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mardi 18 décembre 2018

Se prendre en photo soi-même – Pourquoi faire des autoportraits ?


Je me suis lancée en Photo par envie de créer quelque chose qui me plaisait esthétiquement avec mes ami·es, en leur tirant le portrait. J'adorais réfléchir à des mises en scène, au stylisme, au maquillage et à la coiffure de mes modèles. Vous l'aurez sans doute remarqué, je réalise très souvent des autoportraits. En vérité, j'estime que c'est une partie intégrante de mon travail et j'ai eu envie aujourd'hui de vous expliquer pourquoi est-ce que je me prends souvent en photo. Ce billet sera donc ponctué de ces différents autoportraits, je vous préviens : il va y avoir du déterrage de dossier et ce dans un ordre complètement aléatoire, parce que je fais bien ce que je veux.


Les autoportraits ont commencé quasiment en même temps que mes shootings derrière l'appareil, bien avant que je n'ose même imaginer poser pour un·e photographe. Au risque d'en décevoir certain·es, je pense très sincèrement que les premières fois où j'ai lancé le retardateur c'était pour me faire une nouvelle photo de profil Facebook. C'est peu palpitant, c'est pas un storytelling qui fait rêver, mais c'est pourtant la réalité.

La bonne signature dégueulasse dans le coin en haut à gauche, tout ce qu'on aime

Si cette première motivation était d'ordre purement superficiel, il fallait bien avouer que j'ai fini par me prendre au jeu de cet exercice différent, pour pouvoir multiplier les possibilités de création. Pas de contrainte de devoir collaborer avec un·e modèle, dans le sens où si l'envie me prenait de faire une photo à 3 heures du matin, je pouvais le faire – même si je ne le faisais jamais car la nuit JE DORS EH OUI.


Je m'amusais beaucoup à imaginer de nouvelles choses, surprendre les quelques personnes qui suivaient mon travail et surtout mes ami·es. Je me déguisais, je testais des poses pour de futures photos avec mes modèles, j'étais tour à tour Lara Croft, Esmeralda, la Reine de Blanche-Neige... Je n'ai jamais vraiment intériorisé cette pratique qui me paraissait naturelle, non pas que je me disais être faite pour être devant l'objectif, loin de là, mais plus parce que le principe de soi-même se prêter au jeu de la pose me paraissait indispensable pour saisir ce qu'il se passait dans la tête des modèles (ce que j'ai enfin réussi à mieux comprendre à partir du moment où j'ai posé devant un·e autre photographe que moi, l'important étant la communication, difficile de se rendre compte des choses quand on est seul·e à seul·e...).


C'est en fait il y a quelques années seulement que j'ai compris à quel point la pratique de l'autoportrait m'avait aidée à me construire... Ou plutôt m'avait empêchée de me détruire. Comme je le disais dans la vidéo Cher Corps de Léa Bordier à laquelle j'ai participé, en soi, je n'ai pas eu et je n'ai pas vraiment de problème avec mon corps. Bien sûr, il y a des moments où je ne me sens pas bien, où je ne me sens pas belle mais pour être honnête, je me suis toujours dit que mon corps était tel qu'il était et que je devais l'accepter comme ça. Pas en l'appréciant particulièrement, pas en lui vouant un culte, non. Juste que j'avais ce que j'avais et qu'il fallait que je m'en contente. Que j'étais bien assez chanceuse de ne pas souffrir d'un handicap physique et que donc je n'avais pas le droit de me plaindre (ce qui est faux finalement, puisqu'on a tous et toutes le droit de se sentir bien ou mal dans sa peau). Certes, ma relation à mon corps n'est pas toujours apaisée, pas toujours saine, il n'empêche que globalement je suis plutôt « ok » avec.


Si j'en suis arrivée à un tel état d'esprit vis-à-vis de l'image que j'ai de mon corps, c'est je pense en grande partie des autoportraits (et des discours que j'entendais autour de moi). La mise en scène et ma volonté de créer quelque chose de nouveau m'ont permis de passer outre les complexes que j'ai pu avoir. Je me souviens, en y repensant, que l'important pour moi n'était pas de me trouver jolie sur une photo, mais seulement d'arriver à créer l'esthétique que je visualisais dans ma tête. Le résultat était mon seul but, peu importe l'amas de chair qui se trouvait au centre de la photo. Ça ne m'intéressait pas de savoir si je me sentais belle le jour où je décidais d'enlever le cache de mon objectif, non. Le seul critère était l'envie de créer (et la fatigue – non parce que sans déconner poser c'est quand même archi crevant).


