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mardi 18 décembre 2018

Se prendre en photo soi-même – Pourquoi faire des autoportraits ?


Je me suis lancée en Photo par envie de créer quelque chose qui me plaisait esthétiquement avec mes ami·es, en leur tirant le portrait. J'adorais réfléchir à des mises en scène, au stylisme, au maquillage et à la coiffure de mes modèles. Vous l'aurez sans doute remarqué, je réalise très souvent des autoportraits. En vérité, j'estime que c'est une partie intégrante de mon travail et j'ai eu envie aujourd'hui de vous expliquer pourquoi est-ce que je me prends souvent en photo. Ce billet sera donc ponctué de ces différents autoportraits, je vous préviens : il va y avoir du déterrage de dossier et ce dans un ordre complètement aléatoire, parce que je fais bien ce que je veux.


Les autoportraits ont commencé quasiment en même temps que mes shootings derrière l'appareil, bien avant que je n'ose même imaginer poser pour un·e photographe. Au risque d'en décevoir certain·es, je pense très sincèrement que les premières fois où j'ai lancé le retardateur c'était pour me faire une nouvelle photo de profil Facebook. C'est peu palpitant, c'est pas un storytelling qui fait rêver, mais c'est pourtant la réalité.

La bonne signature dégueulasse dans le coin en haut à gauche, tout ce qu'on aime

Si cette première motivation était d'ordre purement superficiel, il fallait bien avouer que j'ai fini par me prendre au jeu de cet exercice différent, pour pouvoir multiplier les possibilités de création. Pas de contrainte de devoir collaborer avec un·e modèle, dans le sens où si l'envie me prenait de faire une photo à 3 heures du matin, je pouvais le faire – même si je ne le faisais jamais car la nuit JE DORS EH OUI.


Je m'amusais beaucoup à imaginer de nouvelles choses, surprendre les quelques personnes qui suivaient mon travail et surtout mes ami·es. Je me déguisais, je testais des poses pour de futures photos avec mes modèles, j'étais tour à tour Lara Croft, Esmeralda, la Reine de Blanche-Neige... Je n'ai jamais vraiment intériorisé cette pratique qui me paraissait naturelle, non pas que je me disais être faite pour être devant l'objectif, loin de là, mais plus parce que le principe de soi-même se prêter au jeu de la pose me paraissait indispensable pour saisir ce qu'il se passait dans la tête des modèles (ce que j'ai enfin réussi à mieux comprendre à partir du moment où j'ai posé devant un·e autre photographe que moi, l'important étant la communication, difficile de se rendre compte des choses quand on est seul·e à seul·e...).


C'est en fait il y a quelques années seulement que j'ai compris à quel point la pratique de l'autoportrait m'avait aidée à me construire... Ou plutôt m'avait empêchée de me détruire. Comme je le disais dans la vidéo Cher Corps de Léa Bordier à laquelle j'ai participé, en soi, je n'ai pas eu et je n'ai pas vraiment de problème avec mon corps. Bien sûr, il y a des moments où je ne me sens pas bien, où je ne me sens pas belle mais pour être honnête, je me suis toujours dit que mon corps était tel qu'il était et que je devais l'accepter comme ça. Pas en l'appréciant particulièrement, pas en lui vouant un culte, non. Juste que j'avais ce que j'avais et qu'il fallait que je m'en contente. Que j'étais bien assez chanceuse de ne pas souffrir d'un handicap physique et que donc je n'avais pas le droit de me plaindre (ce qui est faux finalement, puisqu'on a tous et toutes le droit de se sentir bien ou mal dans sa peau). Certes, ma relation à mon corps n'est pas toujours apaisée, pas toujours saine, il n'empêche que globalement je suis plutôt « ok » avec.


Si j'en suis arrivée à un tel état d'esprit vis-à-vis de l'image que j'ai de mon corps, c'est je pense en grande partie des autoportraits (et des discours que j'entendais autour de moi). La mise en scène et ma volonté de créer quelque chose de nouveau m'ont permis de passer outre les complexes que j'ai pu avoir. Je me souviens, en y repensant, que l'important pour moi n'était pas de me trouver jolie sur une photo, mais seulement d'arriver à créer l'esthétique que je visualisais dans ma tête. Le résultat était mon seul but, peu importe l'amas de chair qui se trouvait au centre de la photo. Ça ne m'intéressait pas de savoir si je me sentais belle le jour où je décidais d'enlever le cache de mon objectif, non. Le seul critère était l'envie de créer (et la fatigue – non parce que sans déconner poser c'est quand même archi crevant).


