mardi 14 avril 2020

Comment Internet a changé ma vie – Ma lettre d'amour au web

J'étais en train de lire l'excellent premier numéro de Women Who Do Stuff quand je me suis demandée un truc : qu'est-ce qu'Internet m'a apporté ? Je pense que nous avons toutes et tous des histoires à raconter à ce propos. Après tout, Internet fait partie intégrante de nos quotidien (en ce moment plus que jamais) et j'avais envie de vous partager ce petit bout de vie. Je vous avais déjà raconté comment j'essayais d'avoir un impact positif sur les réseaux sociaux et mon rapport à eux mais sans vraiment vous raconter ce qu'Internet m'a apporté. Parce que oui, en prenant un peu de recul, je me rends compte qu'Internet a vraiment chamboulé mon histoire. Quand j'étais au collège, je me destinais à des études de journalisme ou de Droit, mais je ne pensais pas faire ce que je fais actuellement, sans compter le fait que je n’envisageais pas d'avoir l'expérience que j'ai maintenant.



D'abord la Photo. Aussi dingue que ça puisse paraître, j'ai commencé à m'intéresser à la photo à cause des skyblogs. Parce que chaque semaine, la plateforme mettait en Une un skyblog de la semaine et qu'une semaine, sans crier gare, le blog choisi parlait Photo. On devait être en 2008 ou 2009. J'avais commencé à discuter avec l'autrice du blog qui m'encourageait à me lancer. Je lui disais que pour moi c'était le plus beau métier du monde. J'étais véritablement saucée à l'idée de m'y mettre et ça n'a pas traîné : j'ai fini par piquer le bridge de mon père qui lui servait à prendre ses photos de vacances ou ses toiles pour aller prendre en photo mes potes dans les rues de Paris. C'est à peu près à cette époque où je suis allée chez Virgin m'acheter Heaven To Hell de David Lachapelle. 28 euros fièrement investis dans mon premier livre de photographe. En même temps, ça faisait des semaines que je lorgnais sur ses photos pleines de couleurs. À cette époque et toujours grâce à Skyblog (comme quoi) que j'ai découvert Charlotte Abramow dont les photos m'ont donné envie de continuer. 11 ans plus tard, je suis photographe de portrait puisque j'ai enfin sauté le pas vers un taff que je n'arrivais pas à envisager. Bon, il se trouve que c'est une sorte de job étudiant, mais c'est déjà ça. Et ça fait très plaisir. D'ailleurs j'ai été particulièrement émue en découvrant l'interview de Russell Williams, l'un des créateurs de Photoshop :


C'est par Internet et la Photo que j'ai pu rencontrer pas mal de potes. J'ai pu rencontrer ma première muse, Sweet Vanity, via un concours pour la prochaine collection de l'Indien Boutique (je passais ma vie sur leur page Facebook car j'étais EMO puis gothique). On a énormément shooté ensemble à nos débuts, et au fil du temps Sweet Vanity est devenue une vraie pote. Il y en a eu tellement d'autres ensuite. Et des potes que j'ai encore aujourd'hui.

Sans Internet, je n'aurais jamais pu rencontrer l'asso du même nom mais pas orthographiée pareil : Les Internettes. Je vous en avais déjà parlé ici il y a 2 ans et demi, mais mon ressenti reste le même : je suis toujours autant hypée par cette asso. J'y suis entrée en tant qu'adhérente, je suis devenue membre du jury du concours des Pouces d'Or par pur hasard, puis je suis devenue bénévole. Ensuite, je me suis occupée dudit concours avant d'être élue Secrétaire Générale puis Vice-présidente, poste que j'occupe actuellement. De la folie. Grâce à cette asso, j'ai pu engranger énormément d'expérience pro. J'ai pu réfléchir sur des domaines qui me passionnaient sans le savoir et j'ai pu essayer de décrypter les tenants et aboutissants de la création sur le web. J'ai rencontré des personnes géniales, je suis toujours aussi heureuse d'y être et je compte bien y rester un moment !


