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mardi 26 mai 2020

Mieux se connaître ? – Le développement personnel et moi

J'aurais pu avoir l'idée de ce sujet il y a bien longtemps, mais allez savoir pourquoi je ne l'ai jamais fait. Enfin si, je crois savoir pourquoi, parce que je n'étais pas sûre d'avoir un avis tranché sur la question et étant en pleine interrogation, je me demandais s'il était vraiment pertinent d'écrire là-dessus. Le développement personnel a longtemps été une énigme pour moi et je vais vous raconter tout ça.



Le développement personnel pourrait se définir comme une philosophie de vie qui encourage à l'apprentissage de soi. Il permet de mieux se connaître soi-même et comprendre ses réactions.


Je ne sais pas si c'est plutôt grâce aux contenus que l'on trouve sur YouTube ou plutôt ceux d'Instagram que j'ai découvert le développement personnel. Mais je me souviens avoir d'abord été intriguée, puis intéressée, puis méfiante, pour finir par avoir une opinion fluctuante sur le sujet (ouais je sais je vous avance bien).


Déjà intriguée, parce que c'est quand même un curieux passe-temps pour quelqu'un qui n'a jamais entendu parler de cette discipline. Puis intéressée parce qu'en soi le principe est stylé. Ben oui, c'est quand même cool d'avoir l'opportunité de travailler à mieux se comprendre. Parce que bon, on est bloqué·es pour un bout de temps dans notre propre personne, alors autant apprendre à se connaître, ça peut être utile. Mais ensuite, j'ai vite été méfiante.


Méfiante, parce que plus je creusais le sujet, plus je tombais sur des ouvrages ou des programmes bullshit qui vous font croire que tout n'est que volonté dans la vie et qu'il suffit d'avoir suffisamment de motivation pour réussir tout ce qu'on entreprend. Bien sûr, il existe des contenus de développement personnel auxquels je suis tout simplement imperméable parce que ça ne me parle pas. Mais là je parle des vraies arnaques qui pourraient vous coûter une fortune (charlatanisme is everywhere).


À propos des techniques qui ne marchent pas sur moi, typiquement, je suis très réticente au concept de Miracle Morning.



Le Miracle Morning est une routine proposée par Hal Elrod qui a fait fureur il y a quelques années seulement. Le principe ? Mettre son réveil une heure plus tôt pour avoir le temps de faire ce qu'on ne prend pas le temps de faire d'ordinaire : lire, méditer, faire du sport, bref, tout ce qui vous arrange de faire. La méthode s'est vite répandue notamment parce que Tim Cook (patron d'Apple) ou Marissa Mayer (patronne de Yahoo) s'y sont mis. Et fatalement, comme beaucoup de gens cherchent à faire prospérer leurs divers projets, certains sont également prêts à suivre la routine de celles et ceux qu'ils considèrent comme des modèles de réussite.


Plusieurs raisons me poussent à rejeter le Miracle Morning. Déjà parce que tout ce qui est méditation et yoga sont des trucs qui m'emmerdent mais aussi parce que je ne crois pas qu'il faille ronger dans son sommeil pour trouver du temps pour ça. Selon moi, il s'agirait plutôt de mieux s'organiser pour pouvoir accorder plus de temps aux choses que l'on aimerait mettre au centre de sa vie. Bon après évidemment, si on réfléchit un peu l'idée c'est aussi de se coucher plus tôt, mais combien de personnes ont-elles vraiment appliqué cette partie-là du concept pour se concentrer sur l'aspect « moins dormir pour faire plus de choses » ? Je vous le demande. Naturellement, s'il y a des gens heureux et épanouis grâce à ça, c'est tant mieux. Mais ce n'est pas pour moi.


J'ai aussi lu le livre le livre #Girlboss de Sophia Amoruso dont j'ai parlé ici et que j'ai détesté sur plein de points.



Puis en fait, en y réfléchissant un peu, je me suis dit que quand même, il devait forcément exister des contenus cools qui permettent vraiment de se tirer vers le haut pour mener à bien ses projets ou tout simplement mieux vivre en tête-à-tête avec soi-même (coucou -M- si tu passes par là j'adore ce que tu fais merci d'être aussi pipou).


Et soudain le miracle était arrivé, par l'incarnation de la merveilleuse Lilly Singh.


Lilly Singh, si vous ne la connaissez pas, c'est une meuf tout bonnement incroyable. Vidéaste canadienne d'origine indienne, Lilly a décidé de prendre sa vie en main pour tenter de sortir de sa dépression dans les années 2010. Pendant un an, elle a créé, écrit des sketchs, proposé des vidéos de danse en essayant de trouver un nouveau sens à sa vie en faisant des choses qu'elle aimait. Sa chaîne, IISuperwomanII a littéralement explosé et compte aujourd'hui presque 15 millions d'abonné·es.


Aujourd'hui, Lilly est la première femme d'origine indienne et ouvertement bisexuelle a présenter un late show, A little late with Lilly Singh. Late show qu'elle a inauguré en prononcant la phrase : « Salut, mon nom c'est Lilly et je ne suis pas un homme blanc ».