Ce qui me fait doucement rire, c'est que lorsque je trouve l'un de mes autoportraits mauvais, ce n'est pratiquement jamais à cause de ma tête, mais surtout à cause d'erreurs de gestion technique. Je ne suis pas non plus en train de vous dire que je me trouve exceptionnelle sur chaque photo, mais simplement que cet aspect technique prend largement le pas sur mon opinion vis-à-vis de mon faciès.


Si j'ai mis du temps à comprendre pourquoi les autoportraits étaient quelque chose de bénéfique, je ne peux vous conseiller de vous y mettre. Pour être à l'aise avec son image, pour s'exercer quand on veut devenir modèle, pour créer de nouvelles choses à 3 heures du matin après avoir eu un éclair de génie en regardant une vidéo sur YouTube, j'en sais rien.


Toujours est-il que je ne peux vous encourager à multiplier les moyens de vous accepter, tel que vous êtes. Ça ne pourra que vous être bénéfique.


mardi 27 novembre 2018

De l'autre côté de l'objectif - 8 conseils pour commencer la photo de portrait


Je donnais il y a peu de temps des conseils à un ami venu investir mon studio pour y tester la Photo avec lumières artificielles. Comme il avait commencé la photo il y a quelques mois seulement, je me suis dit que c'était l'occasion de lui filer quelques petits tips. Après réflexion, je me suis dit qu'il ne serait pas inintéressant de vous les partager, puisqu'il n'est pas rare que l'on me demande 2-3 conseils par-ci par là (comment ça je fais des articles juste pour pouvoir répondre à mes dm avec un lien ? Moi ? Jamais, ha!). C'est un peu le pendant de mes articles expliquant comment devenir modèle et comment obtenir une séance photo sans passer pour un gros con.

Ces conseils s'appliquent dans le cadre d'une collaboration (c'est-à-dire dans le cadre d'un échange de bons procédés) même si en vrai beaucoup d'entre eux sont transposables pour une commande. Mais il y a quand même une différence majeure à prendre en compte : le statut du modèle. En commande, le modèle vous paie, il s'agit donc d'un client. En collab, le modèle est un... OUI. Un collaborateur, et si certains pouvaient se tatouer ça sur le front pour pas l'oublier ce serait pas de refus ma bonne dame.



1/ Se demander « Pourquoi je me lance dans la Photo ? »


Donc vous avez envie de vous lancer dans la Photo et que ce soit à titre récréatif ou non, c'est très bien. Mais prenez tout de même le temps de vous poser la question, pourquoi est-ce j'ai envie d'en faire ? Est-ce que vous ressentez un besoin de création artistique ? Est-ce que vous avez la curiosité d'en apprendre plus sur la technique ? Est-ce que vous souhaitez faire vos propres portraits (quoi on sait jamais) ? Ce que je veux dire par là, c'est que vous n'allez pas vous fixer le même rythme de pratique si vous souhaitez apprendre doucement ou si vous avez un réel objectif de professionnalisation urgent.

Personnellement j'ai commencé la Photo en m'amusant avec des amies et j'ai ensuite eu envie d'en apprendre plus pour pouvoir mieux réaliser les idées de mises en scène que j'avais en tête.

Attention : si vous vous vous lancez en photo pour rencontrer des gens dans le but de les draguer, merci de vous abstenir. Cette terre est déjà bien assez remplie de faux-tographes et puis en plus votre nom tournera bien assez vite dans le monde de la Photo en tant que photographe craignos pour vous faire une sale réputation en l'espace de quelques mois, je suis pas sûre que vous ayez envie de tenter l'expérience.