Regardez comme on est stylées

Internet est également au centre de mes nouvelles études. Après avoir péniblement passé une Licence de Droit qui ne m'intéressait plus, l'idée d'écrire un mémoire sur YouTube et la façon dont les jeunes apprennent grâce aux vidéos diffusée sur le web m'a traversé l'esprit (notamment parce que l'une de mes meilleures potes taffait sur un sujet semblable mais axé cinéma). Et je voulais traiter des corps féminins. Un sujet de mémoire qui s'est finalement resserré sur le traitement des menstruations sur YouTube. Et je suis absolument ravie de ce choix, en accord total avec mon travail aux Internettes qui on ne va pas se mentir, me permet de faire une bonne partie des recherches grâce à la veille que j'y fais pour me tenir au courant des enjeux. Ce mémoire finalement, je le fais aussi un peu pour l'asso, pour asseoir nos actions et notre campagne #MonCorpsSurYouTube qui dénonce la démonétisation des créatrices qui parlent de sexualité, de poils ou tout simplement de leur rapport à leur corps sur la plateforme.

Sans compter le fait qu'Internet m'a donné envie de créer mille choses : des dizaines de blogs, une chaîne YouTube et sûrement plein d'autres choses que j'oublie parce que je n'allais pas non plus vous faire une introspection de 108 pages.



Internet m'a donné des études, une expérience pro, un job, des potes. Bref. Je suis tellement ravie d'avoir eu la chance d'y accéder. Parce que ce n'est pas le cas de tout le monde et que la fracture numérique et autres zones blanches sont encore trop présentes dans le monde et même en France (à ce propos je vous conseille ce super article de Numerama sur la fracture numérique en temps de confinement).

Comme pour tout, il y a des choses positives et des choses négatives que l'on peut tirer d'Internet.



Évidemment qu'il y a des problèmes à régler, évidemment que tout n'est pas rose mais je suis sérieusement enthousiasmée quand je vois toutes les opportunités que j'ai pu avoir grâce à ça.

Et franchement, c'est super.

mardi 7 avril 2020

Bouffer la culture – J’ai pas le temps, mon esprit glisse ailleurs

J’adore découvrir des choses. Bouffer la culture c’est un truc hyper important pour moi. Écouter de nouveaux podcasts, regarder des films, lire. Mais j’ai un problème : j’ai souvent l’impression de manquer de temps pour pouvoir faire tout ça.


Comme beaucoup, si on me laissait faire, je pourrais passer des journées entières à ne faire que ça. En vrai, quoi de plus cool que de se sentir transporté·e par un objet culturel ? C’est quelque chose qui peut vous marquer à vie comme ne rien susciter chez vous. Ce hasard me fascine. Sans compter le fait que grâce à tout ça, on peut apprendre plein de trucs. Se remettre en question, affiner ses idées, ne pas être d’accord. Je suis peut-être même en train de vous dire que j’aime ça autant que le fromage (jdec faut pas abuser).


Pourtant quand je termine une œuvre, un article, ou quoi que ce soit, j’ai toujours un regret : celui de me dire que je n’aurai jamais assez de temps pour pouvoir tout découvrir. Je suis curieuse de plein de choses et je suis profondément frustrée de ne pas pouvoir consacrer tout le temps que je voudrais à cette occupation.

Vu la quantité de culture qui est produite à chaque minute à travers le monde, vouloir tout voir et tout vivre en une vie serait une folie (et même impossible). Résultat je repousse ce que j’ai envie de faire au profit de mon taff. Ce qui est une bêtise en soi. Parce que la culture, c’est aussi ce qui permet d’être inspiré·e, de penser à autre chose et de vivre des choses incroyables. Alors j’ai décidé de m’intéresser, pour repenser ma gestion du temps.


Je vous ai demandé sur Instagram comment vous faisiez, vous, pour prendre le temps de consommer la culture. Beaucoup d’entre vous se donnent du temps tous les jours pour le faire. C’est une très bonne idée. Je vais donc vous partager quelques unes des réponses que j’ai reçues, on ne sait jamais si ça peut vous donner des idées  (merci d’être toujours plus nombreux et nombreuses à me suivre d’ailleurs !) :

  • Lire avant de dormir : personnellement je suis infoutue de le faire car d’aussi loin que je me souvienne je m’endors tout le temps en lisant des livres, même s’ils s’avèrent ultra passionnants. Bravo à vous si vous y arrivez ! Du coup, quand je peux, je le fais dans mon lit, le matin.

  • Bloquer entre 30 minutes et 1 heure chaque jour pour découvrir un truc (film, série, jeux vidéos etc) : super bonne idée ! J’ai encore trop de galères d’organisation et d’emploi du temps pour faire ça parce que je ne réfléchis pas en timing mais c’est super !

