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mardi 21 mai 2019

Détective Pikachu – Où sont passés Miaouss et Qulbutoké ?


Je suis allée voir Détective Pikachu ce matin même et j'ai eu envie de vous en parler. Du coup je le fais parce que j'ai peu de limites. Je sais que vous êtes impressioné·es derrière vos écrans.


Sorti le 8 mai dernier, ce film était attendu par énormément de fans. Il s'agissait en effet de la première adaptation en long-métrage live action du monde des Pokémon, il y avait donc de quoi être hypé·e. Le film a été réalisé par Rob Letterman qui est également derrière Shrek et Gang de Requins. C'est donc un habitué des films d'animation et plus généralement des films pour « enfants ».

Niveau pitch, voilà ce que ça donne : un jeune homme du nom de Tim Goodman se rend dans la ville de Rhyme City où vivait son père, après avoir appris son décès. Rhyme City a pour particularité d'être une ville où les Pokémon et les humains vivent ensemble. Les combats entre Pokémon y sont d'ailleurs interdits. En arrivant dans l'appartement de son père, Tim fait connaissance de son coéquipier, un Pikachu au chapeau mignon (cri aigu de moi contente). Tim et Pikachu se rendent compte qu'ils arrivent à communiquer et se mettent à enquêter ensemble sur la mort du père.


Bon, je dois avouer que je reste carrément sur ma faim. J'ai été très fan de Pokémon étant plus jeune, j'ai commencé par les jeux vidéos avec la version Or en achetant ensuite quelques suites. Je regardais les dessins-animés, je collectionnais les cartes, bref, une vraie petite addict. L'univers Pokémon aura toujours une place particulière dans mon cœur et c'est pour cela que j'ai tenu à voir ce film (pas du tout comme une petite madeleine de Proust parce que je déteste cette expression mais c'est l'idée, malgré tout).

Je ne suis pas parvenue à discerner l'intention réelle du film : être un pur produit de nostalgie comme l'a pu être Ready Player One qui faisait totalement son job (parfois à outrance selon certain·es) ou bien raconter une histoire inédite pour nous emmener vers de nouveaux horizons. Une histoire inédite ? Pas vraiment, quand on sait que le film a été adapté du jeu vidéo éponyme et qui a le même pitch. Pour autant, il ne s'agit pas non plus d'un film doudou dans lequel on retrouve toutes ses références d'enfance pour la simple et bonne raison qu'il n'y en a pas assez.

Eh oui, je le disais ; je reste carrément sur ma faim. La découverte de Rhyme City était selon moi trop courte et mal amenée. On l'introduit via les yeux de Tim dans une vidéo de présentation diffusée dans le train et j'avoue que j'ai trouvé ça un peu bizarre. Même si je sais que là, je chipote. Toujours est-il qu'on ne s'attarde pas trop sur les Pokémon qui peuplent la ville sauf deux ou trois qui prennent la lumière pendant quelques minutes, comme par exemple Mr. Mime, Dracaufeu, Rondoudou ou Snubull. Autrement ce ne sont que des petits passages devant la caméra. En écrivant ces lignes, je réfléchis et je me rends compte qu'il y a tout de même pas mal de Pokémon. Pourtant l'impression de ne pas avoir été rassasiée a pris le dessus. J'en attendais trop pour ce retour en enfance et j'ai été déçue. J'ai quand même gardé à l'esprit qu'il n'était pas viable de montrer tous les Pokémon (même uniquement ceux de la première génération), cependant cela ne m'a pas empêché d'éprouver une petite frustration.


