mardi 26 mars 2019

Marketing et société – Faut-il croire aux publicités engagées ?


« Tout s’achète : l’amour, l’art, la planète Terre, vous, moi... Surtout moi. L’homme est un produit comme les autres. Avec une date limite de vente. Je suis publicitaire. Je suis de ceux qui vous font rêver des choses que vous n’aurez jamais. Ciel toujours bleu, nanas jamais moches, bonheur parfait retouché sur Photoshop. Vous croyez que j’embellis le monde ? Perdu, je le bousille. »

Octave Parango, 99F, Fréderic Beigbeder.


Alors je suis désolée de faire une entrée aussi clichée avec le passage d'une œuvre qui parle très cyniquement de publicité mais n'oubliez pas que je suis une meuf ultra subversive et que je trempe tous les jours ma plume dans du vitriol (à l'instar d'Adrien Ménielle, finalement).


Plus sérieusement, quoi de mieux que 99F pour se rappeler tout le côté manipulateur des nouvelles publicités qu'on a eu tendance à oublier ces derniers temps ? Je parle bien évidemment du cas des publicités engagées.
On a vu ces derniers temps fleurir un bon nombre de spots marquants, qui laissent place à l'idée qu'il faut changer les choses. Je vous avoue que je ne sais jamais vraiment quoi penser de ces prises de position et je pense que je ne suis pas la seule, c'est pourquoi j'ai décidé de creuser le sujet avec vous aujourd'hui.

La publicité n'a qu'un seul but : nous faire acheter des produits. Ce n'est pas moi qui l'invente, c'est la définition du mot. Le dictionnaire Larousse le dit lui-même (oui il me parle) : « activité ayant pour but de faire connaître une marque, d'inciter le public à acheter un produit, à utiliser un service...etc ».
Et puis d'ailleurs il n'est pas le seul, le site
Trésor de la Langue française le dit aussi : « Action, fait de promouvoir la vente d'un produit en exerçant sur le public une influence, une action psychologique afin de créer en lui des besoins, des désirs; ensemble des moyens employés pour promouvoir un produit »

Bref vous l'aurez compris, tout ce qui est entrepris dans la promotion d'un produit est fait pour que donniez votre argent aux marques. La multiplication des publicités engagées réveille un sentiment plus complexe dans nos têtes puisqu'elle mêle aspect mercantile et pathos.

Je dis pathos parce qu'on a tous et toutes vu au moins une fois une de ces pubs qui ont un message fort, qui nous touchent en plein cœur parce qu'elles semblent aller sur des terrains jamais abordés par le monde de la publicité et parce que les agences font mine de nous comprendre.

Vous ne voyez pas de quoi je parle ? Très bien, voici le dernier spot marquant de Nike, Dream Crazier :



La marque met ici en valeur les femmes, qui sont dépeintes comme des personnes fortes, en parlant des combats qu'elles mènent chaque jour pour être prises au sérieux au lieu d'être considérées comme folles parce qu'elles prennent les choses un peu trop à cœur selon la majeure partie de la société.

À vrai dire, Nike est habitué des pubs qui se veulent engagées ou en tout cas qui suscitent l'admiration de la part des consommateur·ices grâce à leur slogan fort et efficace : Just Do It. Je repense à un spot dont je n'arrive pas à trouver le lien avec un sportif qui racontait son histoire et sa lutte pour récupérer l'usage de ses jambes et sa forme athlétique après un accident grave. C'était une voix off posée sur l'animation d'un petit bonhomme en phase de rééducation qui a atteint son objectif à force de volonté et de travail.

Je n'ai pas fait d'études de commerce donc j'ignore si Nike est réellement la première marque à s'être lancée sur ce terrain là (hors marques véritablement éthiques) mais le temps passant, les autres marques ont commencé à produire des campagnes de ce type.

Grâce à ces campagnes, elles créent un nouveau lien avec les consommateur·ices: un sentiment de proximité. Comme les politiques, elles donnent l'impression d'avoir saisi le message en nous disant directement « je vous comprends ». Mais comme pour les politiques, difficile d'y voir ici une preuve de sincérité. Rapport à l'aspect mercantile de la manœuvre, encore une fois.


