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mardi 4 septembre 2018

Pigeonnerie et éducation du regard - Mon rapport à l'esthétique


Je n'ai pas une énorme culture artistique, je dois bien l'avouer. Ça peut paraître révoltant quand on sait que je fais de la Photo depuis 8 ans déjà et surtout quand on sait que j'ai un père artiste peintre et sculpteur, mais les faits sont là : je ne sais pas grand chose de l'Art.




Alors bien sûr, il y a les bases, auxquelles j'ai eu la chance d'avoir accès. Mais hormis quelques coups de cœur, je ne suis pas quelqu'un que vous pourrez interroger sur l'impressionnisme ou le cubisme (mais c'est aussi parce que j'ai horreur de Picasso).




C'est quelque chose que je regrette. Pour être honnête, au début j'allais écrire : « évidemment, c'est quelque chose que je regrette ». J'ai effacé cette première partie. « Évidemment ». Comme si je me sentais obligée de me flageller parce que je n'ai pas énormément de connaissances dans le domaine, à cause d'une pression sociétale que visiblement je m'inflige moi-même, mais que je combats peu à peu, parce que j'en ai un peu ras-le-bol d'en avoir honte.


À un autre niveau, c'est aussi cette sensation d'avoir des choses à « rattraper » quand on vous dit de regarder telle ou telle série (chose que je déteste, mais c'est un autre sujet que je garde pour plus tard).

Je devrais me faire tatouer cette phrase tellement je la dis souvent (et pas seulement pour les séries à rattraper... Hum)


Il y a tant de choses à voir, à découvrir, dans le milieu artistique. Il est clair qu'il serait dommage de passer à côté parce que ce serait vivre sans ce petit monde merveilleux qui vous fait rêver et réfléchir.


Oui je suis déjà allée dans des musées. D'ailleurs demain je vais voir une expo. Ça me fait plaisir, j'en suis ravie mais ce n'est pas un réflexe chez moi. Je le regrette, certes, mais je le regrette parce que c'est quelque chose à laquelle j'aimerais consacrer plus de temps (et d'argent). Pas parce que j'ai l'impression de devoir le faire pour être prise au sérieux dans mon entourage ou face aux gens du milieu que je rencontre.

Vous savez, ce regard là.


J'ai conscience que mon discours sonne un peu comme celui de quelqu'un de privilégié qui ne mesure pas la chance qu'il a de pouvoir s'abreuver de culture aussi simplement. Pour le coup, je sais très bien que vivre à Paris représente une opportunité incroyable pour celles et ceux qui ont justement soif de cette culture et qui maudissent le fait que les expositions ne soient jamais en Province. Ou même les gens qui n'ont tout simplement pas accès à la culture, par manque de moyens. Mais c'est un discours que j'ai bien l'intention de changer, en revenant quelques mois plus tard pour vous dire que je suis bien plus assidue à ces rendez-vous culturels et que je profite pleinement de ce que cette ville a à m'offrir au niveau artistique. Parce que j'en ai envie.


Bon on va pas se mentir, faire la queue pendant des heures c'est aussi pas un truc qui m'enchante, enfin je veux dire même pour manger je fais pas ça alors que Dieu sait combien j'aime bouffer des trucs bons (vous me verrez jamais dans un restaurant de la chaîne Big Mamma, donc).

D'où le pourquoi du comment.


Pour autant je suis curieuse de tout, surtout en Photo. Au fil du temps, j'ai fait en sorte d'éduquer mon regard, sans faire d'effort particulier, juste en observant des photos qui passaient dans mon fil d'actu. C'est une méthode qui m'a beaucoup plu. Certes, c'est aussi se fermer beaucoup de portes mais l'impression de ne pas avoir eu à « faire mes devoirs » m'a pas mal séduite. Et c'est avec ce recul là, cette éducation là, que je sens croître en moi une réelle volonté d'en apprendre plus, de faire la démarche d'aller dans des musées et à des expositions.

*Insérer ici un gif d'Asdf movie au moment où le gars appuie sur une touche sur son ordi et se laisse transporter par Internet que j'ai pas réussi à trouver*


Plus ça va, plus je tombe amoureuse de la Photo, du Graphisme, de l'Illustration, bref de tout ce qui se rapporte à l'Image dans sa globalité. Je m'en réjouis et en même temps je constate quelque chose de plus plus alarmant du côté de mon porte-monnaie mais qui pourtant n'a a priori pas de lien direct avec ce sujet : mon amour du packaging.


L'éducation de mon regard grandissant, j'ai développé une certaine rigidité de l'esprit qu'on appellera ici pure et simple pigeonnerie. Je m'explique : je rechigne à acheter des produits, quelqu'ils soient si je ne trouve pas le packaging à mon goût (bah vous avez vu la tronche des produits Too Faced ? J'ai pas 40 euros à mettre dans une palette qui ressemble à un jouet pour enfant). Heureusement ça ne concerne que des trucs futiles type cosmétique et pas la nourriture. À l'inverse, je suis prête à investir des sous dans des trucs pas très utiles mais que je trouve très beaux. Avantage non négligeable : je suis fauchée comme les blés, mon compte en banque ne me permet donc pas vraiment de faire des folies.
Dernière acquisition de teubée en date : les produits The Ordinary que je trouve simples et magnifiques (et surtout pas chers) alors que ma routine de soin m'allait très bien, à savoir : huile de coco et savon, c'est tout pour moi (vous commencez à comprendre pourquoi j'ai pas ouvert de blog beauté, bien). 