Pour parler de son expérience et donner ses conseils, Lilly a écrit un livre qui m'a passionné, appelé Comment Devenir la Mégaboss de ta Super Vie. Si le titre m'avait un peu refroidie au début, je peux vous assurer que c'est un véritable boost d'énergie pour toutes les meufs qui chercheraient à faire prospérer leurs projets. Lilly n'hésite pas à parler de ses échecs, de ses déceptions et fait le parallèle de sa vie actuelle et sa dépression tout au long du bouquin. C'est touchant, vrai et surtout très bienveillant.




Il y a aussi tout un tas de comptes Instagram et de chaînes YouTube f
eel good qui est clairement du développement personnel sans forcément le clamer haut et fort.

Je pense au compte Instagram de MyBetterSelf, à la chaîne YouTube de Coline ou d'Élise Francisse, bref des gens que je passe ma vie à citer parce quand j'aime je le fais avec très peu de mesure.


Bref mieux se connaître, c'est cool. Mais pour pouvoir creuser le sujet et apprendre à se tolérer un peu plus, le tout c'est de trouver la formule qui nous convient. Elle peut donc totalement varier d'une personne à une autre, en fonction de nos personnalités.


L'important c'est donc de tester et de ne pas forcer avec ce qui ne marche pas si l'on souhaite vraiment creuser ce sujet.

mardi 12 mai 2020

Mieux se connaître – Ce que le confinement m'a appris de moi

Nous sommes loin d'en avoir fini avec cette pandémie. Ça, c'est évident. Mais avec la fin du confinement officiel hier, je me suis dit qu'il serait intéressant de parler de cette période assez trouble. Je pense qu'à différents niveaux, nous avons toutes et tous appris quelque chose d'assez significatif sur nos propres personnalités pendant tout ce temps où nous étions enfermé·es. Cette période assez singulière, puisque inédite, a forcément chamboulé pas mal de choses dans nos habitudes, même pour les personnes qui continuaient de travailler depuis chez elles. Moi par exemple, en continuant de travailler à distance, j'ai quand même eu l'occasion d'apprendre plusieurs trucs sur moi. Et il y a du bon comme du moins bon.


De manière générale, j'ai été assez surprise du nombre de messages d'encouragements que j'ai pu voir passer sur Insta par exemple. Même si malheureusement j'ai également pu constater beaucoup de blagues grossophobes ainsi qu'un certain nombre de stories sur le fait de devoir absolument manger healthy, je tiens quand même à féliciter tous ces comptes qui ont continué de diffuser des messages positifs sur les réseaux sociaux pour contrebalancer. Je pense que toutes ces prises de parole ont permis à certaines personnes d'être plus sympas envers elles-mêmes et c'est vraiment ce genre de discours qu'il faut encourager sur les réseaux, à mon sens. Parce que même des personnes qui ont un caractère bien trempé et qui ne sont pas facilement influencées par les injonctions peuvent parfois, dans des moments où elles se sentent tristes ou déprimées, peuvent tomber sur ces injonctions et se laisser entraîner vers le fond des abysses.


Pour ce qui est de mon bilan personnel, pour le positif, je me suis rendue compte qu'il m'était assez facile de maintenir le rythme de travail que j'avais déjà, même s'il a pour ça fallu passer par un temps de flottement. Comme je vous le racontais au début du confinement, j'ai été happée par toutes les informations anxiogènes qui nous venaient de partout, ce qui ne m'a pas du tout aidé à rester concentrée sur mon travail, qui était pourtant une belle porte de sortie vers autre chose que cette situation. Moi qui craignait que mes journées deviennent anarchiques, finalement, en gardant les mêmes heures de sommeil, tout est resté à peu près stable.

J'en parlais dans l'un de mes autoportraits publiés sur Instagram : j'ai un rapport émotionnel à la nourriture et ce depuis un bon moment. Persuadée que je n'arriverais jamais à m'en détacher (si vous êtes dans cette même situation, vous devez savoir à quel point il est difficile de regrouper assez de force pour dépasser ça), j'ai miraculeusement développé un nouveau rapport à la nourriture qui est complètement sorti de nulle part. Je ne m'étais fixée aucun objectif, mais il s'avère que les choses se sont faites toutes seules. Mais je ne me voile pas la face : je sais que c'est en partie parce que mon copain s'occupe lui-même de faire les courses et que les restaurants sont actuellement fermés. Pour autant, je n'ai pas envie de me précipiter au Carrefour du coin pour aller me chercher 4 barquettes de raviolis au fromage et ça je trouve que c'est une belle avancée sur moi-même et cette addiction que j'avais. Bien entendu, j'attends de voir comment je vais réagir lorsque les restaurants seront de nouveau ouverts mais toujours est-il que je suis assez fière de moi sur le sujet.