  • Occuper tout son temps libre à ça : c’est presque ce que j’ai fait samedi dernier quand j’étais en repos. Je pense que je ne pourrai pas le tenir tout le temps mais c’est vraiment une chouette façon de faire pour celles et ceux à qui ça convient.

  • Écouter des podcasts en travaillant : les podcasts, je les écoute sur mes trajets qui n’impliquent pas de métro, en retouchant des photos ou en faisant le ménage. Je trouve ça hyper cool d’être accompagné·e par une ou plusieurs voix dans notre quotidien (d’ailleurs c’est en écoutant 2 Heures de perdues que je me suis retrouvée à pleurer de rire toute seule au milieu d’un Hema…). En revanche, quand je dois écrire quelque chose à proprement parler, impossible d’en écouter. Je me souviens, quand j’étais en Droit, de tous mes potes qui pouvaient se permettre d’écouter de la musique tout en révisant. C’était totalement infaisable pour moi (et c’est toujours le cas !)

  • Une fois par mois, choisir un documentaire sur un sujet qu’on ne maîtrise pas et le regarder : j’aime énormément cette méthode que j’ai découvert dans vos réponses. C’est quelque chose qui me parle beaucoup et je pense très clairement que je vais l’appliquer !

Vous êtes beaucoup à aménager du temps dans vos journées pour dénicher de nouvelles œuvres. Ça m’a fait plaisir de lire tous vos trucs et astuces sur le sujet d’ailleurs. Maintenant que vous avez partagé vos trucs et astuces avec moi, je vais vous filer mes tips !


De manière générale, j’ai fait le choix de ne plus essayer de brasser toute la culture coûte que coûte. Parce que j’étais vite découragée et que souvent mon emploi du temps ne me le permettait pas? J’imagine que nous sommes bien nombreux et nombreuses dans cette situation.

Ma philosophie (pas celle d’Amel Bent), c’est de chercher à y passer peut-être moins de temps, mais de le faire plus qualitativement et sans me foutre la pression. Mais si vous savez, cette pression à devoir tout connaître partout tout le temps. Je crois que le principe de cette méthode me vient des Sims (riez pas, ah ouais) et du système des aspirations. Ça peut paraître con dit comme ça mais je me concentre sur quelques objectifs que J’AI envie d’atteindre, et je le fais tout simplement :

Une fois par jour, je me consacre à la lecture d’un article que je choisis soigneusement parmi les tweets que j’ai sauvegardé, ceux que j’ai enregistré via Facebook ou sur des sites directement. Je le note dans un doc excel qui me permet d’en garder une trace. Certes, le procédé est assez mécanique, mais l’idée c’est de pouvoir correctement intégrer ce que je lis. Ne plus le laisser partir au large des trucs dont je ne me souviens plus. D’autant plus que je suis actuellement en recherches puisque j’écris un mémoire et je peux vous dire que ça m’est bien utile.

Grâce au confinement, mes soirées sont plus posées à la maison (oui bon écoutez j’essaye de trouver des côtés positifs à tout ce bazar). Moi qui avait l’habitude de surtout voir des séries, je prends désormais le temps de voir tous ces films que je n’avais pas encore vu. Vous savez, ces dvds et autres blu-ray qui se sont multipliés dans nos bibliothèques et qu’on s’était promis de voir un jour ?

Quand je sors un dvd acheté en 2012

Si je le fais, ce n’est pas pour rattraper un “retard” par rapport aux autres, non, mais juste parce que je considère que c’est prendre soin de moi pour ne plus avoir ce sentiment de frustration. Depuis le début, j’ai enfin pu regarder American Psycho, Bliss, Yes Man, 2001 L’Odyssée de l’espace, Le Sens de la Vie, Populaire, Edward aux Mains d’Argent… Et je me rends compte que ça me fait un bien fou.

Sur YouTube, je prends le temps de regarder une à deux vidéos par jour et surtout de commenter, parce que je ne le fais jamais alors qu’il y a pourtant des contenus que j’adore. Et je devrais le dire plus souvent (d’ailleurs, est-ce que vous connaissez ma chaîne ?)

Côté photo, j’ai un super livre de photographies cultes qui traîne dans ma bibliothèque. Je l’avais acheté en vacances l’été dernier et je me suis dit que l’ouvrir une fois par jour pour observer une ou deux photos serait une super méthode pour en apprendre plus.

