mardi 11 février 2020

Sororité – Une histoire d'amour et de haine


Je croise de plus en plus la route du terme « sororité » au fur et à mesure de mes divagations sur les réseaux sociaux. Qu'importe la plateforme, je finis toujours par tomber dessus. Oui bon : je traîne souvent dans les cercles féministes, militants, pour voir ce qui se dit, ce qui s'y fait, se tenir au courant des choses quoi. Et forcément, c'est un vocabulaire que j'ai fini par intégrer. Mais laissez-moi vous raconter la relation complexe que j'ai avec ce mot.



D'après le dico, la sororité désigne une « attitude de solidarité entre femmes » (Larousse, toujours al pour les bons bails). On parle donc du fait d'être liées les unes aux autres, d'avoir des intérêts communs.

Dans l'idée, ce mot et le concept qui s'y rattache me tiennent à cœur. Bien entendu, je veux que les femmes se soutiennent entre elles. J'estime d'ailleurs être dans une dynamique d'entraide et de positivité. La sororité au sens où je l'entends, c'est par exemple soutenir les femmes artistes que je découvre, partager leurs créations sur mes réseaux sociaux, leur filer des tips pour une chose ou une autre, bref être dans l'encouragement et les conseils. Le mot sororité, pour moi c'est de la bienveillance à l'état pur.



J'ai pourtant l'impression que d'une part c'est un terme qui est parfois mis à mal et de l'autre, je ne peux pas m'empêcher de m'interroger sur tout ce que cela implique.

Quand je dis que ce terme est mis à mal, c'est parce que j'ai vu plusieurs fois passer des messages appelant à plus de sororité dans un milieu qui se voulait bienveillant. Je repense par exemple à l'illustratrice Cy. qui a été contrainte d'expliquer pourquoi elle n'acceptait pas les demandes d'illustrations gratuites pour les collectifs féministes.




Évidemment, je sais aussi que ce genre de collectifs ne roule pas sur l'or voire ne roule sur rien du tout. Mais culpabiliser quelqu'un sur son refus de se retrouver dans une situation de précarité, c'est quand même fort de café. Dans ce cas, invoquer la cause et attendre la personne propose son aide d'elle-même me paraît être une démarche plus viable et respectueuse des autres.

D'un autre côté, comme je le disais, j'ai la sensation que le terme de sororité implique des choses pour lesquelles je ne souhaite pas signer.


Comme dans tous les milieux militants, j'ai l'impression que peu à peu se développe une certaine concurrence des milieux féministes. Que l'on voit de plus en plus éclore le jeu de « qui sera la meilleure féministe ?».



Si l'on prend les cas des abonné·es qui reprochent aux vidéastes leurs agissements sous certaines vidéos, j'ai encore du mal à accepter que l'on puisse tacler quelqu'un qui ne ferait pas assez d'effort selon Jean-Michel Engagé. Oui ok, la phrase ne voulait pas dire grand chose alors je prends l'exemple que j'avais cité dans cet article.

« Coline, la créatrice du blog et de la chaîne YouTube Et Pourquoi Pas Coline est vegan. C'est un sujet qui lui tient à cœur, tout comme celui de l'écologie. L'affinité qu'elle a pour ces sujets a fait qu'elle a produit et continue parfois de produire un certain type de contenus visant à donner des conseils ou sensibiliser là dessus. Si bien que lorsqu'elle explique dans un tout autre type de vidéo qu'elle a enfin réussi son permis moto et qu'elle raconte la joie dans l'âme qu'elle a pu faire une balade à moto pendant 1 heure avec son compagnon un week-end, un certain nombre de personnes lui répondent qu'il est tout à fait scandaleux qu'elle utilise sa moto pour une balade, elle qui sensibilise à l'écologie.