Ce qui me fait doucement rire, c'est que lorsque je trouve l'un de mes autoportraits mauvais, ce n'est pratiquement jamais à cause de ma tête, mais surtout à cause d'erreurs de gestion technique. Je ne suis pas non plus en train de vous dire que je me trouve exceptionnelle sur chaque photo, mais simplement que cet aspect technique prend largement le pas sur mon opinion vis-à-vis de mon faciès.


Si j'ai mis du temps à comprendre pourquoi les autoportraits étaient quelque chose de bénéfique, je ne peux vous conseiller de vous y mettre. Pour être à l'aise avec son image, pour s'exercer quand on veut devenir modèle, pour créer de nouvelles choses à 3 heures du matin après avoir eu un éclair de génie en regardant une vidéo sur YouTube, j'en sais rien.


Toujours est-il que je ne peux vous encourager à multiplier les moyens de vous accepter, tel que vous êtes. Ça ne pourra que vous être bénéfique.


mardi 27 novembre 2018

De l'autre côté de l'objectif - 8 conseils pour commencer la photo de portrait


Je donnais il y a peu de temps des conseils à un ami venu investir mon studio pour y tester la Photo avec lumières artificielles. Comme il avait commencé la photo il y a quelques mois seulement, je me suis dit que c'était l'occasion de lui filer quelques petits tips. Après réflexion, je me suis dit qu'il ne serait pas inintéressant de vous les partager, puisqu'il n'est pas rare que l'on me demande 2-3 conseils par-ci par là (comment ça je fais des articles juste pour pouvoir répondre à mes dm avec un lien ? Moi ? Jamais, ha!). C'est un peu le pendant de mes articles expliquant comment devenir modèle et comment obtenir une séance photo sans passer pour un gros con.

Ces conseils s'appliquent dans le cadre d'une collaboration (c'est-à-dire dans le cadre d'un échange de bons procédés) même si en vrai beaucoup d'entre eux sont transposables pour une commande. Mais il y a quand même une différence majeure à prendre en compte : le statut du modèle. En commande, le modèle vous paie, il s'agit donc d'un client. En collab, le modèle est un... OUI. Un collaborateur, et si certains pouvaient se tatouer ça sur le front pour pas l'oublier ce serait pas de refus ma bonne dame.



1/ Se demander « Pourquoi je me lance dans la Photo ? »


Donc vous avez envie de vous lancer dans la Photo et que ce soit à titre récréatif ou non, c'est très bien. Mais prenez tout de même le temps de vous poser la question, pourquoi est-ce j'ai envie d'en faire ? Est-ce que vous ressentez un besoin de création artistique ? Est-ce que vous avez la curiosité d'en apprendre plus sur la technique ? Est-ce que vous souhaitez faire vos propres portraits (quoi on sait jamais) ? Ce que je veux dire par là, c'est que vous n'allez pas vous fixer le même rythme de pratique si vous souhaitez apprendre doucement ou si vous avez un réel objectif de professionnalisation urgent.

Personnellement j'ai commencé la Photo en m'amusant avec des amies et j'ai ensuite eu envie d'en apprendre plus pour pouvoir mieux réaliser les idées de mises en scène que j'avais en tête.

Attention : si vous vous vous lancez en photo pour rencontrer des gens dans le but de les draguer, merci de vous abstenir. Cette terre est déjà bien assez remplie de faux-tographes et puis en plus votre nom tournera bien assez vite dans le monde de la Photo en tant que photographe craignos pour vous faire une sale réputation en l'espace de quelques mois, je suis pas sûre que vous ayez envie de tenter l'expérience.


2/ Investir matos dernier cri est inutile quand on débute

La Photo ça coûte cher, vous le savez, je le sais, ma conseillère bancaire le sait. Je ne parle même pas du matériel dernier cri qui est capable de vous envoyer des colis et faire du café (non mais je serais quand même vachement curieuse de voir ça si ça arrivait un jour). J'entends bien qu'il soit tentant de vouloir acheter le meilleur histoire d'être tranquille jusqu'à la fin de ses jours mais gardez à l'esprit ceci : mieux vaut commencer doucement pour pouvoir mieux appréhender les choses. D'autant plus que vous risqueriez d'avoir le sentiment d'être perdus avec toutes ces fonctionnalités de professionnels et de vite vous décourager.