Une publicité qui a largement marqué les esprits l'an passé est la pub de Gillette qui aborde la masculinité toxique en mettant en scène des hommes déconstruisant les clichés virilistes qui veulent qu'un homme doit être macho, ne jamais pleurer et être fort pour être considéré comme tel aux yeux de la société.


Face à cette vidéo, on a dit que le spot de Gillette était courageux, qu'il était sensationnel après avoir utilisé pendant tant d'années le slogan « Gillette, la perfection au masculin ».

Ce spot a même réussi à susciter une petite polémique auprès d'hommes absolument contre les nouvelles valeurs que portent la marque et qui pour montrer leur désaccord se sont filmés en train de jeter leurs rasoirs Gillette dans les toilettes. Quels héros !



Outre l'unique visée marketing que cache une campagne engagée, je m'interroge très sérieusement sur la manière d'accueillir ce genre de spots.

D'une part, je me dis qu'elles sont l'indicateur de changements sociétaux et j'ai envie d'y croire. Même si l'on garde à l'esprit que le but ultime d'une marque est de nous vendre un produit, il n'en demeure pas moins que parler de sujets plus engagés, porter de nouvelles valeurs prouve que la société est en pleine évolution et que l'on tend vers quelque chose plus positif.

Typiquement, l'offre de produits végétariens et/ou véganes a explosé ces derniers temps dans les supermarchés parce que les marques de l'industrie agro-alimentaires ont compris qu'il y avait du fric à se faire. Même en gardant cette idée en tête, cela reste bénéfique pour les végétariens et les personnes qui ont un régime végétalien puisqu'elles ont accès à plus de produits correspondant à leur engagement envers les animaux (même si finalement, il ne correspond pas à l'engagement pour la planète puisque la majorité des produits sont vendus dans du plastique mais ce n'est pas vraiment le sujet).

D'autre part, j'ai encore beaucoup de mal à être entièrement enjouée face à une publicité du genre. Je prends l'exemple de Nana qui pendant des années a fait la promotion de serviettes ou de tampons hygiéniques grâce à du liquide bleu pour démontrer les capacités absorbantes de ces produits, ce qui a eu pour conséquence de propager l'idée que les règles sont sales (lisez l'excellent livre de Taous Merakchi sur le sujet, oh bah quel surprise j'en ai fait un article à lire ici !).




Cette nouvelle campagne montre l'utilisation d'un liquide rouge, bien plus proche du sang des règles. Alors certes, c'est une bonne chose pour la fin du tabou des règles et leur acceptation à travers le monde mais c'est aussi une façon de nous rire au nez.

Quand je vois ce spot, je ne peux pas m'empêcher de titler sur le rose de la marque
Nana qui est encore considéré comme la majorité des marques comme une couleur appartenant exclusivement aux femmes et même aux filles, plus précisément et qui donc nourris d'autres stéréotypes.

Et je me rappelle également que
Nana comme Always, leaders du marché, refusent encore et toujours de dévoiler la composition exacte de leurs produits que l'on soupçonne fortement de contenir de la javel pour les rendre aussi blancs. Alors même qu'il s'agit d'un véritable problème sanitaire puisque vous vous douterez que le corps va absorber toutes les substances toxiques contenues dans ces produits.

Autrement, ces marques font un pas vers une valeur nouvelle tout en passant sous silence les autres. Je reprends l'exemple de Nike donne l'impression de lutter pour l'égalité alors que l'entreprise continue de fabriquer ses produits en Inde et en Asie au mépris de la vie humaine à force d'exploitation.

Il y a quelques mois je suis allée voir un film au cinéma et ce n'est pas sans stupéfaction que j'ai découvert cette publicité de Danone :


Danone donne à son public européen l'impression d'un engagement sérieux envers la planète et la préservation de l'environnement. Pour le coup, je n'ai a aucun moment été émerveillée par cette pub et j'ai même été plutôt énervée. Pourquoi ? Tout simplement parce que Danone est à l'origine d'un pur scandale sanitaire en Indonésie.

La célèbre émission d'Élise Lucet,
Cash Investigation (à retrouver ici, à partir d'1h24min) révélait en 2015 que l'entreprise mettait en vente un lait en poudre ayant causé des cas de malnutrition, de déshydratation voire même de mort chez les bébés qui en ont consommé. Pourquoi ? Parce que le lait en poudre par définition doit être mélangé à de l'eau. Sauf qu'en Indonésie, l'eau n'est pas toujours potable.