2/ Investir matos dernier cri est inutile quand on débute

La Photo ça coûte cher, vous le savez, je le sais, ma conseillère bancaire le sait. Je ne parle même pas du matériel dernier cri qui est capable de vous envoyer des colis et faire du café (non mais je serais quand même vachement curieuse de voir ça si ça arrivait un jour). J'entends bien qu'il soit tentant de vouloir acheter le meilleur histoire d'être tranquille jusqu'à la fin de ses jours mais gardez à l'esprit ceci : mieux vaut commencer doucement pour pouvoir mieux appréhender les choses. D'autant plus que vous risqueriez d'avoir le sentiment d'être perdus avec toutes ces fonctionnalités de professionnels et de vite vous décourager.


Notez aussi que plus vous progresserez, plus vous sentirez les limites de votre matos et vous ressentirez une réelle différence quand vous passerez à un modèle supérieur (que ce soit un boîtier ou un objectif). Surtout que d'ici à ce que vous maîtrisiez parfaitement votre appareil, d'autres modèles bien plus performants seront sortis d'ici là et votre appareil ne vaudra plus rien même en occasion. Alors soyez astucieu·ses !

3/ Proposer votre book


Pour contacter un·e modèle mieux vaut lui donner une idée de ce que vous savez faire. Comme je le disais dans cet article, le book est un bon moyen de se projeter pour imaginer un rendu des photos. Surtout, c'est un excellent indicateur servant à repérer les faux-tographes (a.k.a les pervers) en s'assurant par exemple si les images présentées n'ont pas été volées sur le site d'un·e autre photographe - via la recherche inversée de Google.

Oké José, mais si je commence comment je fais pour avoir un, de book ?

Et c'est LÀ que vos potos entrent en jeu. Vous avez aidé un·e ami·e à déménager et il/elle ne sait pas comment vous rendre la pareille ? PAR-FAIT, il/elle va pouvoir poser pour vous ! En plus, ça lui fera de jolis portraits gratuits. Pour autant, quand vous contacterez la personne que vous souhaitez prendre en photo, soyez honnête et précisez que vous commencez tout juste. De toute façon si le/la modèle s'en rend compte tout·e seul·e sur la séance photo, le courant risque de mal passer puisque vous lui aurez caché une information assez capitale et ça, on valide pas du tout.

4/ Établir ses conditions

Que vous soyez débutant·e et amateur·ice ou expert·e et professionnel·le, vous ne pouvez pas passer à côté des conditions. Si la collaboration est basée sur un échange de procédés, il ne faut pas s'oublier et oublier le respect du travail de chacun·e des intervenant·es. Poser ses conditions en amont de la séance photo, c'est aussi s'assurer que l'on a la même vision des choses et de s'éviter de (très) mauvaises surprises.



Pour vous donner une idée de ce que j'entends par là, je vais vous citer mes conditions de collaboration en vous expliquant la raison d'être de chacune :

  • Je ne rends que 7 photos
Rendre trop de photos, c'est à la fois trop de travail pour vous et aussi une dévalorisation du travail de photographe en général, même si beaucoup ne pensent pas à mal en rendant 60 photos d'une séance en extérieur. Ça demande énormément d'investissement à la retouche pour chacune de ces photos, pour le tri et surtout le jour où vous voudrez vous professionnaliser et/ou que vous rendrez moins de photo, on risque de vous le reprocher alors que vous aurez simplement compris qu'il n'est pas possible d'assumer une telle charge de travail. Pourquoi 7 ? Tout simplement parce que c'est un chiffre avec lequel je suis à l'aise, je pourrai en rendre un peu plus comme un peu moins, c'est seulement mon ressenti qui m'a permis de fixer le curseur à 7. C'est un chiffre très personnel et c'est donc à vous de le définir, en gardant en tête ce que je viens de vous dire.

  • Les photos sont choisies par moi et moi seulement
En commande, le/la client·e doit pouvoir avoir l'opportunité de choisir lui/elle-même les photos qui seront retouchées et rendues. Gardons à l'esprit qu'il s'agit ici d'une collaboration. Le/la modèle n'est pas à votre service et leur laisser le choix total des photos publiées revient à leur laisser croire que vous êtes à leur service. Or comme je le dis ici, personne n'est rémunéré et surtout pas vous. Bien entendu vous pouvez les modèles vous dire quelles photos ils/elles ne veulent surtout pas voir publiées car c'est important de pouvoir contrôler son image surtout sur le net. Il faut qu'ils/elles puissent consentir à ce résultat. Mais gardez à l'esprit que vous êtes le/la photographe et que c'est vous qui savez faire la différence entre les clichés de qualité et les autres.
En vérité, ce point me chagrine énormément car j'avais jusqu'il y a très peu de temps laissé le choix à mes modèles qu'elles étaient leurs photos préférées. Sauf que ça a donné lieu à trop d'abus, sans respect aucun pour mon travail et j'ai donc été obligée de recadrer les choses pour ne plus me laisser marcher sur les pieds.