Si plein de points positifs ont pu se dégager de ce confinement, je me suis également rendue compte d'autres réactions qui pouvaient être plus alarmants et auxquels je devais absolument faire attention. Par exemple, le stress.

Ce ne sera pas une surprise pour mes proches qui me liront : je stresse énormément de manière générale. Pourtant, j'ai longtemps été tout l'inverse de cette personne qui se met à paniquer au moindre obstacle. Et je suis persuadée que le confinement ne m'a pas aidé là-dedans. À force d'avoir le nez dans ses propres affaires sans avoir la possibilité de pouvoir se changer les idées en allant boire une bière avec les potes, je pense que je suis vite devenue zinzin à ce niveau. Mais j'essaye de voir le bon côté des choses : j'en ai pris conscience et surtout j'ai compris que je faisais des crises d'anxiété. Pouvoir poser des mots sur ce qui m'arrive m'aide déjà à mieux prendre en main tout ça. La difficulté étant de pouvoir prendre du recul sur ces situations où tout me paraît insurmontable. Plus facile à dire qu'à faire, effectivement, mais je crois que ce qui marche le mieux pour moi dans ces moments là est de tout couper et de faire complètement autre chose pour ne pas rester bloquée mille ans sur ce truc qui n'est pas aussi énorme si on prend la peine de voir les choses plus globalement. Et d'ailleurs à ce propos il faut que je m'imprime des feuilles de coloriages parce que c'est une activité qui me permet de me vider la tête (essayez si vous aussi vous cherchez des tips de ce genre, personnellement ça fonctionne assez bien.

Mon goal ultime

Dans les autres points moins réjouissants mais qui restent positifs à partir du moment où j'en ai pris conscience, c'est ma surcharge de travail. Détrompez-vous : j'adore travailler sur plein de projets différents, je fais ce qui me plait et je parle de ce dont j'ai envie, c'est absolument vrai. Pourtant, le confinement m'a mise face à un constat : au jour le jour, je cherche à trop vouloir en faire d'un coup et à me mettre des objectifs inatteignables, ce qui me met dans un état de déception à la fin de la journée. À l'heure où je vous écris, j'ai actuellement neuf tâches écrites sur ma to do list. Ce problème est donc loin d'être réglé. Parce que même si j'essaye d'échapper aux diktats de la productivité, je ne vais pas vous mentir : je suis assez mauvaise à ce jeu. Mais je ne désespère pas et compte bien ralentir la cadence quand je n'aurais plus un mémoire et un rapport de stage à rendre d'ici très peu de semaines (en tout cas j'y crois, j'espère que vous aussi, ce serait bien gentil de votre part).

Finalement, le confinement m'a appris que je n'avais pas trop de mal à rester cloîtrée chez moi en soi. C'était déjà un peu le cas lorsque j'avais redoublé en Droit et que je n'avais que très peu de cours à rattraper. Et ça m'a tout de même fait plaisir de constater que je n'étais pas prête à massacrer le moindre être humain qui s'adressait à moi pendant cette période (ne pas être une psychopathe, un bel objectif de vie finalement). Ça me rassure également sur ma capacité à m'adapter. D'ailleurs de manière générale, je pense qu'on peut toutes et tous se féliciter sur ce point, puisque le confinement a vraiment bousculé nos vies et que même si nous n'avons pas eu d'autre choix que de nous adapter, nous avons quand même réussi à tenir tout ce temps.


Comme je le disais donc, l'important pour moi pendant ce confinement aura été de prendre conscience des choses que je devais régler avec moi-même. Parce que même si je ne fais pas des masques de beauté chaque semaine, c'est aussi une manière de prendre soin de soi et c'est même carrément plus important pour être plus à l'aise dans ses baskets. Et c'est bien cool d'en être arrivée là.

Et vous, qu'est-ce que vous avez appris sur vous pendant ce confinement ?

mardi 28 avril 2020

Petite fille sage – Je n'ose pas exister

Je lisais la semaine dernière cet article de Mymy pour Rockie qui parlait du fait de prendre soin de soi. Ou plutôt, du fait qu'elle ne savait pas prendre soin d'elle. Qu'elle n'était pas capable de se préparer un bon petit plat et qu'elle mangeait de façon mécanique quand elle était seule. Cet article je l'ai ressenti. Il m'a touché parce que même si nos vécus sont assez différents, j'ai réussi à mettre les mots sur quelque chose qui me préoccupe depuis bien longtemps : je n'ose pas exister. Alors je sais, ça paraît un peu abrupt dit comme ça, mais laissez-moi vous expliquer la situation.


J'ai des souvenirs très précis de moi en vacances ou en colonies de vacances, quand j'étais jeune, où je me vois refuser de défaire sa valise. Je ne voulais absolument pas étaler mes affaires et perdre le risque de les perdre. Je rangeais tout consciencieusement, en faisant bien attention à ce que tout soit nickel. Vous voyez ce que je veux dire ?