Je ne vais pas vous mentir, c'est un comportement qui m'inquiète de plus en plus. Parce qui sait vers quels achats ça va me mener. Alors je me demande : suis-je la seule dans ce cas ?


Sous entendu, je vous demande à vous aussi, éclairez ma lanterne et rassurez-moi ou non sur ma folie (svp).


En définitif : bombardez-moi de noms d'artistes (qui produisent des visuels, pas de musique svp) que vous adorez, j'ai de plus en plus envie de faire de jolies découvertes !

mardi 16 janvier 2018

Encreurs de peaux- Les tatoueurs

Les tatouages au début, je n'aimais pas tellement ça. Du moins il y a bien longtemps (vraiment beaucoup – 10 ans environ). Parce que j'en avais une vision extrêmement restreinte, surtout parce que je voyais passer une majorité de tatouages très classiques, vous savez, le tribal et les citations en latin (que je ne critique pas puisque chacun ses goûts, mais qui n'étaient clairement pas faits pour me plaire). Et puis avec l'arrivée de Facebook, la démocratisation de ce milieu, puisque de plus en plus de gens se font tatouer et puisque la société commence enfin à ériger le tatouage au rang d'art, au lieu de voir cette pratique comme une chose réservée aux """drogués et aux marginaux""", j'ai commencé à m'y intéresser. Il faut dire aussi que j'ai un petit passé «alternatif», donc j'en ai vu passer des manchettes et autres tatouages imposants, qui m'impressionnaient. Peu à peu, j'ai appris à apprécier cet art, à découvrir les différents styles. Old school, portraits, dot work, aquarelles... Et j'en passe.

Soudain Instagram est arrivé, comme une explosion de talents en plein mes mirettes. Il a donc fallu que j'en fasse un article, pour vous faire découvrir je l'espère des artistes que je trouve magiques et qui m'ont encore plus convaincu de passer sous des aiguilles.

Certes, je ne suis pas (encore) tatouée. Pour la simple et bonne raison que je change d'avis comme de chemise et que je tiens à réfléchir à ce que je vais me faire encrer. J'ai des projets, depuis quelques temps, que je garde en tête histoire de voir si des années après, l'idée me plaît toujours autant (l'idée d'une de mes futures pièces qui me vient en tête date d'il y a 5 ans, c'est dire... A priori on est bon là). Mais pour autant même si j'ai pu me poser une certaine question de ma légitimité à m'exprimer sur un tel sujet, je me dis que finalement, cela importe peu que je sois encrée puisqu'il s'agit non pas de vous donner des conseils mais plutôt de vous partager 5 des artistes qui font battre mon cœur. Voici donc ma petite sélection:

Mattia Mambo – Milan


Mattia Mambo EST le tatoueur qui m'a réconcilié avec la couleur dans le tatouage. Ses créations déstructurées, toujours très esthétiques, un peu cartoonesques m'ont immédiatement tapé dans l'oeil et je nourris l'espoir d'un jour aller à Milan faire un petit tour dans son studio.






Peter Aurisch- Berlin


Peter Aurisch quant à lui est un tatoueur qui m'a réconcilié avec le portrait (décidément, mon amour pour le tatouage est placé sous le signe de la réconciliation). Je l'ai découvert par le biais d'une série d'articles publiée par ma chère Princesse Pastèque qui a eu un certain impact sur moi, me faisant voir d'autres styles que ce que j'avais l'habitude de voir. Par la suite j'ai découvert un tout autre aspect de son style, bien plus axé sur le moderne, qui à mes yeux ressemblent à de véritables tableaux sur le corps.



Les articles de Princesse Pastèque sur les tatouages


L'ensemble de tatouages qui m'ont fait découvrir Peter Aurisch




Alex Iumsa a.k.a Encre Mécanique – Paris


Encre Mécanique est sans conteste le tatoueur qui m'aura fait le plus rire par ses créations. Non seulement ses tatouages sont accompagnés de punchlines absolument géniales, mais ses dessins sont également très beaux, rejoignant ce côté cartoonesque que j'aime particulièrement. Ils sont à la fois mignons et trash, un style que je nommerais «Happy Tree Friends», pour ceux qui ont la ref. Bref, je suis très cliente de ses créations.





Mariusz Trubisz – Varsovie


Mariusz Trubisz est un tatoueur polonais que j'ai découvert tout récemment par le biais d'Instagram (décidément, quelle plateforme) et pour qui j'ai eu un coup de cœur immédiat. Son tracé est «simple», fin et délicat. Les couleurs sont judicieusement combinées au dessin par petites touches. Ce sont des formes qui leur donnent toute son originalité.





L’Oiseau – Coullioure


Pour le coup, je connais le travail de l'Oiseau depuis pas mal de temps, que je voyais le plus souvent passer sur Facebook. L'Oiseau réalise des portraits absolument magnifiques façon croquis, le tout à l'encre noire. Ses créations sont torturées mais empreintes d'une beauté sans pareil.