Évidemment ce n'est qu'un exemple tiré d'une vidéo, mais c'est comme ça pour tout. On va crier au scandale si elle a eu le malheur de porter une veille paire de chaussures en cuir ou que sais-je. C'est quelque chose que l'on voit beaucoup lorsque des influenceur·euses vont se réclamer vegan par exemple et je dois avouer que j'ai du mal à accepter ce type de commentaires condescendants, en partie à cause de la pression et les angoisses que ça doit engendrer. »

L’exemple concerne l’écologie, mais en fait, il est tout à fait transposable aux questions féministes. Selon moi, afficher une femme sur la place publique parce qu’elle n’a pas exactement le même positionnement que soi ce n’est pas de la sororité. C’est contre-productif alors que nous devrions être dans une dynamique de camaraderie pour nous aider à progresser. Parce que plutôt que de s’élever, nous préférons rester cloîtrées dans le jugement, ce qui a pour conséquence de renvoyer aux autres une impression de division, de dispersion. Alors que l’idée est au contraire de s’unir et de se galvaniser les unes les autres.

La question étant : est-ce qu'on aurait pas autre chose à foutre plutôt que nous tirer dans les pattes ?



Rien n’est jamais blanc ou noir, certes. Mais si je vois le tweet d’une femme avec laquelle je ne suis pas d’accord, je vais plutôt opter pour le fait de ne pas lui donner d’importance, sans retweeter pour afficher sa bêtise.

En fait, je considère qu'à partir du moment où une personne cherche à faire des efforts, sur n'importe quel domaine que ce soit, nous devrions être dans une démarche de soutien plutôt que de pointer du doigt le moindre écart qu'elle pourrait faire.
Chercher la petite bête, ce n'est pas faire preuve de sororité.

J'ai hésité à écrire cet article. Par peur de cette cancel culture, par peur que mes propos soient déformés et écartés de leur contexte. Pourtant si j'ai créé ce blog qui n'est limité à aucun thème précis, c'est justement pour pouvoir écrire sur le sujet qui me plaît, sans me contraindre (mais surtout parce que je voulais parler de bouffe et de sorties). De manière générale, je réfléchis longtemps avant d'écrire un article traitant de féminisme et de militantisme. Déjà parce que je sais que les gens qui ne seront pas d'accord avec moi se feront un malin plaisir de glisser dans mes dm pour m'expliquer en 24 points pourquoi j'ai tort. Mais surtout parce que j'ai peur de ne pas avoir les mots justes, de dire LA phrase de travers qui pourrait « justifier » un cyber-harcèlement.

Marie de MadmoiZelle a écrit un excellent article au sujet de la cancel culture que je vous invite à lire si le sujet vous intéresse. En fait plutôt que de dénoncer une personne en particulier, pourquoi ne pas simplement dénoncer la pratique, sans que la possibilité de remonter à la personne ne soit trop obvious ? Parce qu’on a le droit de pas être d’accord et de le montrer, mais est-ce qu’on est vraiment obligées de nommer ?

Je ne comprends pas pourquoi la peur devrait venir de notre propre camp.

Enfin, et c'est par là que je terminerai : ne vous servez pas de cet article pour cracher sur les féministes. Ce que je vous propose ici c'est un raisonnement avec des nuances, pas une excuse pour engendrer de la haine.
Merci et bisous.

mardi 4 février 2020

Baosian – Je suis accro aux nouilles et vous ne pouvez rien contre ça


WOWOWOW les ptits potes il se passe un truc incroyable : aujourd'hui on fête le 100ème article, si c'est pas ouf ça ? Moi je trouve ça ouf.

Pour le 100ème, je vous aurais bien dit « v'nez je vous fais gagner un cadeau » mais non seulement je n'ai pas de sous mais en plus je m'en rends compte bien trop tard pour organiser un partenariat avec qui que ce soit (je vous parle comme si j'en organisais tous les quatre matins, quelle vaste fumisterie).

Mais comme c'est le 100ème , autant écrire un article sur le thème qui m'a poussé à lancer ce blog : la bouffe. Non mais je sais hein, vous étiez en train de vous inquiéter parce que vous étiez en train de voir que je n'en parlais plus, que je préférais parler spectacles ou sujets de société. Mais ne craignez rien : la bouffe n'est jamais très loin (en plus ça rime). Surtout que je suis amenée à en consommer tous les jours donc vous vous imaginez bien que j'ai un paquet de trucs à vous écrire à ce sujet.

UNE FOIS N'EST PAS COUTUME, nous allons parler de nourriture asiatique. Écoutez c'est bien simple, mon régime alimentaire repose sur deux choses : les pâtes et les nouilles. Donc forcément à un moment, on retombe un peu sur les mêmes thèmes. Mais comme je suis quelqu'un d'assez malhonnête intellectuellement, si vous me posez la question je vous dirais que ce n'est pas du tout pour ça, non, c'est parce que je recherche le meilleur restaurant de nouilles. Bon là je viens de vous le dire, certes, mais on va faire comme si vous ne le saviez pas.