C’est au niveau des livres que je pêche un peu. Difficile pour moi de lire le soir. Je lisais sur les longs trajets de métro qui ne font désormais plus partie de mon quotidien. Alors il faut que j'aménage du temps dans ma journée pour le faire. Déjà parce que j’en ai envie, mais surtout que comme je le disais, j’ai un mémoire à rendre et qu’il va bien falloir que je m’y mette pour le nourrir, haha !

Je me souviens de l’époque où Solange Te Parle réalisait ses vidéos “bilans cul” où elle expliquait se sentir submergée par toutes ces créations et qu’elle ne prenait pas le temps de s’y mettre. Cette vidéo m’avait marquée, j’avais essayé de m’y mettre aussi mais j’avais un peu galéré. Je crois qu’aujourd’hui c’est le bon moment pour m’y remettre, en l’adaptant à mon rythme et à mes envies.


Qu’est-ce que je cherche à vous dire au fond ? Tout simplement la culture c’est cool, si ça vous fait du bien, essayez de vous y frotter un peu tous les jours. Mais surtout jamais au grand jamais ne vous mettez la pression pour ça.

En fait l’idée, c’est que vous preniez soin de vous (personne n'est surpris par cette conclusion) !

mardi 31 mars 2020

De la danse et des blagues – TikTok, le réseau social de 2020





Lancée en 2016 en Chine, TikTok est très vite devenue l’une des applications les plus populaires au monde. Le principe ? De courtes vidéos couplées à de la musique que l’on peut faire seul·e ou plusieurs (et même à distance). Sur TikTok il y a beaucoup d’humour, de quoi nous rappeler ce bon vieux Vine, le petit frère de Twitter qui permettait de créer des vidéos de 6 secondes et qui a longtemps été ma chose préférée (sans jamais y avoir été inscrite, belle prouesse), comme en témoigne ma vidéo fétiche :




TikTok ce n’est pas que de l’humour, c’est aussi beaucoup de chorégraphies et de tendances avec des défis à reproduire.




Beaucoup l’ont annoncé en 2019 : TikTok deviendrait encore plus populaire en 2020. Et c’est bien ce qui est arrivé. Mais ce que nous ignorions à ce moment-là, c’est à quel point le confinement propulserait la plateforme encore plus loin. Théotime, un utilisateur de 20 ans, dit s’être inscrit il y a peu de temps : “au début du confinement donc deux semaines à peu près”. Pour Anna, 21 ans, son réel intérêt pour l’application s’est également précisé à ce moment-là : “j'avais téléchargé l'appli il y a un an déjà, mais à l'époque je n'avais pas vraiment pris le temps d'essayer de comprendre comment ça marchait, j'avais dû tenir environ 3 jours dessus puis j'avais désactivé mon compte. Du coup il y a environ 2 semaines je m'y suis remise parce que j'avais envie de recréer certaines des chorés avec mes petites soeurs comme je suis confinée avec elles”. Même chose pour Court, vidéaste et influenceuse : “j’ai commencé à regarder du contenu sur TikTok il y a plusieurs mois, j’ai commencé à en faire il y a à peu près deux semaines”.


Ce qu’il y a de pratique avec TikTok, c’est qu’une fois l’appli installée, tout est très facilement accessible : au premier clic sur la plateforme, un rapide tuto se lance pour montrer les différentes façons de naviguer sur le réseau social. Pas plus de deux secondes de démo que nous nous trouvons déjà dans cet océan de contenu. Si on a l’habitude d’Instagram, on prend vite ses marques : une barre de navigation en bas de l’écran avec les onglets “Accueil”, “Découvrir”, “Poster”, “Boîte de réception et profils”. Sur le côté droit, les différentes informations concernant le compte : le nombre de likes, de commentaires et un bouton de partage.




La popularité de TikTok s’est accrue grâce aux possibilités qu’elle offre pour créer des vidéos rapidement. “Ce qui me plait dans ce réseau c’est l’interface facile à utiliser, et qui offre énormément de possibilités avec un seul son. Les gens sont vraiment créatifs et on va avoir 1 000 vidéos différentes (dans la création, l’intérêt, la réalisation) avec la même musique”, explique Court, qui a commencé à créer du contenu sur sa chaîne YouTube et qui se dit désormais plus à l’aise avec TikTok : “j’ai plus de facilités à créer sur TikTok, ça me demande moins de temps, je ressens moins de pression, et j’ai l’impression de pouvoir poster quand je veux sans que ça influe sur la visibilité”. Les hashtags viraux se démultiplient à perte de vue, ce qui incite les gens à créer.