Notez aussi que plus vous progresserez, plus vous sentirez les limites de votre matos et vous ressentirez une réelle différence quand vous passerez à un modèle supérieur (que ce soit un boîtier ou un objectif). Surtout que d'ici à ce que vous maîtrisiez parfaitement votre appareil, d'autres modèles bien plus performants seront sortis d'ici là et votre appareil ne vaudra plus rien même en occasion. Alors soyez astucieu·ses !

3/ Proposer votre book


Pour contacter un·e modèle mieux vaut lui donner une idée de ce que vous savez faire. Comme je le disais dans cet article, le book est un bon moyen de se projeter pour imaginer un rendu des photos. Surtout, c'est un excellent indicateur servant à repérer les faux-tographes (a.k.a les pervers) en s'assurant par exemple si les images présentées n'ont pas été volées sur le site d'un·e autre photographe - via la recherche inversée de Google.

Oké José, mais si je commence comment je fais pour avoir un, de book ?

Et c'est LÀ que vos potos entrent en jeu. Vous avez aidé un·e ami·e à déménager et il/elle ne sait pas comment vous rendre la pareille ? PAR-FAIT, il/elle va pouvoir poser pour vous ! En plus, ça lui fera de jolis portraits gratuits. Pour autant, quand vous contacterez la personne que vous souhaitez prendre en photo, soyez honnête et précisez que vous commencez tout juste. De toute façon si le/la modèle s'en rend compte tout·e seul·e sur la séance photo, le courant risque de mal passer puisque vous lui aurez caché une information assez capitale et ça, on valide pas du tout.

4/ Établir ses conditions

Que vous soyez débutant·e et amateur·ice ou expert·e et professionnel·le, vous ne pouvez pas passer à côté des conditions. Si la collaboration est basée sur un échange de procédés, il ne faut pas s'oublier et oublier le respect du travail de chacun·e des intervenant·es. Poser ses conditions en amont de la séance photo, c'est aussi s'assurer que l'on a la même vision des choses et de s'éviter de (très) mauvaises surprises.



Pour vous donner une idée de ce que j'entends par là, je vais vous citer mes conditions de collaboration en vous expliquant la raison d'être de chacune :

  • Je ne rends que 7 photos
Rendre trop de photos, c'est à la fois trop de travail pour vous et aussi une dévalorisation du travail de photographe en général, même si beaucoup ne pensent pas à mal en rendant 60 photos d'une séance en extérieur. Ça demande énormément d'investissement à la retouche pour chacune de ces photos, pour le tri et surtout le jour où vous voudrez vous professionnaliser et/ou que vous rendrez moins de photo, on risque de vous le reprocher alors que vous aurez simplement compris qu'il n'est pas possible d'assumer une telle charge de travail. Pourquoi 7 ? Tout simplement parce que c'est un chiffre avec lequel je suis à l'aise, je pourrai en rendre un peu plus comme un peu moins, c'est seulement mon ressenti qui m'a permis de fixer le curseur à 7. C'est un chiffre très personnel et c'est donc à vous de le définir, en gardant en tête ce que je viens de vous dire.

  • Les photos sont choisies par moi et moi seulement
En commande, le/la client·e doit pouvoir avoir l'opportunité de choisir lui/elle-même les photos qui seront retouchées et rendues. Gardons à l'esprit qu'il s'agit ici d'une collaboration. Le/la modèle n'est pas à votre service et leur laisser le choix total des photos publiées revient à leur laisser croire que vous êtes à leur service. Or comme je le dis ici, personne n'est rémunéré et surtout pas vous. Bien entendu vous pouvez les modèles vous dire quelles photos ils/elles ne veulent surtout pas voir publiées car c'est important de pouvoir contrôler son image surtout sur le net. Il faut qu'ils/elles puissent consentir à ce résultat. Mais gardez à l'esprit que vous êtes le/la photographe et que c'est vous qui savez faire la différence entre les clichés de qualité et les autres.
En vérité, ce point me chagrine énormément car j'avais jusqu'il y a très peu de temps laissé le choix à mes modèles qu'elles étaient leurs photos préférées. Sauf que ça a donné lieu à trop d'abus, sans respect aucun pour mon travail et j'ai donc été obligée de recadrer les choses pour ne plus me laisser marcher sur les pieds.