Je me rappelle, quand j'ai emménagé dans mon appartement, expliquer à ma meilleure amie que j'avais souvent froid à la maison et que je ne faisais pas rien pour être plus à l'aise. Je n'achetais pas de tapis alors que j'en manquais cruellement pour retenir un peu la chaleur, je ne prenais pas de plaids qui tenaient bien chaud ou des accessoires du genre. Parce que le cocooning a beau être un concept qui me plaît beaucoup dans l'idée, passe difficilement de l'idée aux actions. En partant de la maison ce soir-là, elle m'a fait promettre de changer ça. J'ai fini par acheter un tapis. Ce n'était peut-être pas grand chose en soi mais pour moi c'était déjà une énorme avancée !

Aujourd'hui, je m'en rends encore plus compte : mon copain adore la musique. Il en met très souvent. Et c'est toujours trop fort pour moi. Alors qu'objectivement, le niveau n'est pas du tout exagéré. Mais j'ai toujours peur de déranger mes voisins. Pareil quand je reçois. Je demande toujours à mes convives de faire beaucoup moins de bruit le soir. Même si on n'entend pas grand chose de base (donc je préfère ne pas recevoir chez moi le soir, vous l'aurez compris). Les bruits de voisinage, j'ai connu ça. Mais c'est aussi parce que l'appartement juste à côté de moi a les murs très fins et que je connais leurs horaires de travail qui sont excessivement matinaux. Et au lieu de me contenter de faire du bruit comme une personne normale (c'est-à-dire modérément, sans en faire des caisses), eh bien j'ai fait en sorte de vivre comme un ninja. Au point qu'ils m'aient déjà demandé si j'étais souvent à l'appartement tellement ils n'entendaient rien.

La première année où j'ai rejoint Les Internettes, j'ai eu la chance de m'occuper du concours des Pouces d'Or. En remerciements, les filles m'avaient fait l'énorme surprise de m'offrir un massage (encore merci olala). Un massage que j'ai mis un an à aller faire. Je me suis faite masser deux fois par des pros dans ma vie : une fois parce que c'était le cadeau de la mère d'une amie et cette fois-là. Mon budget ne me permet certes pas de me payer ça tous les mois, mais j'ai été surprise par mon état de détente en sortant de là.


Je ne pas faire semblant de ne pas le voir : je sais pertinemment que cette attitude de jeune enfant timide qui n'ose pas élever la voix, je l'ai adoptée à cause de cette société qui pousse les femmes à se faire les plus petites possible. À rester polie et calme en toutes circonstances.

Ce comportement, je pense que je le tiens de ma mère, qui m'a certes toujours bien appris à être polie et respectueuse, mais je pense avoir fait un peu trop de zèle là-dessus et je me suis donc retrouvée à faire en sorte de ne pas exister. Parce que je ne savais pas trouver le juste milieu entre avoir une attitude convenable et m'effacer totalement. Et puis il faut savoir que ma mère est exactement comme ça.

Je vais vous raconter anecdote un peu trash donc ne lisez pas les prochaines lignes si le concept de brûlure est quelque chose qui vous perturbe : quand elle était petite, vers 11 ans, ma mère a fait tomber le fer à repasser qu'utilisait ma grand-mère. Mais au lieu de crier, elle a simplement pleuré sans un mot en attendant que ma grand-mère s'en rende compte. Et elle n'a pas fait ça parce qu'elle ne ressentait rien, au contraire. Mais parce qu'elle avait peur de déranger.

Est-ce que vous réalisez à quel point elle a dû être conditionnée pour en oublier un instinct de survie ?! Le jour où on m'a raconté ça, je ne voyais pas ce que ça pouvait dire sur la personnalité de ma mère (j'étais bien trop jeune), mais avec le recul, je me rends compte à quel point cette histoire m'inquiète pour la place que s'accordait ma mère pour vivre (ma grand-mère est une personne adorable, ne vous en faites pas pour ça). Et j'avoue que c'est un peu bizarre de vous déballer comme ça une histoire aussi personnelle, mais je pense qu'elle était nécessaire pour que vous compreniez mon message.


Je veux être plus à l'aise. Chez moi, en vacances, ou autre part. Bon en colonies je n'ai pas trop le choix parce que maintenant que je suis animatrice, vu le peu de temps que j'ai pour me préparer si je dois me déguiser, m'habiller ou me changer pour dormir, je risque de ne pas survivre aux séjours si je ne défais pas ma valise pour pouvoir attraper mes affaires facilement. Le réflexe n'est pas simple à adopter et je ne vous dit pas que du jour au lendemain je vais réussir à m'acclimater. Mais peu à peu, je commence à sortir de ma coquille. Et je dois une fière chandelle au féminisme là dessus. J'ai appris que je n'avais pas à m'excuser d'exister, ce qui est quand même super quand on est un être humain.