Oui donc on disait : Baoasian. Baoasian est un petit restaurant du 9ème arrondissement de Paris dans lequel j'adore aller lorsque j'ai des déjeuners prévus dans le coin ou les soirs de flemme où j'ai déjà mangé des raviolis au fromage dans la journée.



J'ai découvert Baoasian parce qu'on m'a proposé d'y aller. Je ne connaissais pas, et pour être passée de temps à autre devant le restaurant, j'étais intriguée sans pour autant oser sauter le pas. Et quelle bêtise d'avoir attendu autant de temps ! En plus ce soir-là, la personne qui m'accompagnait bénéficiait de 20% de réduction sur la Fourchette donc bon, on allait pas se priver !

Ouvert depuis 2016, Baoasian est un restaurant de type fast food proposant de la nourriture asiatique. Pour autant, l'adresse n'est pas à 100 % un fast food : il en est un sans en être un, vous voyez ce que je veux dire ? Pensant justement trouver un fast food classique, j'ai été surprise par le confort de la salle et le service à table. Les serveurs sont toujours très aimables et attentionnés. Mention spéciale au gérant qui est d'une gentillesse folle. Le restaurant était déjà bien parti pour me plaire et puis les plats sont arrivés...

À la carte, plusieurs type de nourriture : chinois, vietnamien ou thaïlandais. Évidemment, vous me connaissez, il a fallu que je fasse mon combo rouleau de printemps / pad thaï parce qu'il n'y a que ça de vrai.



Les rouleaux de printemps font partie de mon top 5 des meilleurs rouleaux que j'ai pu goûter sur Paris. Tous les plats sont préparés sur place avec des aliments frais et ça se sent. Surtout avec les rouleaux de printemps, on ne peut pas faire semblant. Bon là vous avez une maxi présentation des rouleaux de printemps parce que ce jour-là on en avait commandé 1 000, mais ne vous inquiétez pas : si votre assiette n'a pas exactement la même tête ces rouleaux restent tout à fait succulents.

Le pad thaï végétarien se défend également très bien même si je n'arrive toujours pas à trouver de remplaçant parfait à mon pad thaï du Thaï House. Mais je lui reconnais quand même une haute qualité. Bon après le Thaï House a de beaux jours devant lui alors je ne vois pas pourquoi je cherchais à lui trouver un équivalent là maintenant. Par contre si un jour il ferme je pense que j'arrêterai définitivement la vie.



J'ai également goûté le wok fusion avec des légumes de saison qui était aussi vraiment sympa (mais mon addiction au pad thaï me fait préférer l'autre... Slurp slurp les nouilles avec de la cacahuète et du citron haaa – je suis critique gastronomique).

Le cadre est très appréciable quoi qu'un peu petit mais c'est franchement agréable d'y manger, je vous l'assure. Surtout grâce à ce service de qualité. Qui plus est, on peut venir prendre à emporter ou se faire livrer chez soi. Ce qui n'est vraiment pas une bonne nouvelle pour mon porte-monnaie (livraison dans les arrondissements 1, 2, 8, 9, 10, 17 et 18 de Paris)... 

Pour le dessert je n'ai pas de photo mais la dernière fois que j'y suis allée j'ai pris du riz gluant à la mangue dans son lait de coco, une pure tuerie qui me donne envie d'y retourner rien qu'en écrivant ces lignes. D'ailleurs en vous racontant ça je me rends compte que ce dessert ne figure pas dans le menu disponible en ligne alors autant vous dire que je vais y faire un scandale de ce pas s'ils ne proposent plus ce dessert tout bonnement délicieux. DU RIZ GLUANT À LA MANGUE, QUOI.

Vous cherchez un endroit pour déjeuner entre potes ? Allez-y. Vous cherchez un endroit pour dîner tranquillement avec votre compagnon ou votre compagne ? Allez-y. Vous avez la flemme ? Commandez. Vous voulez manger en slip ? Faites-le chez vous ça va pas bien de vouloir faire ça dans des lieux publics, hein.