  • Vous recevez le set sous 2 semaines
Je donne une indication de temps assez larges par rapport à mes capacités pour éviter qu'on vienne me souler toutes les 2 minutes pour savoir quand est-ce que sera le rendu des photos. Donner un délai assez large permet non seulement de vous laisser du temps pour faire les choses correctement mais surtout pour donner aux modèles une idée de la date de rendu. Comme ça, tout le monde est content (même si ça n'empêche pas certain·es de venir vous harceler par mp... Génial).

  • Je garde le contrôle de la direction artistique
C'est une collaboration, pas une commande et quand il s'agit de mon projet je tiens à garder la main dessus. Rien n'empêche évidemment de laisser les modèles vous proposer des idées, mais pensez à leur dire qu'ils/elles ne doivent pas se sentir offusqués si vous ne retenez pas leurs propositions.

  • Les crédits doivent toujours apparaître dans la description de la photo
Condition tellement non négociable et élémentaire qu'il s'agit en réalité d'une simple question de respect. Non, le simple tag n'est pas suffisant parce que figurez vous que la plupart des gens ne pensent pas à aller voir les comptes taggués directement sur la photo (par exemple sur Instagram le nombre de gens qui demandent aux influenceur·euses d'où vient tel ou tel vêtement alors qu'ils/elles ont passé un certain temps à tagguer toutes les marques présentes sur la photo).

  • Pas de retouche sur ce que j'ai fait (ni de filtre insta)
Pour des raisons évidentes de gens qui retouchent comme des phoques.

5/ Communiquer correctement avec son modèle

Vous allez faire de la photo de portrait et que vous le vouliez ou non vous allez pour cela devoir interagir avec un autre humain. La communication, je ne le dirai jamais assez, c'est la base de tout et dans tous les domaines réclamant une interaction sociale, même infime. Quand je dis que vous devez correctement communiquer avec votre modèle, ce n'est pas seulement pendant la séance photo. Non. Avant, pendant et après.


Ça passe par une prise de contact claire et précise en indiquant le type de projet que vous souhaitez mettre en place ainsi que toutes ses modalités (stylisme, coiffure, maquillage...etc). Même si votre idée est de faire quelque chose au feeling, assurez vous d'être d'accord sur les clichés de base, grosso modo (séance photo habillée, lingerie, nu...etc) histoire d'avoir une vague idée de ce qui vous attend et vous éviter encore une fois des surprises. Au-delà de ça et pendant la séance, la communication passe aussi par le fait de dire au modèle quand vous êtes satisfait·e d'une photo, d'une pose mais aussi et surtout de lui demander de remettre quelque chose en place que ce soit un cheveu ou un morceau de tissu.

Ne. touchez. Jamais. Un·e. Modèle. Sans. Permission


C'est crucial.

6/ Mettre à l'aise son modèle

En plus de bien communiquer avec vos modèles, il faut également faire en sorte de les mettre à l'aise. Que ce soit en prenant un thé et des gâteaux avant la séance, mettre de la musique (si possible des années 2000, les vrai·es savent), penser à un endroit safe pour qu'il/elle puisse se changer convenablement, ça ne fera que mettre en confiance le/la modèle et rendra l'expérience d'autant plus agréable et pour tout le monde.


Je vous conseille cet excellent article de ma copine Misery qui a fait un dossier sur l'art de mettre son modèle à l'aise

7/ Tester sans relâche et apprendre continuellement

Ne vous imposez pas de limite dans la technique et les tests, mettez vous toujours au défi pour sortir de votre zone de confort. Il faut tâtonner pour pouvoir progresser lorsqu'on ne fait pas d'école de photo. Regardez des photos, inspirez-vous en (sans plagier), mettez vous des contraintes, regardez des vidéos de traitement, économisez et participez à des workshops qui valent le coup pour progresser en technique, bref : abreuvez-vous de savoir pour faire toujours au mieux.


qui déboîte pas mal pour apprendre la technique

Un site où les photographes partagent leurs photos avec leurs réglages et le placement de leurs lumières (faites gaffe, y a vraiment de tout là dedans, donc sélectionnez soigneusement les clichés qui vous intéressent)

8/ Respecter ses envies

Je termine donc par un conseil qui me paraît encore plus essentiel: en Photo comme dans tout domaine artistique, le syndrome de la page blanche existe et est bien présent. Écoutez vous et ménagez vous, si vous avez besoin d'une pause pour vous consacrer à autre chose ou à vous même faites le, sans culpabiliser. 