TikTok a également explosé ces derniers mois grâce à ses nombreux partages sur d’autres réseaux sociaux : le contenu tiré de la plateforme ne cesse de voguer sur Twitter et Instagram. Encore heureux, sinon je n’aurais jamais eu l’occasion de pouvoir découvrir cette MERVEILLE (j’écris en caps lock pour montrer à quel point je pèse mes mots) :




C’est également ce qui a permis à Éloïse, 20 ans, de découvrir la plateforme : “je suis très active sur Twitter et il y avait de plus en plus de vidéos de TikTok qui me faisaient rire sur Twitter, ça m’a donné envie d’en voir plus”.


Si certains se sont inscrits dans le but de créer des vidéos dès le départ, beaucoup ont simplement voulu voir ce qu’il s’y faisait, histoire de rire un peu : “c'est un dépaysement cérébral, une ventilation cérébrale, faire que je m'autorise à rire, à me déconnecter du quotidien” raconte Gwena, 50 ans. Même chose pour Alison, 23 ans  “je ne ressens pas l'envie d'en faire, mais j'aime vraiment découvrir de nouveaux TikTok à chaque connexion”.


Sauteront-elles le pas un jour ? “C'est possible qu'à mon tour je puisse envoyer des vidéos sur TikTok, pour rendre aux autres les fous rires qui me font tant de bien et me permettre d'être moi-même, quelqu'un d'humain, qui a de l'humour et qui aime bien rigoler, s'amuser” répond Gwena.


Côté communauté, les impressions divergent : “j'ai l'impression de pouvoir poster de la merde sans que des personnes de mon entourage se foutent de ma gueule” confie Ana. Alison qualifie quant à elle la communauté TikTok de “particulière”, “rien avoir avec Youtube par exemple”. Même si elle déplore la présence de quelques trolls, elle précise “TikTok, c'est beaucoup d'interactions dans la création et ça change les liens de la communauté”. Pour Théotime celle-ci est “plutôt jeune et beaucoup moins agressive que sur d'autres réseaux sociaux”. Et c’est le cas de le dire ! Au début de son utilisation et jusqu’à l’an dernier, la principale cible du réseau social était les pré-ados et les ados.


Mais le ressenti de Théotime n’est pas que positif : “je trouve que la communauté ne se remet pas beaucoup en question. J'ai vu plein de TikTok problématiques sans que personne en commentaire ne fasse de réflexion”.


En effet, des vidéos qui ont une mauvaise influence sur la communauté prennent parfois bien le temps de tourner sur la plateforme, comme le constate Sarah Hawkinson qui s’insurge contre les maladies romantisées dans cette vidéo YouTube :



Tout n’est d’ailleurs pas entièrement clean au niveau de la gestion des données puisqu’en février 2019, l’application était condamnée à 5,7 millions de dollars d’amende aux États-Unis pour collecte illégale des données d’enfants de moins de 13 ans. L’institution à l’origine de l’amende, la FTC (Federal Trade Commission, la Commission du Commerce), assure en effet le respect de la loi COPPA relative à la protection de la vie privée des enfants sur Internet.


Pour autant, TikTok reste un véritable outil d’expression et d’acceptation, comme en témoigne Alison : “autant il y a des trucs vraiment pas oufs dessus (style ceux qui font les beaux/belles) mais il y a des gens incroyables, créatifs, qui partagent et il y a réellement une grosse avancée sur la confiance en soi sur cette appli (des gros·ses qui se montrent, des gens avec des problèmes de dentition, chauves, petits, vieux, jeunes, en situation de handicap) et beaucoup d'autodérision ! Et c'est ça que j'aime le plus”.


Que restera-t-il de TikTok après le confinement ? “Je ne pense pas que je continuerai après pour ma part...” confie Éloïse. Théotime quant à lui se dit que “peut-être” il produira du contenu plus régulièrement.


Si le confinement a évidemment été un tremplin pour le réseau social, il ne faut pas oublier qu’il bénéficiait déjà d’une croissance fulgurante et d’une visibilité de plus en plus forte. L’application qui comptait déjà plus d’1,5 milliards d’utilisateurs fin 2019 risque très probablement de s’inscrire dans la durée.


mardi 24 mars 2020

Sortir la tête de l’eau – Peut-on parler d'autre chose que du confinement pendant le confinement ?