Bref, allez-y. Sheshe recommande.

Baosian
67, rue du Faubourg Montmartre
75009 Paris
Du lundi au vendredi de 11h30 à 15h puis de 19h à 22h30
Le dimanche de 18h à 22h30
Fermé le samedi

mardi 28 janvier 2020

Anesthésie Générale – Jérémy Ferrari est de retour sur scène !


Certes, ça fait deux semaines de suite que je vous présente des spectacles mais est-ce vraiment de ma faute si ça fait deux semaines de suite que je vais voir des spectacles de haute qualité ?

Je ne crois pas.

Jérémy Ferrari, je vous en ai déjà parlé en long, en large et en travers via deux articles : l'un sur mes humoristes prefs, l'autre sur son livre Happy Hour à Moussoul. C'est donc dans l'objectivité la plus TOTALE que je vais vous exposer mon point de vue sur son nouveau spectacle.





Crédit Photo : Laura Gilli 

Après avoir parlé de religions et de guerres, Jérémy Ferrari s'attaque désormais au monde médical. Comme il l'expliquait dans son précédent spectacle Vends 2 pièces à Beyrouth « Je me suis rendu compte que ce qui rapportait le plus avec la guerre, c'était la santé ». Son dernier spectacle, je l'avais vu il y a quelques années aux Folies Bergères. 3 heures de one man show, format dont je ne suis pas particulièrement friande, qui m'ont pourtant captivées du début à la fin. Je le dis et je le redis : ce spectacle a été une claque pour tout ce qu'il dénonçait, avec autant de fermeté, devant tant de monde. J'étais donc déjà impatiente de voir la suite et encore plus en sachant que la santé serait cette fois-ci décryptée.



Crédit Photo : Laura Gilli

Ce n'est un secret pour personne : le monde de la santé est en crise. La France est loin, très loin d'être à la première place mondiale pour ce qui est de la qualité des soins. Ce qui est d'autant plus vrai que je le constate également grâce aux témoignages de ma tante, infirmière de nuit. Je savais donc que le bilan ne serait pas très glorieux en me rendant à ce spectacle.

Compte tenu de la trame de Vends 2 pièces à Beyrouth, je m'attendais à un spectacle de pure dénonciation, d'investigation, comme sait si bien le faire Jérémy. Dans ses derniers one man, l'humoriste mettait un point d'honneur à rester neutre et se contenter de faire passer l'info. Mais ce n'est pas exactement ce qu'il s'est passé...

Anesthésie Générale m'a énormément surprise. Ferrari s'est servi de son propre parcours personnel pour délivrer ses messages. Je n'ai pas l'intention de vous dire exactement de quoi il retournait, parce que je considère que ce n'est pas à moi de le dire, mais je peux vous affirmer que j'ai été soufflée par tant de courage et d'honnêteté. Le spectacle n'avait rien à voir avec celui auquel je m'attendais.

Si la forme est différente, l'idée reste la même : mettre en lumière les incohérences et autres stupidités du monde, et plus particulièrement ici, de la France. Mention spéciale aux sketches sur l'homéopathie et sur l'histoire de la sécurité sociale qui sont affligeants de vérité.

En un passage télé, l'équipe de Dark Smile Productions avait déjà vendu 90 000 tickets. Le public de Jérémy Ferrari est toujours là et s'agrandit de plus en plus. Son parcours est un succès immense dont on parle trop peu à mon goût.




Comme à son habitude, Jérémy Ferrari joue avec deux classeurs posés de part et d'autres de la scène : ces classeurs regroupent toutes les sources qui ont servies à l'écriture du spectacle, également disponibles en ligne.



Une fois n'est pas coutume, je les ai téléchargées et je peux vous dire que je suis l'heureuse propriétaire de plus de 2 giga d'informations sur le sujet. Samedi 25 janvier, Jérémy Ferrari jouait pour la douzième fois ce nouveau spectacle. Mais cette représentation n'avait absolument pas l'air d'être un rodage : j'y vois déjà un spectacle prêt à être proposé tel quel. Toujours est-il que je ferai en sorte d'être aux Folies Bergères l'an prochain, pour voir s'il y a eu des évolutions ou non.

Je sais que j'ai tendance à fangirler, et surtout sur son compte. Mais je peux vous dire une chose : on ne ressort pas indemne de ses spectacles, que je conseille vraiment à tout le monde.