  • Vous recevez le set sous 2 semaines
Je donne une indication de temps assez larges par rapport à mes capacités pour éviter qu'on vienne me souler toutes les 2 minutes pour savoir quand est-ce que sera le rendu des photos. Donner un délai assez large permet non seulement de vous laisser du temps pour faire les choses correctement mais surtout pour donner aux modèles une idée de la date de rendu. Comme ça, tout le monde est content (même si ça n'empêche pas certain·es de venir vous harceler par mp... Génial).

  • Je garde le contrôle de la direction artistique
C'est une collaboration, pas une commande et quand il s'agit de mon projet je tiens à garder la main dessus. Rien n'empêche évidemment de laisser les modèles vous proposer des idées, mais pensez à leur dire qu'ils/elles ne doivent pas se sentir offusqués si vous ne retenez pas leurs propositions.

  • Les crédits doivent toujours apparaître dans la description de la photo
Condition tellement non négociable et élémentaire qu'il s'agit en réalité d'une simple question de respect. Non, le simple tag n'est pas suffisant parce que figurez vous que la plupart des gens ne pensent pas à aller voir les comptes taggués directement sur la photo (par exemple sur Instagram le nombre de gens qui demandent aux influenceur·euses d'où vient tel ou tel vêtement alors qu'ils/elles ont passé un certain temps à tagguer toutes les marques présentes sur la photo).

  • Pas de retouche sur ce que j'ai fait (ni de filtre insta)
Pour des raisons évidentes de gens qui retouchent comme des phoques.

5/ Communiquer correctement avec son modèle

Vous allez faire de la photo de portrait et que vous le vouliez ou non vous allez pour cela devoir interagir avec un autre humain. La communication, je ne le dirai jamais assez, c'est la base de tout et dans tous les domaines réclamant une interaction sociale, même infime. Quand je dis que vous devez correctement communiquer avec votre modèle, ce n'est pas seulement pendant la séance photo. Non. Avant, pendant et après.


Ça passe par une prise de contact claire et précise en indiquant le type de projet que vous souhaitez mettre en place ainsi que toutes ses modalités (stylisme, coiffure, maquillage...etc). Même si votre idée est de faire quelque chose au feeling, assurez vous d'être d'accord sur les clichés de base, grosso modo (séance photo habillée, lingerie, nu...etc) histoire d'avoir une vague idée de ce qui vous attend et vous éviter encore une fois des surprises. Au-delà de ça et pendant la séance, la communication passe aussi par le fait de dire au modèle quand vous êtes satisfait·e d'une photo, d'une pose mais aussi et surtout de lui demander de remettre quelque chose en place que ce soit un cheveu ou un morceau de tissu.

Ne. touchez. Jamais. Un·e. Modèle. Sans. Permission


C'est crucial.

6/ Mettre à l'aise son modèle

En plus de bien communiquer avec vos modèles, il faut également faire en sorte de les mettre à l'aise. Que ce soit en prenant un thé et des gâteaux avant la séance, mettre de la musique (si possible des années 2000, les vrai·es savent), penser à un endroit safe pour qu'il/elle puisse se changer convenablement, ça ne fera que mettre en confiance le/la modèle et rendra l'expérience d'autant plus agréable et pour tout le monde.