Et je ne compte pas m'arrêter là (à moi les plaids queue de sirène et autres bouillottes, ha!)

mardi 31 mars 2020

De la danse et des blagues – TikTok, le réseau social de 2020





Lancée en 2016 en Chine, TikTok est très vite devenue l’une des applications les plus populaires au monde. Le principe ? De courtes vidéos couplées à de la musique que l’on peut faire seul·e ou plusieurs (et même à distance). Sur TikTok il y a beaucoup d’humour, de quoi nous rappeler ce bon vieux Vine, le petit frère de Twitter qui permettait de créer des vidéos de 6 secondes et qui a longtemps été ma chose préférée (sans jamais y avoir été inscrite, belle prouesse), comme en témoigne ma vidéo fétiche :




TikTok ce n’est pas que de l’humour, c’est aussi beaucoup de chorégraphies et de tendances avec des défis à reproduire.




Beaucoup l’ont annoncé en 2019 : TikTok deviendrait encore plus populaire en 2020. Et c’est bien ce qui est arrivé. Mais ce que nous ignorions à ce moment-là, c’est à quel point le confinement propulserait la plateforme encore plus loin. Théotime, un utilisateur de 20 ans, dit s’être inscrit il y a peu de temps : “au début du confinement donc deux semaines à peu près”. Pour Anna, 21 ans, son réel intérêt pour l’application s’est également précisé à ce moment-là : “j'avais téléchargé l'appli il y a un an déjà, mais à l'époque je n'avais pas vraiment pris le temps d'essayer de comprendre comment ça marchait, j'avais dû tenir environ 3 jours dessus puis j'avais désactivé mon compte. Du coup il y a environ 2 semaines je m'y suis remise parce que j'avais envie de recréer certaines des chorés avec mes petites soeurs comme je suis confinée avec elles”. Même chose pour Court, vidéaste et influenceuse : “j’ai commencé à regarder du contenu sur TikTok il y a plusieurs mois, j’ai commencé à en faire il y a à peu près deux semaines”.


Ce qu’il y a de pratique avec TikTok, c’est qu’une fois l’appli installée, tout est très facilement accessible : au premier clic sur la plateforme, un rapide tuto se lance pour montrer les différentes façons de naviguer sur le réseau social. Pas plus de deux secondes de démo que nous nous trouvons déjà dans cet océan de contenu. Si on a l’habitude d’Instagram, on prend vite ses marques : une barre de navigation en bas de l’écran avec les onglets “Accueil”, “Découvrir”, “Poster”, “Boîte de réception et profils”. Sur le côté droit, les différentes informations concernant le compte : le nombre de likes, de commentaires et un bouton de partage.




La popularité de TikTok s’est accrue grâce aux possibilités qu’elle offre pour créer des vidéos rapidement. “Ce qui me plait dans ce réseau c’est l’interface facile à utiliser, et qui offre énormément de possibilités avec un seul son. Les gens sont vraiment créatifs et on va avoir 1 000 vidéos différentes (dans la création, l’intérêt, la réalisation) avec la même musique”, explique Court, qui a commencé à créer du contenu sur sa chaîne YouTube et qui se dit désormais plus à l’aise avec TikTok : “j’ai plus de facilités à créer sur TikTok, ça me demande moins de temps, je ressens moins de pression, et j’ai l’impression de pouvoir poster quand je veux sans que ça influe sur la visibilité”. Les hashtags viraux se démultiplient à perte de vue, ce qui incite les gens à créer.


TikTok a également explosé ces derniers mois grâce à ses nombreux partages sur d’autres réseaux sociaux : le contenu tiré de la plateforme ne cesse de voguer sur Twitter et Instagram. Encore heureux, sinon je n’aurais jamais eu l’occasion de pouvoir découvrir cette MERVEILLE (j’écris en caps lock pour montrer à quel point je pèse mes mots) :




C’est également ce qui a permis à Éloïse, 20 ans, de découvrir la plateforme : “je suis très active sur Twitter et il y avait de plus en plus de vidéos de TikTok qui me faisaient rire sur Twitter, ça m’a donné envie d’en voir plus”.


Si certains se sont inscrits dans le but de créer des vidéos dès le départ, beaucoup ont simplement voulu voir ce qu’il s’y faisait, histoire de rire un peu : “c'est un dépaysement cérébral, une ventilation cérébrale, faire que je m'autorise à rire, à me déconnecter du quotidien” raconte Gwena, 50 ans. Même chose pour Alison, 23 ans  “je ne ressens pas l'envie d'en faire, mais j'aime vraiment découvrir de nouveaux TikTok à chaque connexion”.


Sauteront-elles le pas un jour ? “C'est possible qu'à mon tour je puisse envoyer des vidéos sur TikTok, pour rendre aux autres les fous rires qui me font tant de bien et me permettre d'être moi-même, quelqu'un d'humain, qui a de l'humour et qui aime bien rigoler, s'amuser” répond Gwena.


