De manière générale, j'ai été assez surprise du nombre de messages d'encouragements que j'ai pu voir passer sur Insta par exemple. Même si malheureusement j'ai également pu constater beaucoup de blagues grossophobes ainsi qu'un certain nombre de stories sur le fait de devoir absolument manger healthy, je tiens quand même à féliciter tous ces comptes qui ont continué de diffuser des messages positifs sur les réseaux sociaux pour contrebalancer. Je pense que toutes ces prises de parole ont permis à certaines personnes d'être plus sympas envers elles-mêmes et c'est vraiment ce genre de discours qu'il faut encourager sur les réseaux, à mon sens. Parce que même des personnes qui ont un caractère bien trempé et qui ne sont pas facilement influencées par les injonctions peuvent parfois, dans des moments où elles se sentent tristes ou déprimées, peuvent tomber sur ces injonctions et se laisser entraîner vers le fond des abysses.
Pour ce qui est de mon bilan personnel, pour le positif, je me suis rendue compte qu'il m'était assez facile de maintenir le rythme de travail que j'avais déjà, même s'il a pour ça fallu passer par un temps de flottement. Comme je vous le racontais au début du confinement, j'ai été happée par toutes les informations anxiogènes qui nous venaient de partout, ce qui ne m'a pas du tout aidé à rester concentrée sur mon travail, qui était pourtant une belle porte de sortie vers autre chose que cette situation. Moi qui craignait que mes journées deviennent anarchiques, finalement, en gardant les mêmes heures de sommeil, tout est resté à peu près stable.
J'en parlais dans l'un de mes autoportraits publiés sur Instagram : j'ai un rapport émotionnel à la nourriture et ce depuis un bon moment. Persuadée que je n'arriverais jamais à m'en détacher (si vous êtes dans cette même situation, vous devez savoir à quel point il est difficile de regrouper assez de force pour dépasser ça), j'ai miraculeusement développé un nouveau rapport à la nourriture qui est complètement sorti de nulle part. Je ne m'étais fixée aucun objectif, mais il s'avère que les choses se sont faites toutes seules. Mais je ne me voile pas la face : je sais que c'est en partie parce que mon copain s'occupe lui-même de faire les courses et que les restaurants sont actuellement fermés. Pour autant, je n'ai pas envie de me précipiter au Carrefour du coin pour aller me chercher 4 barquettes de raviolis au fromage et ça je trouve que c'est une belle avancée sur moi-même et cette addiction que j'avais. Bien entendu, j'attends de voir comment je vais réagir lorsque les restaurants seront de nouveau ouverts mais toujours est-il que je suis assez fière de moi sur le sujet.
Si plein de points positifs ont pu se dégager de ce confinement, je me suis également rendue compte d'autres réactions qui pouvaient être plus alarmants et auxquels je devais absolument faire attention. Par exemple, le stress.
Ce ne sera pas une surprise pour mes proches qui me liront : je stresse énormément de manière générale. Pourtant, j'ai longtemps été tout l'inverse de cette personne qui se met à paniquer au moindre obstacle. Et je suis persuadée que le confinement ne m'a pas aidé là-dedans. À force d'avoir le nez dans ses propres affaires sans avoir la possibilité de pouvoir se changer les idées en allant boire une bière avec les potes, je pense que je suis vite devenue zinzin à ce niveau. Mais j'essaye de voir le bon côté des choses : j'en ai pris conscience et surtout j'ai compris que je faisais des crises d'anxiété. Pouvoir poser des mots sur ce qui m'arrive m'aide déjà à mieux prendre en main tout ça. La difficulté étant de pouvoir prendre du recul sur ces situations où tout me paraît insurmontable. Plus facile à dire qu'à faire, effectivement, mais je crois que ce qui marche le mieux pour moi dans ces moments là est de tout couper et de faire complètement autre chose pour ne pas rester bloquée mille ans sur ce truc qui n'est pas aussi énorme si on prend la peine de voir les choses plus globalement. Et d'ailleurs à ce propos il faut que je m'imprime des feuilles de coloriages parce que c'est une activité qui me permet de me vider la tête (essayez si vous aussi vous cherchez des tips de ce genre, personnellement ça fonctionne assez bien.
Mon goal ultime
Dans les autres points moins réjouissants mais qui restent positifs à partir du moment où j'en ai pris conscience, c'est ma surcharge de travail. Détrompez-vous : j'adore travailler sur plein de projets différents, je fais ce qui me plait et je parle de ce dont j'ai envie, c'est absolument vrai. Pourtant, le confinement m'a mise face à un constat : au jour le jour, je cherche à trop vouloir en faire d'un coup et à me mettre des objectifs inatteignables, ce qui me met dans un état de déception à la fin de la journée. À l'heure où je vous écris, j'ai actuellement neuf tâches écrites sur ma to do list. Ce problème est donc loin d'être réglé. Parce que même si j'essaye d'échapper aux diktats de la productivité, je ne vais pas vous mentir : je suis assez mauvaise à ce jeu. Mais je ne désespère pas et compte bien ralentir la cadence quand je n'aurais plus un mémoire et un rapport de stage à rendre d'ici très peu de semaines (en tout cas j'y crois, j'espère que vous aussi, ce serait bien gentil de votre part).
Finalement, le confinement m'a appris que je n'avais pas trop de mal à rester cloîtrée chez moi en soi. C'était déjà un peu le cas lorsque j'avais redoublé en Droit et que je n'avais que très peu de cours à rattraper. Et ça m'a tout de même fait plaisir de constater que je n'étais pas prête à massacrer le moindre être humain qui s'adressait à moi pendant cette période (ne pas être une psychopathe, un bel objectif de vie finalement). Ça me rassure également sur ma capacité à m'adapter. D'ailleurs de manière générale, je pense qu'on peut toutes et tous se féliciter sur ce point, puisque le confinement a vraiment bousculé nos vies et que même si nous n'avons pas eu d'autre choix que de nous adapter, nous avons quand même réussi à tenir tout ce temps.
Comme je le disais donc, l'important pour moi pendant ce confinement aura été de prendre conscience des choses que je devais régler avec moi-même. Parce que même si je ne fais pas des masques de beauté chaque semaine, c'est aussi une manière de prendre soin de soi et c'est même carrément plus important pour être plus à l'aise dans ses baskets. Et c'est bien cool d'en être arrivée là.
Et vous, qu'est-ce que vous avez appris sur vous pendant ce confinement ?
