Il m'est arrivé plusieurs fois de faire des pauses quelques mois soit pour me ressourcer soit pour me consacrer à d'autres projets. Et je pense que si je n'avais pas ralenti les choses, je n'aurais pas eu l'énergie de continuer aussi frénétiquement avec la même motivation et la même joie qui m'anime.

mardi 1 mai 2018

Des PP de BG à foison- Devenez modèle photo !


Bon. La dernière fois qu'on a abordé le sujet je vous expliquais surtout comment ne pas passer pour un gros rustre pour avoir de jolies photosMaintenant que les bases ont été posées, j'aimerais vous inciter à vous lancer dans le modeling. Parce que le modeling c'est cool et que c'est une raison déjà bien suffisante.




WARNING WARNING WARNING
Ceci n'est pas une invitation à m'envoyer des demandes de collab
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Pourquoi vouloir poser ?

Certaines personnes disent avoir commencé à poser dans une volonté d'apprivoiser leur corps, pour s'y sentir mieux. La pose prend alors une visée thérapeutique en aidant les modèles à s'accepter, ce qui est une très bonne chose et donc une première raison pour laquelle vous auriez envie de vous mettre à poser. Mais ce n'est pas la seule raison. Eh oui, d'autres modèles posent parce qu'ils/elles aiment incarner un personnage et que cela ne passe pas exclusivement par le théâtre ou le cinéma mais peut aussi par la photo. 

J'ai personnellement commencé à poser peu après m'être lancée dans la photo en tant que photographe (amatrice). Tout simplement parce que je voulais comprendre ce qu'il se passait de l'autre côté de l'appareil, quand il n'y a à penser «qu'à la pose» et non plus à la photo au sens technique du terme. Je le précise car pour ceux et celles qui ne le sauraient pas je fais également des autoportraits et ce depuis mes débuts en photo. Or je trouve qu'il y a encore une différence entre l'autoportrait où on est avec soi-même et la pose devant un(e) photographe qui nous dirige et de fait nous met dans une situation peu confortable puisque nous ne sommes plus seul(e)s.





Et si je n'ai pas de profil type «agence»?

Être modèle ne signifie pas être mannequin. Dans le monde du modeling, pas de taille minimum, pas de restriction de poids ou de couleur de cheveux. L'important avant tout c'est de dégager quelque chose qui fera que vous vous démarquerez des autres modèles. Et je ne parle pas forcément de style ou de trait physique, cela peut aussi être une capacité à prendre des poses très expressives par exemple. 

Alors oui, certain(e)s photographes pour leurs commandes (par des marques) ou leur travail personnel recherchent des modèles type agence. Mais d'autres ont d'autres d'histoires à raconter, plus artistique et ont donc besoin de plusieurs personnages. Vous finirez probablement par trouver un ou une photographe intéressé(e) par votre profil.




Comment se construire un book?

Un book, c'est une sélection de travaux représentatifs de ce que vous faites. Mais cela peut aussi être une sélection, parmi vos travaux, d'un style vers lequel vous aimeriez vous diriger. L'une de mes amies modèles par exemple n'a retenu que ses photos axées mode car elle ne souhaite plus en faire d'autre type et ne veut pas aiguiller les photographes qui voudraient la contacter vers une piste qui ne lui conviendrait pas. Évidemment lorsqu'on commence, on ne sait pas où et comment débuter ou qui contacter. Selon moi, le chemin idéal serait de demander à un(e) ami(e), pas forcément photographe, de vous prendre en photo. Je ne dis absolument pas que ces photos serviront pour votre book, loin de là (sauf si l'ami(e) en question est photographe), mais surtout histoire de vous familiariser quelque peu avec un objectif. 

Ensuite, je vous dirais de contacter des photographes qui vous plaisent pour leur passer commande. Non, il n'y a aucune honte à commander des photos à des photographes. Je me doute que pour certain(e) le rêve serait d'être repéré(e) par un(e) photographe que vous admirez et de vous faire un nom comme ça. Mais il faut bien commencer quelque part et vous aurez ainsi la garantie d'avoir tout de suite un book de bonne qualité. 

Au passage, MERCI D'ÉVITER D'Y METTRE DES SELFIES. Ça ne fait juste pas sérieux et la plupart du temps cela vous décrédibilisera. Non vraiment, accordez vous un petit budget modeling et contactez les photographes.