Côté communauté, les impressions divergent : “j'ai l'impression de pouvoir poster de la merde sans que des personnes de mon entourage se foutent de ma gueule” confie Ana. Alison qualifie quant à elle la communauté TikTok de “particulière”, “rien avoir avec Youtube par exemple”. Même si elle déplore la présence de quelques trolls, elle précise “TikTok, c'est beaucoup d'interactions dans la création et ça change les liens de la communauté”. Pour Théotime celle-ci est “plutôt jeune et beaucoup moins agressive que sur d'autres réseaux sociaux”. Et c’est le cas de le dire ! Au début de son utilisation et jusqu’à l’an dernier, la principale cible du réseau social était les pré-ados et les ados.


Mais le ressenti de Théotime n’est pas que positif : “je trouve que la communauté ne se remet pas beaucoup en question. J'ai vu plein de TikTok problématiques sans que personne en commentaire ne fasse de réflexion”.


En effet, des vidéos qui ont une mauvaise influence sur la communauté prennent parfois bien le temps de tourner sur la plateforme, comme le constate Sarah Hawkinson qui s’insurge contre les maladies romantisées dans cette vidéo YouTube :



Tout n’est d’ailleurs pas entièrement clean au niveau de la gestion des données puisqu’en février 2019, l’application était condamnée à 5,7 millions de dollars d’amende aux États-Unis pour collecte illégale des données d’enfants de moins de 13 ans. L’institution à l’origine de l’amende, la FTC (Federal Trade Commission, la Commission du Commerce), assure en effet le respect de la loi COPPA relative à la protection de la vie privée des enfants sur Internet.


Pour autant, TikTok reste un véritable outil d’expression et d’acceptation, comme en témoigne Alison : “autant il y a des trucs vraiment pas oufs dessus (style ceux qui font les beaux/belles) mais il y a des gens incroyables, créatifs, qui partagent et il y a réellement une grosse avancée sur la confiance en soi sur cette appli (des gros·ses qui se montrent, des gens avec des problèmes de dentition, chauves, petits, vieux, jeunes, en situation de handicap) et beaucoup d'autodérision ! Et c'est ça que j'aime le plus”.


Que restera-t-il de TikTok après le confinement ? “Je ne pense pas que je continuerai après pour ma part...” confie Éloïse. Théotime quant à lui se dit que “peut-être” il produira du contenu plus régulièrement.


Si le confinement a évidemment été un tremplin pour le réseau social, il ne faut pas oublier qu’il bénéficiait déjà d’une croissance fulgurante et d’une visibilité de plus en plus forte. L’application qui comptait déjà plus d’1,5 milliards d’utilisateurs fin 2019 risque très probablement de s’inscrire dans la durée.


mardi 24 mars 2020

Sortir la tête de l’eau – Peut-on parler d'autre chose que du confinement pendant le confinement ?

Vous le savez aussi bien que moi, cette dernière semaine a été totalement bouleversée par l’épidémie. Toutes nos habitudes ont été bousculées pour nous créer un nouveau genre de quotidien.


Lorsque je vous annonçais jeudi dernier dans ma story Instagram qu’aucun rendez-vous ne changerait hormis la publication de photos quotidienne (un article le mardi, une vidéo et un autoportrait le dimanche), j’étais loin de me douter d’une chose : qu’il serait aussi difficile de parler d’autre chose que du confinement.

Pour les vidéos du dimanche ça va encore, tout simplement parce que j’ai une trame pré-établie et que peu importe ce qu’il se passe dehors, tant que je peux continuer de tourner seule, les vidéos sortiront. Mais les articles et leurs sujets fluctuent en fonction de mon humeur. Et même si j’ai un tas d’articles prévus qui peuvent traiter de thématiques qui ne concernent pas la situation actuelle, je peine à trouver l’inspiration pour parler d’autre chose. Bien sûr, ça viendra avec le temps. Mais je crois être encore trop perturbée par cette situation.

Où que je me connecte, peu importe à qui je parle, tout le monde n’a qu’un seul mot à la bouche : la maladie. Évidemment, je crains pour mes proches. Tant ceux qui ont un état de santé fragile que ceux qui doivent aller au front parce qu’ils travaillent dans le milieu médical ou parce que leur entreprise ne leur a pas laissé le choix. D’ailleurs je ne pourrais jamais suffisamment leur faire état de mon admiration. Mais hier, j’ai pris une décision importante pour moi.

Sur Twitter, j’ai décidé de masquer tous les mots qui avaient un rapport de près ou de loin avec l’épidémie. Depuis le début du confinement, je dois avouer que je n’en pouvais plus, de recevoir ce flot d’informations alarmistes qui ne faisaient qu’aggraver mon stress déjà bien trop élevé en temps normal. Pour m’informer, j’ai décidé de m’en tenir aux médias traditionnels, ceux qui ne font pas de sensationnalisme, ce qui est beaucoup moins anxiogène.


J’ai le luxe de ne pas avoir à travailler à l’extérieur. Et en dehors de mes journées de travail, j’ai décidé de mettre ce temps à profit pour me changer les idées et de ne plus articuler mon temps libre autour des nouvelles actualités.

Prendre soin de soi, c’est aussi savoir se préserver.

C’est prendre du temps pour faire autre chose, quand on peut, quand on veut, pour se lancer dans un projet qu’on a pas eu le temps de mettre en place. Oui mais non en fait. 