Je vous conseille cet excellent article de ma copine Misery qui a fait un dossier sur l'art de mettre son modèle à l'aise

7/ Tester sans relâche et apprendre continuellement

Ne vous imposez pas de limite dans la technique et les tests, mettez vous toujours au défi pour sortir de votre zone de confort. Il faut tâtonner pour pouvoir progresser lorsqu'on ne fait pas d'école de photo. Regardez des photos, inspirez-vous en (sans plagier), mettez vous des contraintes, regardez des vidéos de traitement, économisez et participez à des workshops qui valent le coup pour progresser en technique, bref : abreuvez-vous de savoir pour faire toujours au mieux.


qui déboîte pas mal pour apprendre la technique

Un site où les photographes partagent leurs photos avec leurs réglages et le placement de leurs lumières (faites gaffe, y a vraiment de tout là dedans, donc sélectionnez soigneusement les clichés qui vous intéressent)

8/ Respecter ses envies

Je termine donc par un conseil qui me paraît encore plus essentiel: en Photo comme dans tout domaine artistique, le syndrome de la page blanche existe et est bien présent. Écoutez vous et ménagez vous, si vous avez besoin d'une pause pour vous consacrer à autre chose ou à vous même faites le, sans culpabiliser. 


Il m'est arrivé plusieurs fois de faire des pauses quelques mois soit pour me ressourcer soit pour me consacrer à d'autres projets. Et je pense que si je n'avais pas ralenti les choses, je n'aurais pas eu l'énergie de continuer aussi frénétiquement avec la même motivation et la même joie qui m'anime.

mardi 15 mai 2018

La Photo et moi – Mon propre Fruit de la Passion


Déjà 8 ans que je fais de la Photo, ça passe à vitesse folle.

La Photo m'a fait vivre des choses vraiment belles, que je n'aurais même pas osé imaginer en commençant. Des expos, interview, l'intégration à un webzine... Mais surtout, des rencontres incroyables.

Quelques unes de mes amies les plus proches étaient au début « simplement » des modèles avec qui je travaillais de temps à autre. J'ai même été intervenante photographe en colonies de vacances, pour apprendre à des enfants et ados comment utiliser un appareil, j'ai tenté de leur filer le virus. Je crois même que ça a marché pour certains, une belle victoire.

La Photo, c'est ce truc qui me semblait pas vraiment payer de mine mais que je n'ai jamais pu quitter à partir du moment où j'ai appuyé pour la première fois sur un déclencheur lors d'une séance photo. Je pensais que c'était quelque chose que je garderai seulement comme passion or plus le temps passe, plus je me rends compte que c'est une passion qui prend le pas sur tout le reste. 

Aujourd'hui je me suis dit qu'il serait intéressant de revenir sur mon parcours, en vous montrant l'évolution de mon style (surtout parce que c'est mon blog et parce que j'y fais un peu ce que je veux, hein).


Première photo, dernière photo


À gauche: Ameera (2010), à droite: Lëya Smith (2018)

Comme beaucoup j'imagine, j'ai commencé en photographiant mes ami(e)s assez innocemment, pour le 
« délire » (j'étais une meuf top délire, une grande guedin comme on ne dit plus). Et puis peu à peu c'est devenu de plus en plus sérieux.

J'ai toujours entretenu mon goût pour les costumes et les mises en scène alors vous imaginez bien que la photo de portrait semblait être une évidence. Du coup, il n'y a jamais eu de doute sur le style de photos que je voulais faire, dans les grandes lignes (paysage, portrait, nature morte). Évidemment, concernant le style artistique, ça a été une autre paire de manches.

D'abord il y a eu les thèmes, longtemps même. Thème Reine Rouge, thème Blanche Neige... Des thèmes à chaque séance. Dans ma logique de mise en scène, une séance ne pouvait avoir lieu d'être s'il n'y avait pas de thème défini. C'était obligatoire.
Modèles: Gabriela & Maud, 2010

Je me souviens même avoir lancé un projet, inspiré par les personnages de Skins. J'ai adoré le faire mais j'en suis vite revenue, parce que je ne voulais pas m'enfermer dans de la simple reproduction.


Projet Skins (2011)

De gauche à droite: Éléonore/Michelle, Coralie/Effy, Paola/Cassie, Sweet Vanity/ Katie & Emily, MUA Photos 2 et 3: Ana G

Toujours dans l'idée de grands projets, il y a eu aussi les couleurs. Que je referai volontiers, avec les moyens matériels que j'ai aujourd'hui.

