les murs très fins et que je connais leurs horaires de travail qui sont excessivement matinaux. Et au lieu de me contenter de faire du bruit comme une personne normale (c'est-à-dire modérément, sans en faire des caisses), eh bien j'ai fait en sorte de vivre comme un ninja. Au point qu'ils m'aient déjà demandé si j'étais souvent à l'appartement tellement ils n'entendaient rien.
La première année où j'ai rejoint Les Internettes, j'ai eu la chance de m'occuper du concours des Pouces d'Or. En remerciements, les filles m'avaient fait l'énorme surprise de m'offrir un massage (encore merci olala). Un massage que j'ai mis un an à aller faire. Je me suis faite masser deux fois par des pros dans ma vie : une fois parce que c'était le cadeau de la mère d'une amie et cette fois-là. Mon budget ne me permet certes pas de me payer ça tous les mois, mais j'ai été surprise par mon état de détente en sortant de là.
Je ne pas faire semblant de ne pas le voir : je sais pertinemment que cette attitude de jeune enfant timide qui n'ose pas élever la voix, je l'ai adoptée à cause de cette société qui pousse les femmes à se faire les plus petites possible. À rester polie et calme en toutes circonstances.
Ce comportement, je pense que je le tiens de ma mère, qui m'a certes toujours bien appris à être polie et respectueuse, mais je pense avoir fait un peu trop de zèle là-dessus et je me suis donc retrouvée à faire en sorte de ne pas exister. Parce que je ne savais pas trouver le juste milieu entre avoir une attitude convenable et m'effacer totalement. Et puis il faut savoir que ma mère est exactement comme ça.
Je vais vous raconter anecdote un peu trash donc ne lisez pas les prochaines lignes si le concept de brûlure est quelque chose qui vous perturbe : quand elle était petite, vers 11 ans, ma mère a fait tomber le fer à repasser qu'utilisait ma grand-mère. Mais au lieu de crier, elle a simplement pleuré sans un mot en attendant que ma grand-mère s'en rende compte. Et elle n'a pas fait ça parce qu'elle ne ressentait rien, au contraire. Mais parce qu'elle avait peur de déranger.
Est-ce que vous réalisez à quel point elle a dû être conditionnée pour en oublier un instinct de survie ?! Le jour où on m'a raconté ça, je ne voyais pas ce que ça pouvait dire sur la personnalité de ma mère (j'étais bien trop jeune), mais avec le recul, je me rends compte à quel point cette histoire m'inquiète pour la place que s'accordait ma mère pour vivre (ma grand-mère est une personne adorable, ne vous en faites pas pour ça). Et j'avoue que c'est un peu bizarre de vous déballer comme ça une histoire aussi personnelle, mais je pense qu'elle était nécessaire pour que vous compreniez mon message.
Ce comportement, je pense que je le tiens de ma mère, qui m'a certes toujours bien appris à être polie et respectueuse, mais je pense avoir fait un peu trop de zèle là-dessus et je me suis donc retrouvée à faire en sorte de ne pas exister. Parce que je ne savais pas trouver le juste milieu entre avoir une attitude convenable et m'effacer totalement. Et puis il faut savoir que ma mère est exactement comme ça.
Je vais vous raconter anecdote un peu trash donc ne lisez pas les prochaines lignes si le concept de brûlure est quelque chose qui vous perturbe : quand elle était petite, vers 11 ans, ma mère a fait tomber le fer à repasser qu'utilisait ma grand-mère. Mais au lieu de crier, elle a simplement pleuré sans un mot en attendant que ma grand-mère s'en rende compte. Et elle n'a pas fait ça parce qu'elle ne ressentait rien, au contraire. Mais parce qu'elle avait peur de déranger.
Est-ce que vous réalisez à quel point elle a dû être conditionnée pour en oublier un instinct de survie ?! Le jour où on m'a raconté ça, je ne voyais pas ce que ça pouvait dire sur la personnalité de ma mère (j'étais bien trop jeune), mais avec le recul, je me rends compte à quel point cette histoire m'inquiète pour la place que s'accordait ma mère pour vivre (ma grand-mère est une personne adorable, ne vous en faites pas pour ça). Et j'avoue que c'est un peu bizarre de vous déballer comme ça une histoire aussi personnelle, mais je pense qu'elle était nécessaire pour que vous compreniez mon message.
Je veux être plus à l'aise. Chez moi, en vacances, ou autre part. Bon en colonies je n'ai pas trop le choix parce que maintenant que je suis animatrice, vu le peu de temps que j'ai pour me préparer si je dois me déguiser, m'habiller ou me changer pour dormir, je risque de ne pas survivre aux séjours si je ne défais pas ma valise pour pouvoir attraper mes affaires facilement. Le réflexe n'est pas simple à adopter et je ne vous dit pas que du jour au lendemain je vais réussir à m'acclimater. Mais peu à peu, je commence à sortir de ma coquille. Et je dois une fière chandelle au féminisme là dessus. J'ai appris que je n'avais pas à m'excuser d'exister, ce qui est quand même super quand on est un être humain.
Et je ne compte pas m'arrêter là (à moi les plaids queue de sirène et autres bouillottes, ha!)