Le gouvernement avait interdit la promotion de ce produit dans le pays mais le géant agro-alimentaire a contourné cette interdiction en rémunérant par des cadeaux les sages-femmes qui encourageaient les mères hospitalisées à utiliser ce produit en remplacement de l’allaitement, alors même que l'allaitement est conseillé dans les 6 premiers mois de la vie d'un nourrisson, selon l'Organisation Mondiale de la Santé.

Sans même avoir à les convaincre, les médecins ont même forcé certaines mères à habituer leurs bébés au lait en poudre en ignorant volontairement le fait que leur niveau de vie ne leur permettait pas d'acheter ce lait une fois rentrées à la maison, conduisant ces femmes à diluer le produit dans de l'eau non potable et à ces graves problèmes de santé.

Élise Lucet, ma meuf sûre.

L'exemple est extrême et c'est voulu. Ici la marque se fout entièrement de vous et dans le même temps vous faire croire à un engagement pour la planète.

Donc finalement, que penser de cette facette du marketing ?

L'idée de cet article n'est absolument pas de vous dicter une façon de penser, qui suis-je pour le faire (et de toute façon je pars du principe que personne sur Terre ne doit le faire) ? Je souhaite plutôt vous inciter à réfléchir et échanger avec moi sur le sujet, malgré un titre un peu aguicheur...

Les mentalités changent et la publicité doit à mon sens forcément passer par ces campagnes pour enclencher ces changements. Mais il faut toujours garder à l'esprit l'unique but mercantile de ces entreprises.

J'aimerais pouvoir dire que je ne me fais jamais manipuler par les marques mais c'est complètement faux et le monde entier est sans cesse manipulé (sauf peut-être Pierre Rabhi). Pour autant je m'efforce de faire travailler mon objectivité pour éviter autant que possible de me faire avoir.

Toujours est-il que j'ai un sentiment très inconfortable une fois passé la satisfaction de voir un nouveau spot de publicité engagé. Et je ne sais pas si je suis la seule.
Vous en pensez quoi vous, de toutes ces publicités engagées ?


mardi 19 mars 2019

Les podcasts à suivre – Deuxième fournée !


Alors je sais ce que vous vous dites, je ne suis pas dupe : « Non sérieux encore des podcasts ?! Y en a des nouveaux tous les 2 jours j'arrive plus à suivre et de toute façon j'ai pas le temps j'ai des numéros de Motus à rattraper ».

Je sais que l'humour de Thierry Beccaro (apparemment y a des gens bizarres qui prononcent le prénom Thierry en disant « Thiérry » non mais n'importe quoi) est complètement décapant, mais franchement faites-moi confiance sur ce coup-là. Comme à peu près à chaque fois en fait. Oui je crois qu'on peut le dire, je suis quelqu'un de confiance : j'ai le BAFA.



Au fur et à mesure de mes écoutes je me suis rendue compte de deux choses : quand j'écoute un podcast j'aime rire et réfléchir. Parfois les deux en même temps quand les choses sont bien faites. Réfléchir, tout simplement parce que c'est cool d'apprendre des trucs et rire parce que quand je fais le ménage relou du dimanche matin, je préfère faire passer la pilule avec un truc qui va réussir à me changer les idées pour que ça ne me paraisse pas durer une éternité.

Il y a quelques mois, je vous présentais les podcasts que j'écoutais régulièrement. Cette liste a quelque peu changé et j'aimerais faire une petite mise à jour, une petite MAJ comme on dit dans le milieu (je suis une hackeuse y a quoi).


Maintenant que vous êtes bien confort dans vos souliers, on passe à la deuxième fournée :



À Bientôt de te Revoir par Sophie-Marie Larrouy


Je vous avais déjà conté ma passion dévorante pour le travail de Sophie-Marie Larrouy quand je vous ai parlé de son livre L'Art de la Guerre 2 sur le blog. Cette passion n'a pas connu le repos depuis puisque j'ai entre temps lu son livre Coeurs à Gratter dont je vous parlerai bientôt sous un autre format, et surtout parce que je me suis enfin mise à l'écoute de son dernier podcast.