Parce que j’en ai vu passer aussi, des posts qui disaient à quel point il fallait utiliser ce temps pour être encore plus productif. Mais ne rien foutre c’est tout aussi bien. Je sais que je ne suis pas un exemple en la matière parce que je suis très productive, mais c’est parce que j’en ai envie. Et même s’il est parfois difficile de relâcher le rythme tant j’aime venir vous parler de choses et d’autres alors que je suis clairement fatiguée, je n’y vais pas de main morte lorsqu’il s’agit de tout mettre en pause pour aller jouer une ou deux heures aux Sims ou regarder mon plafond en caressant le chat. Vous avez le droit de rien faire comme vous avez le droit de faire des pompes dans votre salon.


La semaine dernière je vous filais mes reco culturelles pour s’occuper pendant le confinement, mais vous n’avez aucune obligation de regarder 12 films et d’apprendre 3 langues. On fait comme on veut, moi je vous propose juste un étalage de trucs chouettes pour celles et ceux qui seraient en panne d’inspiration.

Chacun fait comme il peut pour faire passer cette période assez peu confortable et il n’y a pas de routine du confinement à suivre, hormis la vôtre.

Du coup je vous le dis : je vais revenir pour vous parler d’autre chose, du moins je vais essayer. Je vais faire des efforts parce que j’en ai envie et aussi parce que je pense qu’on en a besoin.

Bien sûr, je ne peux pas faire comme s’il ne se passait rien du tout, ce serait nier la réalité et quoi de pire que de vous parler d’un resto dans lequel aucun de nous pourra se rendre ? Mais il n’y a pas que le confinement dans la vie. Et même s’il est crucial de rester chez soi pour sauver des vies, ça ne veut pas dire qu’on ne doit pas s’évader autrement.

Prenez soin de vous

mardi 10 mars 2020

Militantisme et réseaux sociaux – Est-ce que tout doit être politique ?

C'est une question que j'ai commencé à me poser au moment où j'ai écrit cet article : est-ce que tout doit être politique ?




Dans cet article, je cite une courte interview du formidable Billy Porter qui expliquait à quel point il tenait à ce que chacune de ses apparitions publiques soit teintée de militantisme, notamment au niveau vestimentaire. Et il excelle en la matière puisque je pense que nous sommes beaucoup à attendre ses prochains looks lors des cérémonies d’envergure.



Le militantisme de Billy Porter se voit beaucoup dans la mode, il défend l’idée qu’un homme puisse porter des robes et des jupes tout en étant considéré comme quelqu’un de fort. Non pas dans le simple but de combattre les concepts de masculinité toxique et de virilité (un homme doit être robuste, ne doit pas montrer ses émotions...etc.), mais aussi dans l’idée que les femmes sont tout aussi incroyables. Et que les jupes et les robes, portées par des hommes ne devraient pas être sujets de moqueries puisque les femmes sont égales aux hommes.

Je vous remets la vidéo ici si ce n’est pas clair :



Le choix de Billy Porter est quelque chose que j’admire. Nous avons manifestement besoin de plus de personnes comme lui sur le tapis rouge pour bousculer les institutions en place et faire changer les choses. Mais en prenant un peu de recul sur la question, je me suis demandée si tout ce que nous faisions publiquement devait être teinté de militantisme ? Je suis certes loin d’être Billy Porter, mais je n’ai pas pu m’empêcher de me poser la question à mon échelle et au niveau des personnalités du web (je parle comme une adulte de 40 ans, ça va vous ?).

Sur ce blog, je vous présente des restaurants comme je vous donne mon avis sur des films. Mais je m’essaye aussi à vous livrer des réflexions personnelles, à vocation militante. J'ai peut-être été tentée d'orienter cet espace vers un thème plus engagé, mais je suis toujours revenue à mon envie première : parler de tout et de rien. Pourtant, je ne vais pas le cacher : j'aime particulièrement écrire sur des sujets un peu plus « sérieux ».

Mais alors : pourquoi ne pas écrire seulement sur ces sujets là ?


Parce que selon moi et dans mon cas, tout ne doit pas être politique.

Quand j'ai commencé ce blog, cela faisait déjà plusieurs années que j'écrivais sur Internet. Mon dernier projet en date à l'époque : un blog sur la Photo, qui me permettait de dénicher des talents et d'interviewer des gens que j'admirais. C'était cool, j'aimais ce que je faisais, mais je sentais que j'avais plus de choses à dire, sur d'autres thèmes, et qu'il fallait que je change de cap.

En lançant Shetoutcourt, je me suis donc fixée une seule règle : n'en n'avoir aucune. Parce qu'après tout, c’est à ça que ressemble ma vie : je ne tiens pas forcément à être spécialiste d'un truc en particulier et de m'y tenir pour l’éternité. J'ai envie d'apprendre plein de choses et je n'ai aucune envie de me restreindre à un seul domaine (ce qui a tendance à rendre mon emploi du temps particulièrement infernal).