Quand on m'envoie un book fait de selfies avec option filtres snapchat

J'ajoute enfin que le book, étant une sélection, ne doit pas comporter plus de deux photos de la même séance photo, à moins que celle-ci montre vraiment des ambiances différentes. Donc n'hésitez pas à demander aux photographes s'ils ont des mini formules avec un rendu de 3 ou 4 photos pour ne pas vous ruiner dès le départ dans un set de 15 photos qui ne vous conviendra plus au bout de 6 mois parce que vous aurez pris du gallon en tant que modèle et que vous n'aimerez plus votre attitude sur ces photos.

C'est ce qu'on appelle être efficace

Où trouver des photographes dont le travail me plaira ?

J'ai envie de vous répondre: un peu partout ! Mais bon, vu que nous sommes entre nous j'aimerais tout de même vous conseiller pour quelque chose: ne vous inscrivez pas sur les groupes facebook de photographes. Il y a de tout parmi ces groupes et c'est justement ça que je trouve embêtant: vous y trouverez d'excellents photographes professionnels ou amateurs tout comme vous pouvez y trouver Dédé et sa désaturation partielle (point désaturation partielle: vous vous souvenez de ces photos immondes de New-York en noir et blanc avec un taxi jaune coloré que toute la France a eu en affiche ou en set de table il y a 15 ans ? Bon ben voilà). 

LE BON GOÛT

Après, libre à vous de choisir parmi ces groupes, surtout si votre truc c'est la désaturation partielle. Chacun son délire n'est-ce pas ?

Étant une afficionado d'Instagram, j'aurais tendance à dire que vous avez plus de chances de trouver de vrai(e)s bon(ne)s photographes sur cette plateforme. Baladez-vous dans les abonnements que suivent les photographes ou modèles dont vous estimez le travail et visitez le profil d'autres photographes pour découvrir plein de talent. Personnellement je triche un peu, étant donné que je connais un peu ce petit monde (au bout de 8 ans c'est inévitable je crois), mais je vous assure que cette méthode peut s'avérer efficace.




Comment ne pas tomber sur un(e) photographe pervers(e) ?

Très bonne question ! À vrai dire, je vais me contenter de linker la vidéo d'une camarade photographe qui a réalisé une excellente vidéo à ce propos avec ses conseils. Bon malheureusement elle en fait plus de vidéo sur cette chaîne centrée sur la Photo mais il paraît qu'elle a une autre chaîne maintenant.



Pour celles et ceux qui auraient la flemme de regarder et parce que ce message est important je vous remets les recommandations ici:

1- Demandez toujours aux photographes qui viendraient à vous contacter leur book. Déjà pour voir si leur style vous plaît mais surtout parce que bon nombre de prédateurs n'ayant pas de photos à vous montrer chercheront des excuses du type «mon site est en maintenance » (alors qu'il pourrait vous envoyer un extrait par mail), «je n'ai pas mon disque dur externe sur moi»... Et j'en passe. Si vous voyez que les photos présentées sur un site sont trop beaucoup trop différentes les unes des autres dans leur qualité ou leur style méfiez-vous, ce(tte) «fauxtographe» a peut être volé plusieurs photos à d'autres artistes.

2- Soyez attentifs/ives au feeling ! En discutant avec la personne si vous vous rendez compte que la communication est étrange, qu'elle fait des allusions sexuelles malvenues ou tout simplement que vous ne le sentez pas, n'hésitez pas à couper court à la conversation. Ne vous en sentez pas coupable, il vaut mieux ça et vous être trompé plutôt que de se mettre en danger.

3- Dites que vous souhaitez venir accompagné(e). Ceci est toujours un très bon indicateur du sérieux des photographes qui vous contactent. Si la personne refuse catégoriquement que vous soyez accompagnée d'un(e) ami(e) discret(e) – et j'insiste là dessus- qui ne sera pas trop loin, posez vous des questions. Alors bien sûr certains shootings réclament que le/la modèle viennent seul(e), une équipe assez conséquente ayant déjà été bookée (coiffeurs/coiffeuses, maquilleurs/maquilleuses), stylistes) mais cela reste toujours une chose à avoir en tête pour débusquer les fauxtographes. 
Et surtout si vous partez seul(e) à la rencontre d'un(e) photographe que vous ne connaissez pas, laissez toujours l'adresse à laquelle vous vous rendrez à un(e) proche pour que quelqu'un sache où vous êtes.

4- Interrogez les précédent(e)s modèles ! N'hésitez pas à prendre contact avec les modèles avec lesquel(les) le/la photographe a déjà travaillé. S'il s'agit d'une personne respectable, il/elle aura mis les crédits sous chaque photo et vous retrouverez ainsi facilement le contact du/de la modèle. Demandez comment s'était passée la séance, si il/elle n'avait pas eu de geste déplacé.