Après la splendide Émifion qu'elle co-animait avec Navie pour Madmoizelle.com, Sophie-Marie a lancé sa propre émission, À Bientôt de te Revoir dans laquelle elle interviewe tout un tas de gens. Si vous pensiez assister à un énième étalage de parcours sans grand intérêt, vous vous fourrez le doigt dans l'oeil : Sophie-Marie est bien plus intéressée de savoir si son invité·e préfère regarder la télé en slip ou avec un peignoir. Et c'est pour ça que je raffole de ce podcast. On rigole, on se détend, on découvre plein de choses inutiles sur les goûts des invité·es, s'ils/elles sont plus petits beurres de Lu ou Napolitains, bref, tout ce qui est crucial de savoir avant de vouloir épouser quelqu'un. Sophie-Marie c'est ma dose de réconfort quand tout fout le camp, mais aussi quand tout va bien. Quand écoute À Bientôt de te Revoir, on met tous ses soucis de côté et on se sent comme à la maison. Et ça fait un bien fou. En plus de ça, l'émission se déroule la plupart du temps en public à la Nouvelle Seine donc on peut y assister et manger des gâteaux (si les invité·es ne font pas les crevard·es).
Chaque épisode dure environ 50 minutes.


Parce que Yacine Belhousse compte parmi mes humains comiques préférés.

Retrouver tous les épisodes d'À Bientôt de te Revoir


2 Heures de Perdues par Fréquence Moderne


Je le disais dans l'article sur les séances Panic ! x Chroma: je n'y connais pas grand chose en cinéma. Mais ça ne m'empêche pas d'être assoiffée de savoir et de toujours vouloir en découvrir plus. Du coup, si vous voulez découvrir des films : n'écoutez absolument pas 2 Heures de Perdues. 2 Heures de Perdues ou 2 HDP - quand on veut se la jouer cool - est une émission hilarante vous l'aurez compris, sur le cinéma. Julie, Sarah, Antoine, Léa, Mickaël (et je crois que j'en oublie je sais jamais ça change parfois je suis perdue) vous racontent un film point par point avec une quantité industrielle de vannes qui font vraiment mourir de rire, en particulier quand vient le moment des avis Allociné. En vérité, on en apprend vraiment sur les films puisque des anecdotes de tournage et autres petits secrets sont distillés tout au long de l'émission. Mais on ne va pas se mentir, on écoute 2 HDP (je suis cool ok?) surtout pour s'en payer une bonne tranche. Surtout que parfois, les émissions sont enregistrées en public et c'est à ne pas rater !
Chaque épisode dure environ 1 heure.



Parce que j'en ai chialé de rire dans un magasin Hema.



Community Manager par Guillaume Natas


J'ai découvert le podcast Community Manager, pendant une insomnie alors que je travaillais mes photos. Il était 5 heures du mat' et j'étais dans une ambiance vraiment particulière où la ville dormait encore pendant que j'étais emmitouflée dans 3 couvertures à pester contre mon manque de sommeil. Il faisait encore nuit et l'atmosphère ouvrait la voie à toutes sortes de curiosités tapies dans la pénombre. Quel meilleur moment que celui-là pour écouter l'émission Community Manager ? Je vous le demande. Je pense que c'était le meilleur moment possible pour lancer le podcast. Community Manager est une émission qui vous fera découvrir toutes sortes de communautés. Moi qui bêtement croyait qu'il s'agissait d'un podcast sur les nouveaux médias, il s'est avéré que Community Manager vous emmène à la rencontre des respiriannistes, des vampyres, bref de toutes ces personnes qui forment un club très fermé et dont parfois nous n'avons absolument pas conscience de l'existence. C'est un excellent moyen pour élargir vos horizons !
Chaque épisode dure environ 25 minutes.



Parce que c'est avec ce numéro que j'ai entendu parler des Paranos et que ça a été un choc (parce que je vis dans une grotte je crois).