Anesthésie Générale
À partir de Janvier 2020

mardi 21 janvier 2020

De YouTube à la scène - Les Chansons Improbables d'Emma Oscar en spectacle


Les gens s'installent peu à peu dans la Salle Bohème du Théâtre des Déchargeurs. Ils font silence, puis Emma entre sur scène avec son sourire radieux et ses mains jointes vers le bas. Elle nous souhaite la bienvenue à son spectacle, son tout premier spectacle rien qu'à elle.



Emma Oscar est une artiste dont je vous ai déjà parlé précédemment. Musicienne, elle travaille depuis un an à un concept qui m'amuse beaucoup : les Chansons Improbables. L'idée est simple : son public lui propose via ses réseaux sociaux des chansons kitsch, de préférence françaises. Puis Emma se donne une journée pour la reprendre à sa sauce. Le tout est montré sur YouTube, avec ses recherches, ses difficultés, ses petites blagues avant le rendu final. Et là, la magie opère. La magie opère au point que je confesse avoir téléchargé toutes ses reprises via Soundcloud.


J'avais découvert sa voix et son univers suite à son passage à la Nouvelle Star en 2015. Non pas en l'ayant vu directement à la télévision mais au fur et à mesure de mes divagations sur Internet, vous savez quand on ne sait plus quoi regarder puis qu'on tombe sur un épisode inintéressant de C'est Mon Choix. Mais pour une fois, je tombais sur un truc pertinent, qui allait me marquer. J'avais été touchée par sa voix, l'émotion qu'elle mettait à chanter Désert d'Emilie Simon. Je m'en souviens : il s'était passé quelque chose à ce moment-là, et je savais que j'allais suivre son travail pendant encore longtemps.


Dans les suggestions de vidéos sur le côté droit, il y avait également sa reprise de Ton héritage de Biolay. C'était la suggestion idéale : les musiques de Biolay et moi, c'est souvent une grande histoire d'amour. Ensuite il y a eu Jalouse sur la chaîne de MadmoiZelle.com qui m'a transportée. Bref, j'étais conquise.

Quand Emma a proposé son format des Chansons Improbables, connaissant ma passion pour les chansons kitsch, je ne pouvais qu'adhérer. J'étais d'autant plus ravie qu'en 2018, Emma a soumis l'une de ses vidéos au concours que je coordonnais pour mon association Les Internettes, le Concours des Pouces d'Or 2018. Cette année-là le jury a décidé de lui attribuer un prix, pour mon plus grand bonheur. Alors imaginez ma joie lorsque j'ai appris qu'elle allait en faire un spectacle, moi qui était si contente de la voir sur scène pour ses plateaux comme elle le fait régulièrement pour l'association Parler ou pour le One Mad Show.

Toute cette histoire, c'est une histoire qui se déroule sur Internet mais pas seulement. Parce que ce que je n'ai pas dit, c'est que j'ai fini par rencontrer Emma. Touchée par son univers, par sa voix, je lui avais proposé une séance photo à mon studio parce que j'avais envie de la placer au centre de mes images.



Emma m'a ensuite accordé sa confiance pour la réalisation de sa pochette d'EP, en collaboration avec Cy, une collaboration dont je suis toujours autant honorée.



Et puis, il y a quelques mois, Emma m'a annoncé le lancement de son spectacle. J'étais encore plus heureuse et touchée lorsqu'elle m'a demandé d'en shooter l'affiche que vous voyez en début d'article...

Pour en revenir au spectacle (parce qu'on était quand même là pour ça à la base), Emma propose une heure de chansons dans son univers plein de douceur. Le public choisit l'ordre de la plupart des chansons.

Chaque semaine, Emma invite une ou un artiste à la rejoindre sur scène le temps d'une reprise. Pour sa première, j'ai eu la chance d'écouter son duo avec Ursula pour Le Coup de Soleil de Richard Cocciante. C'était déjà une de mes reprises préférées mais la magie du duo l'a rendue encore plus belle.



Bref, c'était un pur plaisir de la voir sur scène, de l'écouter chanter également un des titres de son EP. Je ne sais pas quoi vous dire de plus pour vous inciter à y aller, sinon qu'aller voir Emma sur scène c'est soutenir une artiste qui mérite de rencontrer bien plus de succès.