Côté scénario, j'ai trouvé le film plat. Croyez-moi que la phrase qui va suivre m'arrache le cœur de le dire mais : je n'ai pas trouvé Bill Nighy transcendant. Oui, Bill Nighy qui est l'un de mes acteurs favoris au monde joue un personnage que je trouve sans saveur alors même qu'il est excellent acteur. J'étais désemparée. Même Ryan Reynolds qui faisait la voix de Pikachu m'a laissée de marbre. J'étais contente d'apprendre qu'il serait au casting mais après avoir vu sa prestation je me dis qu'il aurait tout à fait pu être remplacé par n'importe quel autre acteur pour le jouer. Je sais bien qu'il a été choisi pour son incarnation d'anti-héros dans Deadpool mais le film n'allant pas assez loin dans le développement de son caractère fait qu'il n'était pas utile de le prendre lui particulièrement. J'avoue néanmoins avoir été contente au tout début du film en voyant Karan Soni qui joue Dopinder dans les films Deadpool, son fidèle chauffeur de taxi.

J'étais tout de même contente de voir certains Pokémon. Psykokwak reste mon Pokémon préféré de la galaxie parce qu'il est giga stylé en plus d'être drôle et j'ai sérieusement envie d'adopter des Bulbizarres à tour de bras. Ça c'était pour la critique parfaitement objective et tout à fait rationnelle.


Je me suis posée la question de le voir en VOSTFR ou en VF pour la simple et bonne raison que je connais l'univers Pokémon en français et que voir des Pokémon crier leur nom en anglais n'allait pas me faire kiffer. En même temps je voulais écouter la prestation de Ryan Reynolds et les sous-titres en français allaient me traduire le nom des personnages. J'ai finalement choisi la VOSTFR même si ça ne valait pas le coup pour Reynolds et que de toute façon le nom des Pokémon traduit n'était pas si utile puisqu'il n'y a pas besoin de ça pour les reconnaître. D'ailleurs j'étais très contente en spottant une référence aux Nuls lorsque Pikachu insultait Mr. Mime de « con de mime ». Il en faut peu pour me mettre en joie, oui.


D'ailleurs, mention spéciale au générique de fin du film tout en illustrations 2D que j'ai trouvé vraiment très chouette, tout comme la musique (mais pas celle choisie pour la suite du générique, ne disons pas n'importe quoi).

Détective Pikachu est un film en demie-teinte : j'ai à la fois été attendrie par certains Pokémon mais globalement assez déçue de sa superficialité. En même temps, peut-on lui reprocher d'être superficiel alors même qu'on n'arrive pas soi-même à déterminer l'ambition du film ? Bref, c'est selon moi un film cool à voir sur le moment mais finalement assez oubliable.

mardi 7 août 2018

Oubliez Nos Jours Heureux- 5 choses que j'ai appris en devenant animatrice en colo


Bon alors déjà il faut savoir que je comptais publier cet article pendant mes séjours en colo... Du moins, entre mes deux séjours de juillet. Comprenez-moi: je ne suis pas partie l'an dernier et je ne sais pas d'où j'ai eu la naïveté de croire que j'aurai pu écrire un article à ce moment là au lieu de DORMIR. Pauvre inconsciente.

Quand je me suis rendue compte de mon erreur

Partir en colo l'été, j'adore ça. Petite, je partais plus ou moins chaque année avec la même impatience de découvrir de nouvelles choses et rencontrer de nouvelles personnes. Majeure, j'ai continué à le faire en passant de l'autre côté de la barrière.

Nous les anims, nous ne gagnons pas beaucoup d'argent. Surtout comparé à notre investissement et le fait qu'on doive payer notre diplôme (hum, hum). Mais pour avoir tenté l'expérience, je préfère mille fois partir avec une horde d'enfants plutôt que de m'ennuyer ferme dans un bureau pour gagner plus de sous, y a pas photo.

Moi, l'été d'avant

Je suis devenue anim il y a 6 ans. Enfin pas exactement. D'abord j'ai été intervenante photographe, qui dans l'organisme où je bossais était un statut un peu différent de l'animation : je m'occupais de ma thématique seulement. Mais il m'en a fallu vite plus, parce que j'aimais beaucoup trop m'incruster aux veillées le soir venu avec ma comparse théâtreuse pour foutre le zbeul à la moindre occasion.