Au Nom du Pire par Thomas Hercouët et Benoît Lebreau


La première partie de cet article sur les podcasts se terminait sur la Nuit Originale, l'émission de ce sacré Thomas Hercouët, qui ne ressemble à aucune autre puisqu'elle a la particularité de se dérouler en live de 15h à 9h et non stop. Le hasard veut que depuis ce premier article Thomas ait sorti une deuxième émission avec son collègue et ami Benoît Lebreau appelé Au Nom du Pire. Pour la prochaine partie de cet article j'espère que Thomas aura d'ici là sorti une troisième émission histoire que je puisse trouver une autre bonne conclusion à ces posts (ceci est un défi, merci bien). Au Nom du Pire a un concept simple et efficace : des invité·es réuni·es autour d'une table et une question : « Quel·le est votre pire... ? ». Pires soirées, pires plans culs, pires masturbation...etc. Bref, de quoi passer de bons moments. L'émission est en live YouTube tous les mardis soirs du coup je sais pas ce que vous faites ce soir mais si vous voulez entendre parler des pires voisins de Luciole, Capitaine Nexus VI et Marjorie Le Noan, je vous conseille d'aller sur la chaîne de Version Originale à 21h.
Chaque épisode dure environ 1 heure 45.



Parce que j'y étais en direct live pour prendre des photos et que j'ai éclaté de rire sur la dernière anecdote de Pierre Lapin (oui bon ça va les autres sont tops aussi mais celui-là c'est le PLUS MIEUX ET LA TOUTE PREMIÈRE AUSSI DU COUP, VOILÀ).



Ne m'en voulez pas si j'ai oublié des podcasts, je n'ai pas assez d'oreilles pour tous les écouter. Les émissions sont disponibles non seulement sur les liens fournis mais aussi sur les applis habituelles (Podcasts pour les Iphones, Podcast Addict pour les Androids et Soundcloud pour certaines émissions de ce post). En tout cas j'espère que cette nouvelle sélection vous aura plu !

mardi 12 mars 2019

Je galère avec le small talk et je ne me soigne pas du tout – Discuter avec des gens que l'on ne connaît pas


Bon très franchement je vais vous le dire : je suis nulle dans l'art de faire connaissance avec les gens tout simplement parce que j'ai 0 skill en small talk.


Le small talk, c'est cette discipline qui consiste à échanger des phrases assez banales avec son/sa interlocuteur·trice histoire d'engager une conversation et faire connaissance. Vous savez, c'est souvent comme ça qu'on se fait des AMI·ES. Moi je croyais qu'il fallait leur offrir du thé jusqu'à ce qu'ils/elles soient apprivoisé·es. Je me fourvoyais.

C'est utile quand on est à une soirée et qu'on ne connaît personne, ce qui m'arrive souvent. Du coup, je discute assez peu dans les soirées où je ne connais effectivement personne. Et je m'en vais, vite, très vite. Parce que j'ai peur.


J'ai des ami·es pour qui il est très facile d'engager la conversation et je les admire pour ça (mais pas que). À l'inverse je suis capable de rester muette pendant 30 bonnes minutes juste à boire mon verre et regarder mon téléphone, sans savoir où me mettre.


En réalité, c'est quelque chose qui m'embête vraiment. Parce que même si le fait de regarder son téléphone peut donner l'air hautain ou je m'en foutiste (j'utilise des expressions de profs de collège, de mieux en mieux), en vrai, j'aimerais bien pouvoir me lancer dans une conversation d'une façon aussi fluide que peuvent le faire certain·es de mes potes.
La majorité de mes potes, en toutes circonstances


Ajoutez à cela le fait que je sois myope et que du coup quand je croise quelqu'un en dehors d'un cadre prévu (c'est-à-dire au détour d'une rue, par hasard), il est très rare que je salue cette personne. Tout simplement parce que je ne la reconnais pas à moins qu'elle soit à exactement 1 mètre de moi. Bon après c'est de ma faute j'ai qu'à porter mes lunettes de vue ou des lentilles de correction mais je préfère visiblement prendre en photo les panneaux de signalisation du métro en zoomant pour savoir quelle sortie prendre avant d'avancer sur le quai. Ça me paraît bien plus simple.


Ce qui m'embête avec le small talk, c'est le fait d'échanger des banalités. Parce que j'ai l'impression que ce que je vais dire ne va jamais être très pertinent, une fois que chacun se sera présenté. Et même au-delà de ça, j'ai toujours peur de forcer les choses, sans laisser de place au naturel. Ce qui m'embête profondément.