Bravo Emma, je suis fière de toi.


Les Chansons Improbables Le Spectacle
Tous les jeudis jusqu'au 5 mars 2020 au Théâtre des Déchargeurs à Paris

Réserver vos places



mardi 14 janvier 2020

Réseaux sociaux et condition féminine : quelles avancées pour la déculpabilisation des femmes ?


Cette image ne vous dit rien ? Vous n'avez pas l'impression de l'avoir déjà vue mille fois sur Instagram ? Mais si vous savez, ce design épuré, cette impression que tout est à sa place, bien rangé... Vous voyez de quoi je veux parler ?

J'ai mis du temps avant d'écrire ce sujet. Parce que je me suis dit que je n'aurai jamais assez d'un article pour écrire là-dessus. Et c'est probablement le cas : je pourrai continuer longtemps à parler de ça, je ne ferai jamais assez de recherches, n'interrogerai jamais assez de monde. Pourtant aujourd'hui je sens que c'est le bon jour pour parler de ça et vous proposer d'y réfléchir ensemble.

Il y a un peu plus d'un an maintenant, je lisais tranquillement le livre Libérées de Titiou Lecoq quand j'ai été particulièrement happée par l'un de ces chapitres. Ce livre, axé autour des tâches ménagères imposées aux femmes établit le lien entre réseaux sociaux et condition féminine. C'est ainsi qu'au chapitre III intitulé « La vie rêvée des femmes », nous pouvons lire ceci :

« Les réseaux sociaux sont devenus le lieu de propagation d'une nouvelle dictature domestique avec des normes extrêmement élevées et uniquement à la charge des femmes, les hommes étant physiquement absents de ces images » (p.123).

À la lecture de ce chapitre, si j'étais tout à fait d'accord avec l'autrice, j'ai eu comme l'impression que cette dictature dont elle parlait était plutôt appliquée à une époque révolue d'Instagram.

Lisez ce livre, il est très bien.

Comme pour tout dans la vie, Instagram a fonctionné par tendances (d'ailleurs qui oserait dire que ce n'est plus le cas en voyant tous ces filtres aléatoires poper dans nos stories?). Et il fut un temps où effectivement, la mode était aux feeds épurés, articulés autour des couleurs grises et blanches. La décoration d'intérieur scandinave avait le vent en poupe. Tous les intérieurs présentés sur la plateforme étaient cocooning (ou hygge), extrêmement rangés pour donner une impression de sérénité. Et je pense que ce moule Instagram a poussé bien des femmes à faire bien plus souvent le ménage à la maison.

Je le confesse : je suis d'ailleurs moi-même tombée dans ces travers. À ma sauce, certes, mais quand même. Mon compte personnel était très réfléchi, toujours sur les mêmes tons, ce qui impliquait également de vivre dans une espèce de monochrome sans saveur. J'ai été vite ennuyée par cette façon de créer. Déjà parce que je tenais à présenter mes photos de portrait, mais aussi parce que la couleur a fini par me sauter à la figure sans crier gare.


On est sur une vraie différence, n'est-ce pas ?

Avec le recul, je m'en veux d'être tombée dans ce jeu pervers. Ok, je m'amusais pas mal à créer avec des contraintes, mais je constatais bien au fur et à mesure de ma production que je voulais de plus en plus d'objets de qualité à mettre en avant, pour dépenser les sous que je n'avais pas dans des objets onéreux au design épuré. Moi aussi, rentrer dans le moule pour me prouver que tout n'était pas mieux chez les autres, que moi aussi je pouvais avoir de jolies choses chez moi. Oui, j'ai été cette personne et pourtant je ne voulais pas l'être. Parce que tout ce que je voyais autour de moi c'était ça, et que je croyais avoir trouvé ce que je voulais. Je me trompais.

Mais alors est-ce qu'Instagram a réellement fait reculer la condition féminine ?

Si l'on transpose la question des intérieurs à la question des corps, on est en droit de s'interroger : que faisons-nous de toutes ces fitgirls et autres influenceuses extrêmement fines qui peuvent parfois faire culpabiliser leurs communautés à cause de leur taille de guêpe ?