Projet Couleurs (2011)

De gauche à droite et de haut en bas: Sweet Vanity, Zoé, Antonin, Clémence, Julien & Garance

Mordue de couleurs, je me souviens a avoir été véritablement fière d'une de mes photos quand j'ai terminé la retouche de celle-ci :

Modèle: Emma, MUA: Ana G, Assistante: Coralie, 2012

Je suis dans le même temps allée explorer des aspects plus dark/fantasy. Il était hors de questions que les forêts et l'herbe soient de couleurs verte, il fallait changer ça, au plus vite. Belle erreur.

Le bon goût des forêts violettes

Modèles: Justine (2011) à gauche et Métaux Lourds à droite (2013)


Évidemment, ce n'était pas ma seule erreur, je passe sur la signature sur les photos (!!!!!) de 12 mètres de long sur 4 de large, les mauvaises retouches de peau, les contrastes mal gérés... Bref, je vous épargne le massacre.

À force de connaître certain(e)s modèles, j'y suis allée de manière un peu plus détente, je me laissais tentée par un « viens on se retrouve ce jour-là à telle heure avec un appareil photo et on voit ce qu'il se passe ».

J'ai commencé à explorer le studio que très tard, par manque de moyen et aussi parce que j'étais persuadée que le studio allait me brider dans mon élan créatif. Seulement des fonds unis, toujours un peu la même chose. Finalement j'étais bien loin du compte...

Modèle: Sweet Vanity, 2015

En voyant tout ce qu'il pouvait m'apporter, j'ai voulu lancer un autre projet en créant mes propres décors, très mis en scène et assez cartoons (au passage il est pas impossible non plus que je reprenne cette série qui me tenait pas mal à cœur).

Rue des Cartoons (2015-2016)

De gauche à droite et de haut en bas: Amélie (Assistante: Fatoumata), Dame Akasha (MUA: Ana G), Ariane, Lisa, Sweet Vanity, Elle Lewinsky

Tout au long de ces années, une seule chose me préoccupait comme une ombre planante au dessus de moi: trouver mon style artistique. Je trouvais toujours que je ne me démarquais pas assez des autres photographes, je voulais qu'on reconnaisse ma patte au premier coup d'oeil. Pour être honnête, ce n'était pas vraiment une quête. Je n'étais pas non plus obsédée. Pour autant je nourrissais au fond de moi cette envie de me trouver.

Et puis c'est arrivé, naturellement. Tout récemment d'ailleurs. L'été dernier, alors que je m'ennuyais sec sur Photoshop et que j'ai pété un câble en laissant libre cours à mon imagination. Se laisser faire n'importe quoi, meilleure décision.

De gauche à droite et de haut en bas: Léopoldine, Métaux Lourds, mon pouce (il est beau non ?), Marine, Le Renard Noir, Sabine

Depuis que j'ai trouvé cette identité visuelle, je n'en démords pas. Je me sens bien où je suis et je compte bien continuer encore longtemps comme ça.


Merci aux gens qui me suivent depuis le début, à ceux qui m'ont découvert en cours de route, et ceux qui viennent tout juste de me découvrir. Je suis touchée par votre soutien. Merci à mes merveilleux/ses modèles, assistant(e)s, MUA, ami(e)s qui m'ont filé des claques quand j'ai dis que je voulais arrêter. Je suis entourée des meilleur(e)s.

Et comme je suis la reine des traitres, je vous laisse avec un extrait des bêtisiers de séances photo.

De gauche à droite et de haut en bas parce que j'affiche aussi les gens des bêtisiers: Sweet Vanity, Mylène, Noémie, Princesse Pastèque et Camille, Métaux Lourds et Marine

mardi 27 mars 2018

Il était nécessaire que je vous en parle- 5 photographes à suivre absolument


Rendons-nous à l'évidence: il fallait forcément qu'un jour ou l'autre je vous présente quelques photographes francophones qui font un superbe travail pour que vous aussi, vous puissiez les découvrir et ne plus passer à côté de leurs merveilleuses photos. Ils/Elles ne font que des portraits, dans des styles différents, étant particulièrement touchée par ce domaine (puisque c'est ce que je fais moi-même). Il peut s'agir de photos de mode comme artistiques ou encore d'images promotionnelles. Dans tous les cas ils/elles brillent chacun(e) à leur manière. À ce propos, je vous invite à me dire si vous les connaissiez ou pas et à me partager vos propres coups de cœur.