Pour vous donner un exemple, quelqu'un qui est désormais un ami m'avait surnommé « yaourt nature » quand je l'ai rencontré parce que j'étais trop impressionnée pour parler et que donc il n'avait quasiment jamais entendu le son de ma voix. En même temps faut dire que c'est parce que je commençais à fréquenter un très bon ami à lui et que donc mon copain de l'époque m'avait présenté à 1 000 personnes en même temps. Bon ok c'est ce qui se produit naturellement quand on se met en couple, il n'empêche que niveau stress on est plutôt pas mal parce qu'on a forcément envie de plaire à la personne avec qui on est. Enfin je crois.

Moi, à chaque fois que je me mets en couple

Vous l'aurez compris, depuis, c'est passé. Parce que depuis, il a compris que j'étais demeurée.

Je ne dis pas ça juste parce que je me crois en 2005 à dire « xptdr je suis trop une fifolle, j'ai trop des délires hihihi 100% moi », non. Je dis ça parce que ce que j'essaye de vous faire comprendre, c'est que je n'ai pas de demie mesure.

Je passe de l'état de yaourt nature à espèce de gnome qui court partout et parle en caps lock (j'aurais pu dire crier mais on est en 2019, ça n'existe plus ça), le tout sans sas de décompression, ce qui peut parfois surprendre, je le conçois.

2 jours après.


Le plus fou dans cette histoire, c'est que ça dépend vraiment du contexte où je fais connaissance avec la personne. Quand je suis en colonie de vacances par exemple, je n'ai aucun problème à être directement totalement moi-même et être à l'aise. Je suis là dans un contexte qui ne me concerne pas directement dans le sens où je suis focalisée sur le travail. D'autant plus qu'en animation on a besoin de folie, pas le temps d'attendre avant de se lâcher. Les séjours sont déjà bien assez courts comme ça donc autant y aller franco direct.

J'aimerais bien vous dire que j'ai écrit cet article dans le but de trouver des solutions et de vous les partager mais Sheshe les Bons Tuyaux n'est pas au rendez-vous aujourd'hui. Hé, c'est pas une superproduction américaine ce blog, va falloir vous habituer à ce que tout ne soit pas parfait en toutes circonstances ! Je pense que c'est en ça que je me distingue des bloggeuses professionnelles. Déjà parce que je touche pas une thune pour vous partager ma thérapie du mardi, mais surtout parce que rien n'est jamais nickel sur ce blog (mais c'est aussi ça qui me plaît).

Bref, si vous voulez des trucs et astuces pour apprendre le small talk et créer une conversation sympa avec des gens, quittez ce blog y a rien à apprendre ici.


À la place je vous mets le lien de la page wikihow :



De rien, bisous.



mardi 5 mars 2019

J'aime le fromage – Être conditionné·e par son entourage


J'aime le fromage. J'aime le fromage et pourtant ce n'est pas un article qui va parler de ma passion pour le fromage, non.

Eh non, partez pas !


Si je vous dit que j'aime le fromage, c'est parce que la plupart de mes potes vous diront ça de moi, si vous leur demandez de décrire ma personnalité. Avant mes qualités, avant mes défauts, d'abord : elle aime le fromage. C'est comme ça, je leur en veux pas et je sais que c'est plutôt dans l'idée de faire rire. Pour autant, ça m'a conduit à de véritable questionnements sur ma personnalité et la façon dont j'ai pu la construire.

« Ah toi t'es le/la rigolo·te de la bande ! ». C'est une phrase qui vous est familière, n'est-ce pas ? Qu'importe qu'elle vous ait été directement adressée ou qu'elle désigne l'un·e de vos ami·es, c'est le genre de réplique qu'on entend au moins une fois dans sa vie.


Je pensais que le regard des autres m'importait peu. C'est faux. Le regard des autres m'importe peu, certes. Mais seulement quand il est négatif et pas du tout construit. En revanche, lorsque quelqu'un va faire une remarque positive sur moi, je vais avoir tendance à accentuer la chose, parce que je suis contente, histoire de continuer dans cette voie (aussi parce que j'ai très clairement le syndrome de la bonne élève).