Vous le savez aussi bien que moi, cette dernière semaine a été totalement bouleversée par l’épidémie. Toutes nos habitudes ont été bousculées pour nous créer un nouveau genre de quotidien.


Lorsque je vous annonçais jeudi dernier dans ma story Instagram qu’aucun rendez-vous ne changerait hormis la publication de photos quotidienne (un article le mardi, une vidéo et un autoportrait le dimanche), j’étais loin de me douter d’une chose : qu’il serait aussi difficile de parler d’autre chose que du confinement.

Pour les vidéos du dimanche ça va encore, tout simplement parce que j’ai une trame pré-établie et que peu importe ce qu’il se passe dehors, tant que je peux continuer de tourner seule, les vidéos sortiront. Mais les articles et leurs sujets fluctuent en fonction de mon humeur. Et même si j’ai un tas d’articles prévus qui peuvent traiter de thématiques qui ne concernent pas la situation actuelle, je peine à trouver l’inspiration pour parler d’autre chose. Bien sûr, ça viendra avec le temps. Mais je crois être encore trop perturbée par cette situation.

Où que je me connecte, peu importe à qui je parle, tout le monde n’a qu’un seul mot à la bouche : la maladie. Évidemment, je crains pour mes proches. Tant ceux qui ont un état de santé fragile que ceux qui doivent aller au front parce qu’ils travaillent dans le milieu médical ou parce que leur entreprise ne leur a pas laissé le choix. D’ailleurs je ne pourrais jamais suffisamment leur faire état de mon admiration. Mais hier, j’ai pris une décision importante pour moi.

Sur Twitter, j’ai décidé de masquer tous les mots qui avaient un rapport de près ou de loin avec l’épidémie. Depuis le début du confinement, je dois avouer que je n’en pouvais plus, de recevoir ce flot d’informations alarmistes qui ne faisaient qu’aggraver mon stress déjà bien trop élevé en temps normal. Pour m’informer, j’ai décidé de m’en tenir aux médias traditionnels, ceux qui ne font pas de sensationnalisme, ce qui est beaucoup moins anxiogène.


J’ai le luxe de ne pas avoir à travailler à l’extérieur. Et en dehors de mes journées de travail, j’ai décidé de mettre ce temps à profit pour me changer les idées et de ne plus articuler mon temps libre autour des nouvelles actualités.

Prendre soin de soi, c’est aussi savoir se préserver.

C’est prendre du temps pour faire autre chose, quand on peut, quand on veut, pour se lancer dans un projet qu’on a pas eu le temps de mettre en place. Oui mais non en fait. 

Parce que j’en ai vu passer aussi, des posts qui disaient à quel point il fallait utiliser ce temps pour être encore plus productif. Mais ne rien foutre c’est tout aussi bien. Je sais que je ne suis pas un exemple en la matière parce que je suis très productive, mais c’est parce que j’en ai envie. Et même s’il est parfois difficile de relâcher le rythme tant j’aime venir vous parler de choses et d’autres alors que je suis clairement fatiguée, je n’y vais pas de main morte lorsqu’il s’agit de tout mettre en pause pour aller jouer une ou deux heures aux Sims ou regarder mon plafond en caressant le chat. Vous avez le droit de rien faire comme vous avez le droit de faire des pompes dans votre salon.


La semaine dernière je vous filais mes reco culturelles pour s’occuper pendant le confinement, mais vous n’avez aucune obligation de regarder 12 films et d’apprendre 3 langues. On fait comme on veut, moi je vous propose juste un étalage de trucs chouettes pour celles et ceux qui seraient en panne d’inspiration.

Chacun fait comme il peut pour faire passer cette période assez peu confortable et il n’y a pas de routine du confinement à suivre, hormis la vôtre.

Du coup je vous le dis : je vais revenir pour vous parler d’autre chose, du moins je vais essayer. Je vais faire des efforts parce que j’en ai envie et aussi parce que je pense qu’on en a besoin.

Bien sûr, je ne peux pas faire comme s’il ne se passait rien du tout, ce serait nier la réalité et quoi de pire que de vous parler d’un resto dans lequel aucun de nous pourra se rendre ? Mais il n’y a pas que le confinement dans la vie. Et même s’il est crucial de rester chez soi pour sauver des vies, ça ne veut pas dire qu’on ne doit pas s’évader autrement.