Quand on dit « colo » beaucoup ont en tête le film Nos Jours Heureux qui bien sûr reste un classique dans le monde de l'animation mais qui incarne quand même l'exemple type de tout ce qu'il ne faut pas faire en colo. Bon après, le film est censé se passer en 92, je n'étais pas anim à ce moment là, alors je ne peux pas vous dire si c'était la norme. Et à ce propos, j'ai pris un sacré coup de vieux cet été en réalisant qu'aucun des enfants que j'ai eu n'avais vu ce film. Tristesse.

En devenant animatrice de séjours de vacances, il y a quand même deux trois trucs que j'ai compris:


1- Mon corps possède bien plus d'énergie que ce que je crois


Pour celles et ceux qui ne le sauraient pas, en colo, il y a quand même de grandes chances que vous dormiez 4 heures par nuit. Bon après tout dépend de vos directeurs/directrices car certains se fixent un horaire de fin de réunion qu'ils/elles respectent à la lettre (ça n'arrive jamais avec moi bizarrement, hein). Pendant l'année je dors beaucoup, trop peut-être. Alors la perspective de dormir seulement 4 heures par nuit peut effrayer, on se dit qu'on ne va pas tenir, et puis figurez vous que vous tenez le mois sans problème.

Bon après, j'ai aussi découvert des couleurs inédites au niveau de mes cernes, que je ne me pensais même pas capable de produire. Encore plus fou: j'ai tenu trois semaines sans café (ou si une tasse, une fois, avec un peu de vitamines les premiers jours, mais c'est tout).

En même temps je vais vous dire ; quand on est anim, on fait passer le bien être des jeunes avant tout, alors on a du mal à s'écouter soi-même. Ce qui est en soi une mauvaise chose, mais heureusement que le reste de l'équipe est là pour vous caillasser si vous prenez pas de pause.

Les couleurs présentes sous mes yeux

2- Partir en colo, c'est vivre dans un microcosme qui vous permet de respirer un peu

Je me le dis chaque été : il pourrait y avoir la 3ème Guerre Mondiale pendant que je suis en colo qu'on serait pas au courant. On vit en collectivité, tout est axé autour de notre propre groupe et on a pas vraiment le temps ni les moyens de se raccrocher au monde extérieur. On se concentre sur notre petite vie à tous et toutes. Et oui, ça fait du bien. 

Bizarrement, mes départs en colo ont pour la plupart tous coïncidé avec un besoin irrépressible de m'éloigner de mon quotidien, pour des raisons diverses et variées. Eh bien je peux vous dire qu'à chaque fois, ça m'a fait un bien fou. Tout lâcher, se concentrer sur autre chose et surtout de ne pas avoir le temps de penser à autre chose.

Quand on a pas une seule idée de ce qu'il se passe dans le monde en dehors de la colo


3- L'huile essentielle de lavande et les sachets de thé sont mes meilleurs potes l'été venu

Comme je suis une fille plutôt ludique, je vous file des petits tips en passant comme ça, l'air de rien : si vous avez des cheveux longs non décolorés, prenez de l'huile essentielle de lavande avec vous. Cheveux longs... Enfants... Colo... Vous voyez où je veux en venir ?

Oui on va pas se mentir, c'est pas hyper sexy mais qui dit vie en collectivité dit risque augmenté de poux. Testée et approuvée, l'HE de lavande flanquée derrière les oreilles éloignera les bestioles de votre petite tête. Et en plus vous sentirez meilleur que les autres puisque comme chacun sait, seuls les anim en congé arrivent à prendre leur douche avant 2h30 du matin. Et en été, il y a de fortes chances que vous puiez le fennec à 10h15. À adopter, donc.