S'efforcer d'être une meilleure personne chaque jour, c'est bien (d'ailleurs je sais pas vous mais moi la série Le Caméléon m'a toujours donné l'envie de faire le bien autour de moi et j'arrive pas à m'expliquer pourquoi Jarod me fait cet effet mais on en parlera un autre jour si vous permettez parce que là c'est pas le sujet). Mais ça peut poser problème lorsqu'on parle d'un trait de caractère qui n'est pas forcément bénéfique pour vous.

Il y a environ 8 ans, une partie de mon entourage a commencé à m'identifier comme quelqu'un qui aimait manger, beaucoup manger. J'imagine que c'est parti de ma passion désormais révolue pour les buffets à volonté des restaurants japonais, encouragé par l'effet de groupe entre potes avec lesquels on s’engrenait à consommer un maximum de nourriture sans que cela ait trop de sens si ce n'est en avoir pour son argent, parce qu'on était au lycée et qu'on avait la chance de ne pas avoir de problème grave dans la vie.


En vrai et de base je ne suis pas quelqu'un qui aime vraiment manger. Si on demande à mes parents, ils vont diront que j'ai été très difficile au niveau de l'alimentation jusqu'à récemment et très honnêtement je ne mangeais pas grand chose étant petite (mais suffisamment), ce qui heureusement n'est pas allé jusqu'à avoir des troubles de la santé. Du coup, ils ont été plutôt surpris quand il y a 5/6 ans je leur ai appris que j'étais « connue » parmi mes potes pour être le glouton de service.

Il y a un moment de ma vie où j'imagine avoir donné du crédit à celles et ceux qui me félicitaient pour mes capacités d'absorption (comprenez : j'avais le sac d'Hermione Granger à la place du bide) et depuis, j'ai développé un sale rapport avec la nourriture. Et surtout, j'en ai beaucoup joué parce que ça me faisait plaisir d'être identifiée comme tel, peut être parce que j'avais l'impression de m'être fait « une place » bien définie.


La nourriture est devenu mon refuge, toute émotion confondue. Ce qui fait que j'ai désormais du mal à manger sainement plus d'une semaine. Je passe une sale journée ? Pas grave, je vais manger un plat que je trouve bon le soir ! J'ai eu une super nouvelle ? Je fête ça avec mon plat préféré ! Et vous vous doutez que ce sont rarement des choses bonnes pour la santé (enfin si, il peut y avoir des légumes mais c'est généralement ruiné par les sauces pas-0%-pour-un-sou qui inondent mes plats – je pense à toi, pad thaï aux légumes du Thaï House).

Quand j'ai raté un oral que j'avais pourtant révisé à fond

Je ne pense pas que mon cas soit isolé. J'ai par exemple une connaissance qui a malheureusement eu des problèmes avec l'alcool et je reste persuadée qu'elle en a eu parce qu'elle était perçue comme quelqu'un ayant la capacité boire beaucoup avant d'être ivre et qui donc a été encouragée par ses potes en ce sens.

Comprendre ça, avoir cette réflexion, a été un vrai choc pour moi. Non pas parce que j'ai un problème évident avec la nourriture mais surtout parce que je pensais que le regard d'autrui me passait au dessus. Je me suis tellement focalisée sur le fait de ne pas écouter les critiques négatives que j'en ai oublié le reste en me pliant en quatre pour « plaire » aux personnes qui me faisaient des compliments. C'est insensé et pourtant vrai car je n'avais pas conscience de ce que je faisais. Et ça a pourtant eu un effet néfaste sur ma vie, preuve en est.

Alors bien sûr, je ne remets pas la faute sur mon entourage, parce que ça serait l'attaquer gratuitement pour quelque chose dont il n'est pas responsable en soi. Je dis juste que ça a pu ouvrir la brèche sur des affaires qui vont être difficiles à régler sans l'aide d'un·e professionnel·le de santé.

Mais du coup je me demandais si j'étais la seule à percevoir cet effet de groupe ? Si vous avez vous-même été touché·e par ce phénomène ?

mardi 26 février 2019

Je veux découvrir plein de films ! – Les séances Panic ! x Chroma


S'il y a bien un rendez-vous que je m'efforce de ne pas manquer, c'est bien les séances Panic ! x Chroma.


Les séances Panic ! x Chroma sont des projections ciné mensuelles qui sortent de l'ordinaire de par leur ambiance et leur déroulé. Elles sont présentées par les équipes Panic ! (Marie Casabonne et Yann Olejarz, qui en organisent déjà depuis un petit bout de temps) et Chroma (Karim Debbache, Gilles Stella et Jeremy Morvan).