Loin de moi l'idée de shamer qui que ce soit, tout le monde fait bien ce qu'il veut du moment qu'il est bien dans son corps et qu'il ne met pas en danger sa santé. Je dis simplement que la vague healthy qui avait frappé Instagram à peu près au même moment que la tendance cocooning avait mis à mal un certain nombre d'estimes de soi. Au point que plusieurs de mes amies m'ont rapporté avoir supprimé leur compte parce qu'elles en avaient marre de culpabiliser en comparant leur vie à celle des autres (c'est une donnée très scientifique, j'en ai conscience). Moi aussi, il m'est déjà arrivé de me sentir mal ou d'avoir l'impression que ma vie était moins bien à cause de ces comptes-là qui me culpabilisaient sans le vouloir.

Moi mangeant mes pâtes au fromage en pyjama devant un feed insta rempli de légumes et de meufs en maillot de bain

On aura beau dire, hein : c'est le jeu ma pauvre Lucette ! Instagram est comme tout réseau social une reproduction de ce que nous connaissons déjà dans la société (même si les réseaux sociaux ont leur évolution propre, il n'y a qu'à voir l'émergence spécifique des métiers d'influenceur·euses, de community managers et autres). À chaque fois que nous avons eu l'opportunité de faire quelque chose de différent grâce à une plateforme laissant le champ libre à notre imagination, nous avons répété les mêmes schémas que dans la société physique. Qui plus est, Instagram étant LE réseau social de l'image et uniquement dédié à ça, il était presque inévitable que les travers de la communication visuelle, de la publicité, de la mode et du marketing se reproduisent en s'intensifiant. Seulement comme cette fois ce n'est pas la seule et même voix des grandes industries qui donne le ton mais plutôt celle de plein de personnalités éparpillées sur le web, nous avons peut-être plus de mal à nous en détacher.

Pourtant Instagram a notamment contribué à l'émergence du mouvement bodypositive, qui permet de célébrer les corps dans leur pluralité, de s'affranchir des diktats et d'encourager tout le monde à s'aimer tel qu'il est. Et c'est une chance inouïe de pouvoir faire grandir ces mouvements qui permettent de faire des réseaux sociaux des endroits bien plus respirables.

C'est bien pour cette raison qu'il faut encourager les initiatives positives, celles qui montrent la vie telle qu'elle est, comme le font très bien Louise Aubery a.k.a My Better Self et Douze Février avec le hashtag #OnVeutDuVrai ou encore Coline qui explique son lâcher prise dans sa dernière vidéo. Je vous en parlais dans un précédent article, il me paraît indispensable aujourd'hui d'inverser la vapeur. Sans même être utopiste, je pense sincèrement au fond de moi que nous avons les moyens de faire des réseaux sociaux quelque chose de majoritairement positif, même si ce sont des outils résultants de notre fonctionnement capitaliste et que sans renversement de ce système nous n'arriverons à rien.

Mais c'est pas le sujet.

mardi 7 janvier 2020

Les Sims et moi – Une histoire d'amour sans fin


Ouaah eh, je vous avais pas menti : la dernière fois je vous disais « on se retrouve le 7 janvier pour la rentrée » et ben devinez quoi ?

On est le 7 janvier.

J'avais dit qu'en 2020 je serai plus ponctuelle, ça démarre fort.

J'espère que les vacances étaient chouettes, que vous avez bien mangé et profité. Pour ma part, mon ventre ne dégonfle pas et je ne suis toujours pas arrivée à me lasser du Joie Gras de Jay & Joy.

J'ai longtemps hésité quant au sujet de cette reprise. Je pensais parler de mes projets pour cette année, puis je me suis dit que ce serait plus simple de vous expliquer ça en story. Y avait pas non plus de quoi en écrire 3 pages et je n'avais pas la force de vous raconter tout ça là, maintenant. Il y a un sujet qui m'amuse bien plus et dont j'ai envie de vous parler aujourd'hui, mais vous savez déjà ce que c'est vu que vous avez déjà lu le titre de cet article.


Cela faisait quelques semaines que je m'étais suis remise à ce jeu qui avait occupé nombreuses de mes heures au collège. Et je suis retombée dedans sans crier gare.