5- Posez des conditions et tenez-vous en aux conditions ! Un(e) vrai(e) photographe respectueux ne cherchera pas à aller au-delà de ce que vous souhaitez vous imposer comme limite. Vous ne voulez pas poser nu(e) ou en lingerie ? Dites-lui et voyez sa réaction. Si cette conversation a lieu à l'oral, n'hésitez pas à le mettre par écrit par mail ou dans un message histoire d'avoir une trace écrite de ce qui a été convenu pour ne pas subir de chantage ou qu'on tente de vous manipuler.




J'ai l'impression qu'aucun(e) photographe ne veut de mon profil ?

Je parle ici uniquement de collaborations. Comme je le disais, il y a énormément de photographes en ce monde. Je suis donc persuadée qu'il y aura forcément quelqu'un dont le travail vous touchera qui aimera votre profil. Même s'il n'est pas simple d'accepter le refus, surtout si l'on a commencé à poser dans un but thérapeutique, il faut garder à l'idée que les photographes réalisent des collaborations sur leur temps libre et qu'elles ne leur permettent pas de s'alimenter. Il ne faut pas donc s'offusquer si à la place ils/elles vous proposent une commande. Par ailleurs, parce qu'ils/elles disposent de peu de temps pour ces travaux personnels, il faut comprendre qu'ils/elles puissent avoir envie de réaliser exactement ce qu'ils/elles imaginent et donc de trouver un(e) modèle qui correspondra parfaitement à leurs attentes. Ne jamais se décourager.



C'est bon, vous êtes paré(e)s ?



mardi 30 janvier 2018

Je veux une PP de BG – Comment ne pas passer pour un gros con pour avoir une séance photo ?

Certes, je ne suis pas une professionnelle de la Photo. J'ai néanmoins eu l'occasion d'apprendre deux trois trucs tout au long de mes huit ans de pratique. Parce qu'il y a des comportements qui peuvent parfois être vraiment exaspérants et surtout parce que je constate que la majorité des personnes qui font ce genre de boulettes n'en n'ont absolument pas l'intention ou même conscience. Je vous invite donc à prendre cet article comme un petit manuel à destination des personnes souhaitant une séance photo, qu'elle soit gratuite ou non. 

Dans la tête de certain(e)s photographes face aux demandes farfelues qu'ils/elles peuvent recevoir

Voici donc 5 points pour comprendre ce qui peut agacer:

1- Ayez conscience de la quantité de travail que vous demandez

Eh oui parce que faire de la photo, quand on est un tant soit peu passionné, c'est un peu plus que d'appuyer sur un bouton. Une séance photo dans la plupart des cas se prépare, se réfléchit et surtout, SURTOUT, pensez au travail qui arrivera APRÈS la séance photo. Entre le tri, le développement et la retouche, pensez donc aux heures de travail que cela peut impliquer. On peut donc assez facilement comprendre que certains soient assez offusqués lorsqu'ils se voient proposé un reportage de plusieurs semaines sur un sujet qui ne les intéresse pas forcément, tout ça pour l'amour de la démarche.


2- Ne pas confondre commande et collaboration

Une commande désigne le fait de rémunérer un(e) photographe contre la remise de photos. Une collaboration est un échange de bons procédés où chacun et je dis bien chacun est d'accord avec le projet et y trouve son compte. Il peut s'agir d'un traditionnel «pose contre photos», de photos contre un logo, bref, tout ce qui peut arranger le/la photographe. Lorsque je parle de «pose contre photos», situation la plus classique, il faut se rappeler de quelque chose: comme je l'ai expliqué en début de paragraphe, la collaboration n'est pas une commande. De ce fait, il n'est pas possible d'avoir le même degré d'exigence que pour une commande. Que vous fixiez des conditions avec le/la photographe est tout à fait normal, mais revenir sur quasiment chaque photo livrée pour demander une retouche supplémentaire devient très vite agaçant et amenuisera la probabilité que le/la photographe accepte de renouveler l'opération quelques temps plus tard.

Je vous demande donc de garder à l'esprit dans le cas où le/la photographe accepterait une séance photo simplement pour vous rendre service, qu'il faut se réjouir de son accord et ne pas pousser le bouchon trop loin. Si vous souhaitez quelque chose de très précis, exactement comme vous l'imaginez et pas autrement, sans laisser le/la photographe laisser sa «patte» sur les photos que vous lui demandez, payez cette prestation. Vous deviendrez alors un client et pourrez avoir les exigences qui peuvent découler d'un tel statut.