Si vous ne connaissez pas les émissions des Chroma, je vous invite à les découvrir tout de suite parce que c'est vraiment trop bien (et puis Crossed aussi, bref, allez mater toute la chaîne de Karim Debbache, soulez pas).


J'ai découvert ces séances sur le tard, fin de l'année dernière, parce que mon meilleur pote qui y allait depuis un bail m'a proposé de venir. Il avait une place en trop pour Buffet Froid, un film de Bertrand Blier, sorti en 1979. Pensant assister à une banale séance de ciné j'ai finalement été agréablement surprise par ce rendez-vous que je ne me vois désormais plus rater.

Avant d'entrer dans la salle, on nous tend une petite carte postale offerte sur laquelle figure une affiche du film proposé et redessinée par la talentueuse Utomaru qui fait un travail magnifique et dont les créations sont fièrement affichées sur le mur de mon salon.


La séance commence par un petit générique mêlant des extraits de films connexes à celui du jour ou des bandes annonces d'autres films du même réalisateur / de la même réalisatrice. Après une brève présentation du film garantie sans spoil, le film commence, suivi d'un temps de questions-réponses avec les équipes. S'en suit alors un jeu appelé le Screen Test, tout droit sorti du cerveau malade de Gilles Stella qui consiste à retrouver le film dont l'image présentée à l'écran est tirée. Je n'ai jamais réussi à trouver un seul film du coup je gagnerai jamais de place pour la séance de ciné d'après ou encore de dvd mais c'est pas grave, hein, je vais juste aller pleurer toute les larmes de mon corps car c'est un comportement qui me paraît tout à fait mature pour quelqu'un de mon âge.



On rigole beaucoup, on apprend plein de choses. Que l'on ait vu tous les films de la terre (chapeau si c'est le cas) ou que l'on soit une nouille en culture cinématographique (moi), les séances Panic ! x Chroma sauront répondre à vos attentes. D'autant plus qu'on a parfois la chance de recevoir le/la réalisateur·ice avec qui il est tout à fait possible de dialoguer après le film. Mention spéciale à la séance Nid de guêpes en présence de Florent Emilio-Siri, le réalisateur, qui avait été rejoint par Benoît Magimel en fin de projection car il avait une fête de fin de tournage non loin de la salle et qui avait eu la gentillesse de passer nous raconter deux trois anecdotes de tournage.


À Noël, la séance est un peu particulière puisque chacun·e est prié·e d'apporter un cadeau moche qui sera déposé dans une hotte et distribué au moment d'entrer dans la salle. Et c'est ainsi que je me suis retrouvée avec le dvd de Taxi 3 chez moi (n'hésitez pas à me contacter si ça vous intéresse hein, je vous l'offre).


Sur mon cadeau, à la place de la couverture du dvd, il y avait écrit « Voici un film génial ! C'est l'histoire d'un chauffeur de taxi qui se retrouve mêlé à une affaire criminelle, un chef d'oeuvre absolu !!! »
Merci Mieleur (non).

Les séances Panic ! x Chroma ont lieu au Forum des Images à Paris, un lieu que je n'avais jamais fréquenté avant d'aller à ces séances (et c'est pas faute de pouvoir me repérer les yeux bandés dans le Forum des Halles...Ahem.).

Pour couronner le tout, les prix sont vraiment très abordables puisque le tarif de base est de 6€, 5€ en tarif réduit (pour les étudiant·es notamment !). La seule difficulté est de réussir à choper une place le jour de la mise en vente. Vous vous en doutez : vu les tarifs et l'attractivité de ces séances, les places partent vite. Il faut donc être au taquet et suivre les info via Facebook pour être tenu·e au courant du jour de la mise en vente, en général à 12h30. Et quand ce moment là arrive, il ne faut pas traîner pour être sûr·e d'avoir une place !

Bref vous l'aurez compris, foncez à ces séances si vous en avez l'occasion !







Crédit photo: Lilia Belakhdar, Aurélien LexZeppelin et Godefroy Jouveau du Breuil (dont je ne trouve pas les sites mais n'hésitez pas à me les filer si vous les trouvez !).