En mai dernier, Origin annonçait le téléchargement gratuit de l'édition de base des Sims 4. Ayant eu vent du bon plan, je me suis dit que j'allais le télécharger, ce que j'ai fait. Après environ 1 000 heures interminables d'installation, tout était enfin prêt pour y jouer. Ce que j'ai fait au bout de... 7 mois.

7 mois parce que je ne prenais pas le temps de me divertir de cette façon, voire parce que je ne prenais plus vraiment le temps de me divertir du tout. C'est seulement le lendemain de Noël que quelqu'un m'a parlé de ses mésaventures avec une de ses familles de Sims que je me suis soudain souvenue de l'existence de ce jeu dans mon ordinateur. L'occasion était trop belle : j'étais en vacances et avais donc du temps devant moi. J'ai relancé le jeu qui m'avait valu tant de vendredis après-midis scotchée à mon bureau.

À l'époque je jouais aux Sims 2. Enfin c'est-à-dire : je jouais BEAUCOUP aux Sims 2, c'est ce que j'évoquais dans cet article sur mon rapport aux jeux vidéo.


On m'a offert les Sims 2 en 6ème et je suis instantanément entrée dans une spirale presque sans fin : Sims 2 Académie, 4 saisons, Animaux & Compagnie, La Bonne Affaire, Kit Fun en Famille... Je crois que je n'étais pas loin d'avoir toutes les extensions.

Non mais en vrai c'est parti loin leur délire

Je téléchargeais des packs créés par la communauté de fans pour customiser mon jeu : mes Sims ne ressemblaient en rien à la version classique. J'apprenais même à concevoir mes propres tenues. Je me revois même griffonner mes idées de tenues dans un carnet et me fixer des objectifs de réalisation de tenues.

J'achetais même le magazine (???), ce qui n'avait absolument aucun sens mais j'adorais ça.


Je regardais même les remakes de clips version Sims, comme cette INCROYABLE version de Womanizer :

En vrai les gens se donnaient quand même un mal de chien pour en arriver là.

Je construisais des palaces dont je ne savais pas quoi faire et je pouvais passer des heures à faire ça. Mais surtout, là où j'ai compris que je perdais pied, c'est le jour où je suis entrée dans le game des codes. Non mais parce que motherlode c'est bien sympa hein, mais je faisais vraiment des trucs de ouf. Des trucs qui me rendaient encore plus créative dans le meurtre de mes Sims (oui bon ça va j'ai pas fini psychopathe à ce que je sache) :
Faire en sorte qu'un essaim d'abeilles pique mon Sim jusqu'à la mort, qu'un satellite s'écrase sur lui, disparaître juste COMME ÇA... J'ai passé énormément de temps à tester toutes les techniques envisagées par les codes de triche et j'en riais énormément. C'était un énorme kiffe de passer du temps là-dessus, pas comme la version du jeu DS qui était horriblement nulle et répétitive.

Beaucoup de gens que je connais m'ont confié trouver les Sims répétitifs. Vous comprendrez qu'avec tous les cheat codes que j'utilisais, je n'étais pas du tout d'accord avec eux. Et même au-delà de ça, je trouvais génial de pouvoir vivre plusieurs vies grâce à eux. Sans forcément me refaire mon portrait à chaque fois (ce qui ne m'intéressait d'ailleurs pas), mais passer du temps avec les Roméo et Juliette de Veronaville, faire grandir les jumelles rousses de Montsympa ou même avoir des bébés verts suite aux enlèvements extraterrestres de Zarbville...

Les Sims 2, est un jeu qui a boosté ma créativité comme jamais je ne l'aurais cru possible. J'ai été tour à tour styliste, architecte, coach de vie. Et c'est non pas sans émotion que je me suis remise avec la quatrième version du jeu.


Beaucoup de changements, un jeu bien plus intuitif. Me remettre aux Sims m'a permis de faire le vide dans ma tête à un moment où j'en avais bien besoin. En terminant cette première session de reprise, j'étais étonnamment apaisée et tranquille. Depuis, j'essaye d'y jouer assez régulièrement, pour retrouver ma bulle (sans en oublier ma vie, évidemment) et je peux vous dire que ça me fait un bien fou. Je crois que jusque-là je ne réalisais pas toute la gratitude que j'avais pour ce jeu, alors merci.

Et vous, c'est quoi le jeu qui vous permet de garder la tête hors de l'eau ?