Pierre Louis

Pierre Louis par Marion Midnight

J'ai découvert le travail de Pierre Louis il y a environ un an, me semble-t-il. Pierre Louis est un photographe parisien axé mode. Ses images sont d'une qualité incroyable, assez épurées mais pourtant si efficaces. Il travaille énormément avec la modèle Zoé Nichelson qui a un talent fou et la combinaison de leurs deux univers donne toujours quelque chose de très intéressant. J'ai l'intime conviction que ce duo était fait pour se rencontrer, pour nous donner d'aussi belles images que je ne me lasse pas d'admirer.

Retro Pink, modèle: Zoé Nichelson publiée sur Vogue Italia

Il a un style plein de douceur qui est malgré tout assez sophistiqué. Je dis malgré tout puisqu'à mon sens, la sophistication évoque quelque chose d'assez froid, de rigide. Pourtant les photos de Pierre Louis me semblent tout à fait en phase avec ces deux adjectifs.


                                                 Rusty Plains, modèle: Zoé Nichelson








Emma Birski est une jeune étudiante en photographie aux Gobelins dont je suis les activités depuis quelques mois maintenant, via Instagram (on y fait de jolies découvertes sur ce réseau social, vous en conviendrez). Je lui trouve un immense talent. Réalisant principalement de la photo en studio, ses images sont pleines de couleurs et d'humour. Elle a pour habitude de réaliser des diptyques, ses portraits sont donc pour la plupart accompagnés de photos d'objets, liés à l'histoire du portrait. Ces photos là sont tout aussi belles et j'y suis particulièrement sensible, puisque pour ceux qui suivent mon travail personnel, vous savez à quel point j'aime de plus en plus prendre en photo des objets.

Modèle: Panayotis Pascot, MUAH: Laetitia CrouzillacAssistant: Louis RochetteClothes: Ami Paris

Tout récemment Emma a dévoilé à son public un projet plein de sens, «Cause I'm a man». Ce projet, c'est l'histoire de son frère Noé, né Garance, qui à 15 ans commence tout juste son traitement pour reprendre le contrôle de son corps et adopter l'identité qui l'a toujours animée. C'est un projet extrêmement beau qui parle de son mal-être, de ses envies, mais surtout du processus long et pénible que représente une transition. Il est à découvrir au compte goutte sur son compte Instagram ou en intégralité sur son site pour les plus impatient(e)s.

Primarities pour Lucy's MagazineModèle: Tessa Coenen pour Mlle AgencyMUAH: Julie Hoyez, Stylist: Renee Karameti





Ceux qui me connaissent savent à quel point j'aime ce que fait le Turk. Je le présentais déjà dans ma vidéo «Mes Influences Artistiques » sur mon ancienne chaîne photo, mais je ne me voyais pas écrire un article présentant mes photographes coups de cœur sans en parler. Déjà parce que quand j'aime quelque chose de manière soutenue, j'ai une légère tendance à l'obsession mais surtout parce que j'ai une tendance à trouver révoltant que des gens n'aient pas encore vu ses photos. Pour celles et ceux qui ne le connaitraient pas encore donc (grave erreur), le Turk est un photographe qui réalise énormément de mise en scène en studio. Ses images ressemblent à des tableaux, sont des tableaux même. Ennuyé par le réalisme, il s'emploie au travers de ses images à recréer un monde fait de carton et de polystyrène. Il le dit lui même en plaisantant; il passe plus de temps à Leroy Merlin à la recherche de matériaux plutôt que dans son studio. J'ignore comment j'ai découvert son travail, toujours est-il que depuis que je m'y suis intéressée je n'ai plus jamais cessé de suivre ses activités. Le Turk est un saltimbanque, il vit l'art comme peu de personnes ont (pardonnez-moi l'expression) les couilles de vivre à l'heure actuelle.