Illustration d'un photographe déboussolé suite à l'instance d'un modèle un peu trop exigeant

3- Créditer un photographe n'est pas une récompense

Si quelque chose a le don de nous agacer, c'est bien les demandes de shooting agrémentées d'un «en l'échange, je mettrai ton nom sous les photos avec ton site». Je préfère vous le dire tout de suite, ceci n'est pas un argument. Le crédit est quelque chose de normal. Ce n'est pas un moyen de paiement et ne pensez pas que créditer les artistes avec lesquels vous travaillez fait de vous un messie. C'est la moindre des choses.


De même que l'offre d'une certaine «visibilité» n'est en soit pas un argument, à moins que vous soyez un(e) influenceur(se) extrêmement populaire sur les réseaux sociaux et que votre notoriété puisse effectivement agir comme une réelle plus-value. Mais proposer une visibilité auprès «des étudiants de médecine de ma fac» qui n'ont pas pour la plupart pas besoin de photos (contrairement à des étudiants en théâtre par exemple qui auraient régulièrement besoin de refaire leur book) n'est pas une offre incroyable sur laquelle les photographes vont se jeter.

4- Les conditions sont les conditions

Les conditions sont les conditions, bien vu me direz vous. Pour commencer les conditions sont les modalités dans lesquelles vont se dérouler la séance photo. Ainsi, photographe et modèle (ou autre) se mettent d'accord sur non seulement le contenu de la séance mais également le rendu de celle-ci. Elles sont non seulement fondamentales pour une bonne entente mais surtout ce que je vous demande ici, c'est de vous en tenir aux conditions. S'il a été convenu que le rendu de la séance photo sera de 7 photos retouchées et que vous l'acceptez, ne tentez pas de forcer la main de votre interlocuteur pour obtenir toutes les photos non retouchées.

À propos des demandes d'envoi des photos non retouchées, dans la grande majorité des cas, cette demande vous sera largement refusée, beaucoup de photographes considérant que les photos dites brutes ne représentent pas leur travail fini puisque la retouche fait partie intégrante de leur création artistique. C'est comme si vous demandiez à un(e) couturier(ère) un vêtement sur mesure sans les ourlets, ça fait dégueulasse et personne n'a envie d'être associé à un travail dégueulasse, surtout quand elle essaye d'en vivre. 

Ah et puis tant que j'y suis, merci de ne pas retoucher par dessus le travail du/de la photographe. C'est une question de respect, à moins qu'il/elle soit d'accord et ait validé votre production. Dans le même ordre d'idée, merci d'éviter de ruiner des heures de retouches par un filtre Instagram absolument laid au possible, ce serait sympa quand même.

Quand on me demande de filer les photos "brutes"

5- Il ne sert à rien de forcer pour une collaboration

Lorsque vous demander à un(e) photographe une collaboration et qu'il/elle refuse, ne soyez pas lourd au point de redemander tous les mois, à moins que la personne vous ait expliqué qu'elle était réellement intéressée par votre profil mais qu'elle n'avait tout simplement pas le temps pour le moment. Et encore, au bout d'une relance si le/la photographe ne vous propose pas de date, il vaudrait limite mieux de lâcher l'affaire et attendre qu'il/elle vienne vous recontacter de lui/elle-même. En particulier s'il s'agit d'un(e) photographe amateur/trice, ce qui implique donc que la personne ait d'autres activités en dehors de la Photo. Elle n'a pas autant de temps à y consacrer et le peu de temps qu'elle réussira à dégager pour pratiquer la passion qui l'anime ne devrait pas être ressenti comme un temps à prendre en photo la personne qui la harcèle pour avoir une nouvelle photo de profil depuis 1 an. Ce moment sera alors vu comme une corvée et personne n'a envie de voir sa passion transformée en corvée.

Quand on me recontacte toutes les 2 semaines pour une collab et que je ne sais plus comment dire non une bonne fois pour toute

J'espère que cet article vous aura plu, je vous serai reconnaissante de ne pas le prendre comme un affront. Il a en effet seulement pour vocation d'aider les gens à prendre conscience de certaines choses, malgré son titre racoleur (que personnellement je trouve très drôle mais ça n'engage que moi).


Allez on se dit à jeudi pour une nouvelle vidéo et mes amitiés à votre femme !