Chaque anim, chaque été

Les sachets de thé, c'est spécial dédicace aux fous qui partiraient en camping, comme j'ai pu le faire il y a deux ans. Pour le coup, c'est plutôt un tip de voyageur : si vos chaussures fermées sont mouillées, humides et que vous n'avez pas de radiateur à proximité pour les faire sécher plus vite, vous pouvez toujours accélérer le processus en y mettant des sachets de thé premier prix pour absorber l'humidité. Ça vous évitera de vous balader avec des chaussures qui puent tout le reste du séjour (d'autant plus que, si vous avez suivi, vous puez déjà le fennec à 10h15, alors on va pas cracher là dessus).

L'huile essentielle de citronnelle pourra aussi vous être utile si vous en supportez l'odeur. Chose incroyable, sans HE de citronnelle ni aucun autre dispositif, je n'ai pas été piquée une seule fois de mes séjours cet été. Tout en sachant que d'ordinaire, je ressemble à une énorme friandise pour les moustiques. J'ai peut être rompu le charme, je sais pas. Je mènerai l'enquête.


4- Le jus d'orange qui est servi le matin est toujours dégueulasse, par principe

Ça peut paraître complètement trivial mais moi le matin si j'ai pas un grand verre de jus d'orange j'ai du mal à me réveiller. J'en suis au point de presser moi-même mes oranges chaque matin sous peine de mort imminente (j'exagère à peine). Il y a un seul moment où je fais vraiment exception sur la durée parce que bah clairement pas le temps: pendant les colos. Et je peux vous dire que je souffre. Vraiment. 

Par exemple cet été, sur mes deux séjours nous avons eu droit à du « nectar orange à base de concentré » et je peux vous dire que ça n'avait ni le goût ni l'odeur du jus d'orange. Même les comprimés de Berroca que je prenais au début du premier séjour avaient plus le goût de jus d'orange que ce truc infâme. J'ai fini par boire de l'eau à la place. 

Depuis mon retour de colos

Oubliez donc que vous aurez un jus décent un jour. Sauf peut être au 5ème. Et ma transition est toute faite parce que trop de talent dans un si petit corps:


5- Le meilleur moment de la journée reste et restera toujours le 5ème


Celles et ceux qui ne connaissent pas l'univers des colos seront probablement perdu(e)s. Le 5ème, c'est le 5ème repas de la journée. Très vite hors budget et donc payé par les anims (qui ne touchent déjà pas grand chose de leur salaire), le 5ème reste la meilleure chose qui soit. Certes, on vit des choses extraordinaires la journée avec les jeunes, mais ce moment où ils sont tous endormis, que nous sommes qu'entre membres de l'équipe à pouvoir se lâcher un peu, faire des jeux entre nous et surtout MANGER UNE QUANTITÉ IMPRESSIONNANTE DE NOURRITURE reste quand même sympa. 

J'ai connu mes plus beaux 5ème il y a quelques années dans un gîte réservé à l'équipe artistique, avec cuisine et tout le tintouin. On a eu droit à des burgers (cuisinés par ma si formidable directrice de l'époque), des tiramisus et plein d'autres bonnes choses, tout en jouant au Time's up et en profitant de la piscine que l'on avait à disposition sur le centre. Le 5ème, c'est ce qui nous permet de souffler et de tenir, aussi.

Moi enquêtant sur un secret story entre anims et ayant découvert un secret alors que j'étais cachée pour écouter une stratégie de jeu


Très franchement, je souhaite à tout le monde de partir en séjour de vacances un jour. C'est une expérience incroyable. On vit des choses fortes en l'espace d'une dizaine de jours et même les anims en ressortent grandis. Non seulement vous vivez un moment fort avec les jeunes et avec votre équipe, mais en plus il y a des chances que les séjours auxquels vous participiez aient aidé des jeunes à se construire, à gagner en autonomie. Je vous raconte pas la chialade qu'on des jeunes sont venus me dire que c'était grâce à moi qu'ils avaient commencé la photo et qu'ils envisageaient d'en faire leur métier ou même quand je croise d'anciens inscrits en passe de devenir animateurs.


Si vous en avez l'occasion, partez en colo. C'est fou.