Quand on me dit que je dois faire un choix entre la Photo et la rédaction

Même si mon rejet du temps libre et du repos relève sûrement de la psychiatrie, il n'en demeure pas moins que cette règle que je me suis imposée n'est jamais vraiment remise en question. Et à chaque fois qu'on me demande de parler de mon blog, je présente cette ligne directrice comme un truc immuable.

Bien sûr, j’ai envie de réfléchir, d’ouvrir des discussions avec vous pour aborder des thèmes plus sérieux. Mais la réalité n’est pas faite que de choses sérieuses et parfois, j’ai juste envie de vous montrer mes nouvelles pompes.



En même temps, il y a tellement de nouvelles négatives dans ce bas monde qu’il est difficile de constamment garder la tête hors de l’eau et de ne pas se laisser piéger par la déprime.

Dimanche dernier, j’assistais à une table ronde organisée par Mymy de MadmoiZelle.com, avec la formidable Esther Reporter et Marie Camier Théron, mon binôme de la vie aux Internettes. La discussion portait sur le féminisme positif et la question était de savoir si un tel féminisme était possible dans les médias.

Aux Internettes, nous avons fait le choix de ne plus participer aux débats sur le cyber-harcèlement. Nous ne voulons absolument pas minimiser le problème ou même l’invisibiliser, mais nous souhaitons avant tout encourager les créatrices à se lancer et à les faire monter en compétence. Après le temps de dénonciation, nous nous attelons à motiver les meufs qui voudraient se lancer ou se professionnaliser. Et c’est une chose importante pour nous, à titre collectif comme individuel.

Je parle pour mon cas précis mais personnellement je n’aurais pas pu rester autant de temps dans cette formidable association si nous n’avions fait qu’aborder le fléau du cyber-harcèlement et toutes les autres difficultés que rencontrent les créatrices.

Parce qu’en tant qu’individu, j’ai moi aussi besoin d’amener du positif dans ma vie, pour éviter ce que l’on appelle le burn-out militant.


Moi quand JPP de la vie

Le burn-out militant est le fait pour une personne (bénévole d’une association ou simplement rattachée à une cause), de ne plus supporter le poids de son engagement. Paye Ta Schneck, qui recensait les cas de harcèlement de rue vécus par les femmes avait annoncé son arrêt, après avoir lu bien trop de témoignages difficiles ou tout simplement néfastes pour le moral. Ce poids des témoignages donc, des constats négatifs, ajouté à la pression que les autres peuvent mettre sur ces militant·es. Et sans même parler de la pression des autres, il y a aussi le poids qu’on se met soi-même sur les épaules. Parce qu’évidemment quand on milite, on n’a jamais l’impression d’en faire assez. Typiquement, j’essaye de ne pas m’en vouloir quand je vois toutes les manifestations et autres marches s’organiser pour des causes qui me tiennent à cœur mais que je fais le choix de ne pas y participer tout simplement parce que je crains véritablement les mouvements de foule suite à plusieurs mauvaises expériences. Ça m’embête, puisque moi aussi j’aimerais être de ces moments, mais j’ai fait le choix de militer autrement. Et notamment en vous parlant.

Dans cette idée de protection, il fallait aussi que je puisse avoir un terrain de jeu sur ce blog comme sur mes réseaux sociaux. Si l’engagement me tient énormément à cœur, nul ne pourra nier qu’il est parfois reposant voire indispensable de faire des pauses pour rigoler.

En fait, le blog Shetoutcourt, je l'imagine comme une discussion entre potes. Un coin où l'on peut trouver de bons tuyaux comme des articles qui font un peu plus réfléchir sur la société (je n'ai pas cette prétention mais j'essaye en tout cas de soulever des débats).

Réfléchir profondément, c'est cool. C'est crucial même. Mais je n'ai pas envie de devoir penser à chaque acte public pour savoir s'il permet aux gens de prendre conscience d'une chose ou pas. Si j'ai envie de faire 45 minutes de stories sur le fromage, j'ai envie de pouvoir le faire sans me prendre la tête et devoir me justifier.



Au-delà de ça, je pense que pour mon profil, mes messages plus engagés ont beaucoup plus d’impacts lorsqu’ils sont noyés dans un flot de publications et d’articles qui parlent de tout et rien. Parce que je ne cherche pas forcément à m’adresser à un public de convaincu·es. C’est très cool d’être d’accord entre nous et merci d’être là pour ça, mais je serais aussi très fière d’apprendre que quelqu’un a changé d’avis sur une question féministe ou écologique grâce à moi. Je ne prétends pas détenir la vérité, mais si ça peut empêcher une personne d’avoir un comportement moins con en ne jettant pas ses ordures par terre par exemple, c’est toujours ça de pris. J’ai aussi envie que mon militantisme soit là où on ne l’attend pas forcément. Pour surprendre et toucher des publics plus divers, donc.

Bon après je ne vous dit pas que je réussis, mais en tout cas : j’essaye.