Prenez soin de vous

mardi 17 mars 2020

J'sais pas quoi faire – Mes recos pour s'occuper pendant le confinement

On ne va pas se mentir : on savait toutes et tous que ce sujet nous pendait au nez cette semaine. Bah oui mais qu’est-ce que vous voulez que je vous dise : le principe des recommandations est une partie importante du blog, donc forcément que j’allais en parler.
Il y a eu beaucoup d’articles, de stories et de posts sur cette question. Alors ce que je vous propose c’est que l’on se concentre sur 10 choses que je trouve ultra cools pour ne pas trop s’éparpiller !
D’ailleurs je tiens à vous rappeler que je fais ça dans le seul but de vous distraire et vous apporter des choses parce qu’en soi moi je vais surtout BOSSER HEIN OH BON. Voilà. Merde.
1/ Les coloriages apaisants de Garage Deloffre



La première fois que je vous ai parlé de Sandrine Deloffre, c’était pour un article sur des idées de cadeau à la con. Ben figurez-vous que cet incroyable humain a décidé de mettre à disposition sur Twitter plusieurs de ses cartes de désavoeux pour permettre aux plus petits comme aux plus grands de faire du coloriage sur ses insultes fleuries. Il y a quelques temps je demandais sur Instagram (instagram.com/shetoutcourt) vos remèdes anti-stress. Parmi vous, quelqu’un m’avait répondu le coloriage, ce que j’avais trouvé être une excellente idée. Bon malheureusement je n’ai pas pu m’acheter de carnet avant le confinement donc je compte bien me jeter sur les templates de Sandrine Deloffre. Allez donc vous servir !

2/ Découvrir de nouvelles vidéastes grâce à l’outil des Internettes



Je peux vous assurer que je n’ai aucun lien avec cette association, je ne vois pas de quoi vous parler. Ahem. Oui bon d’accord, les Internettes, c’est ma maison, mais je ne vois pas pourquoi je ne devrais pas vous en parler alors qu’objectivement on fait quand même des choses très cools ! Et cette période de confinement est idéale pour vous rappeler qu’on a mis en place un formidable outil qui s’appelle l’Internettes Explorer et qui vous permettra de découvrir des créatrices vidéo sur YouTube dans plein de thématiques différentes ! On a quand même répertorié plus de 2 000 chaînes ! Si vous avez la flemme, vous pouvez aussi retrouver toutes nos recommandations chaque jour à 18h sur Instagram, Facebook et Twitter !
En plus de ça, samedi on organise une masterclass en live avec cet excellent individu prénommé Florent Bernard (Golden Moustache, Bloqués, Groom et tellement d’autres trucs que j’ai pas la place de tout écrire)
Et si vous adhérez à l’asso, vous aurez accès à notre superbe espace membre nouvellement mis en place pour rencontrer plein de gens et avoir accès à plein de ressources pour vous aider à créer des vidéos sur le web, si c’est pas trop cool ?

3/ Le live quotidien d’Élise Francisse



Je crois que je ne vous ai jamais parlé d’Élise Francisse ici et c’est un pur scandale ! Francisse c’est mon rayon de soleil, celle qui vient calmer mon manque de loisirs créatifs avec tous ses DIY et ses pages de Bullet Journal ! Elle vous donne rendez-vous tous les matins sur son compte Instagram pour faire des blagues, parler un peu de tout et rien et surtout commencer la journée du bon pied ! Bonne humeur garantie !




4/ Allumer ce gros rectangle noir qu’on appelle télévision



Raaah c’est si cliché ces jeunes qui n’allument pas la télé. Oui sauf que si vous en avez une et qu’elle vous sert plutôt à allumer votre console ou les services de streaming, vous serez aussi surpris des trucs chouettes qu’on peut parfois y trouver. Par exemple, demain soir, Rohkaya Diallo dévoilera sur RMC Story son documentaire “Où sont les Noirs ?” que j’ai particulièrement hâte de découvrir ou encore jeudi après-midi, Canal+ diffusera en clair Parasite, ce film multi-récompensé qui a rencontré beaucoup de succès en 2019. Et vous trouverez même un épisode de Culottées, la série de Pénélope Bagieu sur France 5 tous les matins à 11h40 (après c’est pendant la diffusion de Desperate Housewives sur M6 et je sais à quel point il est tentant de regarder la série pour la 200ème fois).