La Tentation de Saint-Antoine

Musicien de formation et chrétien pratiquant, ses œuvres rendent souvent hommage à l'Église ou plus récemment à la Musique, comme dans sa fresque «La Création» à laquelle j'ai eu l'honneur de participer. À mon grand regret, les photos du Turk connaissent leurs dernières heures, puisqu'il s'apprête à arrêter la photo, me semble-t-il pour se lancer dans la réalisation, une fois qu'il aura fini son prochain projet qui sera un hommage au lieutenant-colonel Arnaud Beltrame ayant courageusement donné sa vie pour sauver des otages la semaine dernière, l'artiste  ayant été profondément touché par l'intégrité de cet homme. Il faut dire que suis assez partagée entre l'impatience de voir ces photos et la déception de voir le chapitre photo se clore pour lui. Mais consolons-nous en gardant à l'esprit que cet arrêt signe le début d'une nouvelle aventure pleine d'images animées.


La Création, Stylisme: Blackitten, MUA: Anne Verhague, Coiffure: Laetitia Eschemann, Assistants: Mirial, Sam M. Estrella, Laurent Hini, Lou Engel





Charlotte Abramow

Charlotte Abramow par Sasha Marro

De cette liste Charlotte Abramow est sans aucun doute la photographe que je "connais" depuis le plus longtemps. Je suivais déjà Charlotte à l'époque de Skyblog, quand elle commençait la photo dans sa Belgique natale, avec son amie Claire Laffut (devenue elle aussi une artiste accomplie aujourd'hui). J'ai été là, tapie dans l'ombre, à voir son évolution jusqu'à son diplôme qui l'a conduite à se lancer pleinement dans la Photo. Sans la connaître personnellement, j'ai toujours eu cette petite fierté de la voir s'épanouir dans son art au fil du temps, comme une maman serait fière de la réussite de ses enfants (alors qu'encore une fois, nous ne nous connaissons pas du tout, ce qui est assez étrange comme sensation). Les photos de Charlotte sont artistiques, féministes et engagées, tout en mettant au centre de son travail un esthétisme très moderne et plein de vie.

Bleu

En parallèle de ses photos, l'artiste se révèle également du côté de la réalisation en signant plusieurs clips dont les deux premiers de la chanteuse belge Angèle. Depuis quelques temps maintenant la photographe travaille sur le projet Maurice. Le projet Maurice est un hommage à son père, professeur d'université retraité, âgé de 84 ans, qui a connu une renaissance après un cancer qui l'a conduit à traverser un coma long d'un mois et demi. En se réveillant, Maurice a dû tout réapprendre grâce à l'équipe médicale qui l'entourait mais surtout grâce à sa fille Charlotte et sa femme. C'est un projet que j'ai envie de suivre de très près et j'ai hâte de le découvrir une fois qu'il sera achevé. Il paraît évident que Charlotte Abramow est une artiste à suivre et va je pense connaître de plus en plus de succès les années passant.

Nuages





Pauline Darley


Pauline Darley est une photographe parisienne que j'ai découvert grâce à la bloggueuse Louise Ebel, plus connue sous le nom de Miss Pandora et qui doit faire partie des bloggueuses mode les plus connues en France. Je trouve son travail extrêmement qualitatif. Je crois que c'est la photographe dont je suis le plus inspirée, non pas en raison de son univers mais plutôt en raison de la technique de ses clichés, son travail représente pour moi un but à atteindre tant je le trouve "propre".


Sfacciato, Fault Magazine, Model: Justyna @ Evidence, Make up & Manicure: 
Cyril Laine, Hair: Rimi Ura, Stylism: Gemma Bedini, Assistant: Lara Guffroy, 
Retouch: Jeanne @ 42Digitalanswers

Les images qu'elle créent sont très «professionnelles» mais ne sont pas sans âme. J'arrive toujours à sentir sa patte, même lorsque je croise un panneau publicitaire dans le métro. Pourtant, il faut dire ce qui est, Pauline Darley n'a pas un univers aussi marqué que celui du Turk par exemple. Malgré tout, j'arrive à deviner quand elle est à l'origine d'un portrait. C'est quelque chose d'assez inexplicable et que je pense fait qu'elle sorte assez distinctement du lot des photographes professionnels. Il y a quelque chose dans son regard qui fait que l'on reconnaît immédiatement dans les portraits qu'elle réalise.


Merewif, Model: Clémentine Levy, Make up: Sess et Camille de MademoiselleMu, Hair: Brigitte Meirinho 
with Tigi products, Stylism : Tatiana Dumabin, Assistant: Lara Guffroy