J’ai pas de lien vers la télé, c’est pas cliquable c nul

5/ Dessiner sa Coronamaison



En parlant de Pénélope Bagieu, pour les plus artistes d’entre nous, sachez que l’illustratrice a lancé sur ses réseaux sociaux un défi appelé #coronamaison. Le principe ? Que chacun et chacune dessinent un étage de leur appartement idéal pour créer une grande maison, comme un cadavre exquis de l’illustration (ironique quand on sait que Pénélope Bagieu a sorti une bd intitulée Cadavre Exquis, ah que j’aime comme tout concorde comme ça là). Et puis en vrai, pas forcément besoin de poster sa production sur Internet, mais en tout cas ça fait passer le temps !

6/ S’intéresser au stand-up français



Oui je sais, du coup les scènes ouvertes et autres plateaux d’humour sont fermés pour le moment. Mais bonne nouvelle, quelques humoristes ont réalisé des documentaires si le sujet vous intéresse. J’ai par exemple vu celui de Shirley Souagnon, Le Stand-up Français (au smartphone), dispo sur YouTube, que j’avais trouvé très intéressant. Avec plein d’intervenantes et d’intervenants chouettes comme Navo, Kyan Khojandi, Verino, Baptiste Lecaplain, Dedo, Yacine Belhousse… En parlant de Yacine Belhousse, lui aussi a mis à disposition son documentaire sur l’humour sur Netflix Voulez-vous Rire avec Moi ce Soir ? Une super nouvelle quand on sait que ça fait DES ANNÉES que je rêve de le voir. Ha.

7/ Utiliser à fond ses palettes de maquillage



MarionCameleon est sans conteste ma vidéaste beauté préférée de tout le YouTube jeu. Professionnelle du milieu, elle avait pour habitude de sortir plusieurs vidéos sur le principe 1 palette, 3 looks. Des vidéos très longues à tourner mais vraiment idéales lorsqu’on a tout récemment acheté une palette de maquillage et qu’on a l’habitude de n’exploiter que trois fards (ne faites pas genre, on le fait toujours). Avec cette liste de vidéos, vous pourrez apporter un peu plus de changement à votre makeup journalier et apprendre à maîtriser la technique ! Et puis alors il y a 31 vidéos dans cette catégorie, donc vous aurez de quoi faire si tenté que vous possédez au moins une des palettes présentées

8/ Lire La Bande Pas Dessinée, cette merveilleuse arnaque signée Bruno Muschio (Navo)



Je dois reconnaître que sur ce coup là je suis assez peu objective. Fan inconditionnelle de Navo et de son humour, je dois reconnaître que j’étais déjà conquise quand j’ai découvert son wordpress. Navo voulait faire une bd mais il ne savait dessiner : problème réglé ! Que des bulles, démerdez-vous avec ça. Bon après évidemment l’astuce c’est que ça marche bien et que c’est drôle. Sinon ça foire.

9/ Mater un concert sur ArteConcert



The Lumineers, Cigarettes After Sex, Opeth ou encore les musiques de Shinning et de 2001 l’Odyssée de l’Espace avec un orchestre philharmonique, il y en a pour tous les goûts avec ArteConcert qui vous propose gratuitement ces moments d’évasion.
10/ Apprendre des choses grâce aux cours en ligne



Les MOOC (Massive Open Online Classroom) vous permettent d’apprendre tout un tas de choses via Internet. Ce sont des formations pensées dans un but pédagogique qui vous permettre réellement de progresser. Il y a tout un tas de choses accessibles et beaucoup de MOOC sont gratuits !


Aussi, si vous êtes aussi siphonn·ées que moi et que vous vous êtes remis·es aux Sims il y a peu, sachez qu’Origin fait des promos sur les packs (j’ai craqué pour l’extension Au Travail et le pack Fitness j’avoue tout).
Pour terminer, je vous rappelle que j’ai écrit énormément d’article sur différentes recommandations culturelles, mais pour ne pas vous user complètement, je vais me contenter d’un article par type de reco :

Films : mon article sur les films qui font du bien
Émissions TV :  RuPaul’s Drag Race sur Netflix
Jeux vidéo : mon article sur mes trois jeux préférés
Livres : L’Art de la Guerre 2 par Sophie-Marie Larrouy, disponible en livre audio
Podcasts : 2 Heures de Perdues, pour s’en payer une bonne tranche